L’Agence de la transition écologique (ADEME), le centre d’Observation Impacts Energie (OIE) de Mines Paris PSL, l’Institut National de l’Énergie Solaire (INES) du CEA et Certisolis annoncent la publication d’une mise à jour majeure des données françaises contribuant au rapport international de référence Life Cycle Inventories and Life Cycle Assessments of Photovoltaic Systems de l’IEA PVPS (International Energy Agency – Photovoltaic Power Systems Programme). Cette collaboration inédite entre acteurs de la recherche, de l’expertise environnementale et de la filière photovoltaïque permet d’actualiser les inventaires de cycle de vie de la fabrication des modules photovoltaïques et d’améliorer significativement la connaissance de leur performance environnementale, conduisant à une baisse de 30 à 50% de l’empreinte CO2 du photovoltaïque.  

Des données actualisées pour refléter la réalité industrielle actuelle 

Les précédentes données de référence utilisées pour évaluer l’empreinte carbone du photovoltaïque reposaient sur des hypothèses et des données industrielles de fabrication des panneaux désormais anciennes. Depuis plusieurs années, les procédés de fabrication des modules photovoltaïques ont connu des évolutions majeures : amélioration des rendements de conversion, réduction des consommations énergétiques et matérielles, optimisation des chaînes de production et évolution des approvisionnements. 

Afin de refléter ces transformations, l’ADEME, Mines Paris PSL, le CEA et Certisolis ont mutualisé leurs expertises pour consolider et intégrer les données les plus récentes disponibles sur la fabrication des modules photovoltaïques issues des appels d’offres de la CRE. L’expertise du CEA et de CERTISOLIS a contribué à définir les procédés de fabrication, validé la cohérence technique des données et assuré l’harmonisation des inventaires. L’expertise de OIE a contribué à définir une analyse statistique des données et une agrégation cohérente. 

Ces travaux viennent enrichir le rapport de référence de l’IEA PVPS consacré aux inventaires et analyses de cycle de vie des systèmes photovoltaïques, utilisé internationalement par les chercheurs, les industriels et les pouvoirs publics. Les rapports de l’IEA PVPS constituent en effet l’une des principales références mondiales pour l’évaluation environnementale du photovoltaïque. 

Une empreinte carbone du photovoltaïque revue à la baisse 

Les premiers résultats issus de cette actualisation montrent une diminution significative de l’empreinte carbone de l’électricité photovoltaïque produite en France. Grâce à une amélioration notable des procédés de fabrication des panneaux photovoltaïques, un changement important concerne la quantité de matières nécessaire pour leur fabrication qui est largement diminuée.  

Alors que la valeur actuellement utilisée dans la Base Empreinte (https://base-empreinte.ademe.fr/) est de 43 gCO₂eq/kWh, les nouvelles données indiquent que cette valeur se situe désormais dans une fourchette comprise entre 20 et 30 gCO2eq/kWh, soit une réduction de près de moitié. La valeur précise dépend de l’ensoleillement du site et du type d’installation (sol ou toiture).,  

En comparaison, la production d’électricité à partir de charbon émet 1060 gCO2eq/kWh et 420 gCO2eq/kWh à partir de gaz.  

L’énergie photovoltaïque contribue donc au faible niveau d’émission de gaz à effet de serre du mix électrique français, déjà très décarboné avec 46.2gCO2eq/kWh. 

Cette évolution témoigne des progrès considérables réalisés par la filière photovoltaïque au cours de la dernière décennie et confirme le rôle central de cette technologie dans la transition énergétique et la décarbonation du système électrique. 

Des travaux qui se poursuivent 

Les résultats publiés aujourd’hui constituent une étape importante vers une actualisation complète des facteurs d’émission du photovoltaïque. Une étude approfondie d’analyse de cycle de vie est en cours afin d’affiner les résultats et de consolider une valeur de référence représentative du contexte français. 

Les conclusions définitives de ces travaux, disponibles fin 2027, permettront d’alimenter les futures mises à jour des bases de données environnementales nationales et internationales afin d’améliorer la robustesse des évaluations environnementales réalisées dans le cadre des politiques publiques, des études d’impact et des analyses de durabilité. 

Une coopération exemplaire au service de la transition énergétique 

Cette initiative illustre l’importance des collaborations entre organismes publics, centres de recherche et acteurs de la filière pour produire des données environnementales transparentes, robustes et partagées. 

En réunissant les connaissances de l’ADEME, de Mines Paris, du CEA et de Certisolis, ce projet contribue à renforcer la qualité des références environnementales utilisées en France et à l’international pour évaluer les performances des technologies photovoltaïques.