Notre histoire

Au lendemain du choc pétrolier de 1973, le gouvernement français engage une politique de rationalisation de la consommation d’énergie. Celle-ci est à l’origine de la création de plusieurs structures qui fusionnent en 1990 pour créer l’ADEME. L’agence se développe au moment où la prise de conscience de l’urgence environnementale et climatique grandit, à l’échelle nationale et internationale.

Dans cette page :


1973-1991 : la genèse de l’ADEME

Au moment du choc pétrolier de 1973, le gouvernement français prend conscience de la trop grande dépendance du pays au pétrole. L’Agence pour les économies d’énergie est créée dès 1974, pour mener une politique de rationalisation de la consommation d’énergie. En 1982, elle fusionne avec d’autres organismes pour créer l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (AFME). L’Agence nationale pour la récupération et l’élimination des déchets (ANRED) est créée en 1975 afin d’accompagner la mise en œuvre de la loi du 15 juillet relative à l’élimination des déchets et à la récupération des matériaux. L’ANRED invente notamment les déchetteries, qu’elle développe sur tout le territoire. En 1980, c’est l’Agence pour la qualité de l’air (AQA) qui est créée. Ces agences posent un acte politique fort. Elles revendiquent une sobriété dans l’usage de l’énergie et des matières premières, à une époque où cette vision reste marginale. En 1990, le gouvernement français décide de créer une nouvelle agence, regroupant ces trois domaines d’intervention. L’AFME, l’ANRED et l’AQA fusionnent donc en un seul établissement: l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).

1991-1997 : l’ADEME, agence pionnière

L’ADEME commence à fonctionner le 1er janvier 1992. Elle est investie de 5 missions : 

  • la prévention et la lutte contre la pollution de l’air
  • la limitation de la production de déchets, leur élimination, leur récupération et leur valorisation
  •  la protection des sols et la remise en état des sites pollués
  • la réalisation d’économies d’énergie et de matières premières, le développement des énergies renouvelables, notamment d’origine végétale, le développement d’énergies propres et économes
  • la lutte contre les nuisances sonores.

Son réseau en région est alors largement renforcé. La décennie 1990 est marquée par la montée des préoccupations environnementales. La conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement – aussi appelée Sommet de la Terre – a lieu à Rio en juin 1992. Elle réunit les dirigeants politiques, diplomates, scientifiques, représentants des médias et des organisations non gouvernementales de 179 pays. Elle aboutit notamment à l’adoption de la déclaration de Rio et à la signature de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques. À la fin de la décennie, le réchauffement climatique devient un enjeu prioritaire. Le protocole de Kyoto, signé en 1997, engage 37 pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Parallèlement, le rôle de l’ADEME commence à muter. L’Agence doit non seulement trouver des solutions, mais aussi les mettre en œuvre.

1998-2007 : l’ADEME en plein essor

En 2002, lors du deuxième Sommet de la Terre à Johannesburg, le Président Jacques Chirac prononce des mots qui marquent les esprits : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Alors que la problématique climat s’installe durablement sur le devant de la scène, l’ADEME mène ses premières campagnes de communication et de sensibilisation du grand public. Sous l’impulsion de ses présidents successifs, Pierre Radanne et Michèle Pappalardo, l’ADEME engage le dialogue avec les entreprises et les associations. Ses activités, notamment sur le climat et l’énergie, se développent considérablement. L’ADEME se démarque par la variété et la complémentarité de ses modes d’intervention, sur le plan financier, intellectuel, mais aussi de l’ingénierie et de la communication.

2007-2022 : l’ADEME, experte et facilitatrice

En 2007, le Grenelle de l’environnement prévoit notamment la création du fonds déchets et du fonds chaleur. L’État confie leur gestion à l’ADEME, qui dispose de crédits spécifiques pour financer la prévention des déchets, ainsi que les installations de production de chaleur renouvelable et de récupération. En 2010, l’ADEME se voit confier par l’État la mission de gérer 4 programmes d’investissements d’avenir, qui soutiennent les projets d’entreprises françaises innovantes, pour accélérer la transition écologique. L’agence développe ses capacités de financement et d’intervention, à un moment où ses missions sont particulièrement mises en avant dans l’agenda politique. La COP 21 aboutit, en 2015, au premier traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques. La protection de l’environnement s’impose progressivement comme un enjeu majeur dans les préoccupations des Français.

Depuis sa création, l’ADEME a su monter en puissance et s’adapter. Au-delà d’une expertise technique et scientifique, elle a progressivement pris en charge un rôle d’amplificateur des initiatives. L’agence intègre aujourd’hui la dimension sociale de la transition écologique en mobilisant les citoyens et l’ensemble des acteurs, pour tracer le récit d’un futur sobre et désirable.