L’État, via l’ADEME Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), annonce les résultats du programme GÉOSCAN Île-de-France.

Communiqué de synthèse

L’État, via l’ADEME Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), présentait ce jour les résultats du programme GÉOSCAN Île-de-France. Ils visent à identifier les zones les plus favorables au développement de la géothermie profonde dans l’ouest et le sud du territoire francilien.

Alors que la France s’est fixée des objectifs ambitieux en matière de décarbonation[1], en Île-de-France, près de 45 % de la consommation énergétique finale est liée à des besoins en chaleur (ROSE 2025 – Inventaire 2022, Airparif). Or, la production de chaleur repose encore aujourd’hui fortement sur des énergies fossiles carbonées. Dans ce contexte, la géothermie constitue un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique et réduire notre dépendance aux énergies fossiles, en proposant une énergie renouvelable, locale et à coût maîtrisé.

Les résultats du programme GÉOSCAN Île-de-France, en proposant une meilleure vision du sous-sol francilien, vont permettre dès cette année aux collectivités de développer des projets de géothermie profonde. Avec notamment le soutien de l’État – via le Fonds Chaleur, opéré par l’ADEME – ainsi que celui de la région Île-de-France via le nouveau Contrat Énergie à destination des collectivités, annoncé par la Présidente de Région le 12 mai dernier à l’occasion de la présentation du Plan Énergie 2026-2028.

Géothermie profonde en Île-de-France : un potentiel à exploiter

Le territoire francilien concentre aujourd’hui le plus grand nombre d’installations de géothermie profonde en France et en Europe[2], avec 54 installations actives en 2025. Elle est en revanche moins développée dans l’ouest et le sud de l’Île-de-France, notamment en raison d’une connaissance encore incomplète du sous-sol dans ces secteurs.

Pour y remédier, le programme GÉOSCAN Île-de-France a permis d’étudier le sous-sol au droit de près de 300 communes, sur près de 2000 km² du territoire.

Initié en novembre 2023 pour une durée de deux ans, le projet a débuté par la préparation d’une campagne d’acquisition de données géophysiques d’une ampleur inédite. Avec 280 km de mesure sur l’ensemble des 6 départements de la région et sur près de 100 communes.

Réalisée de nuit entre mars et avril 2024, cette opération, menée par le biais de camions vibreurs qui génèrent des ondes acoustiques qui se propagent dans le sous-sol – afin de l’imager à l’instar d’une échographie, vise à en améliorer la connaissance afin de faciliter l’exploration géothermique.

À l’issue de ces acquisitions, le BRGM a procédé à l’analyse et à l’interprétation des différentes données disponibles afin d’élaborer un modèle géologique 3D du sous-sol du territoire et un « modèle de réservoir » pour les couches géologiques concernées, l’Oxfordien et le Dogger. Ces travaux ont permis d’affiner la compréhension des propriétés du sous-sol et d’évaluer sa favorabilité au développement de la géothermie profonde.

Après deux ans de travaux : quels résultats ?

Les premiers résultats de ce programme (détaillés dans le dossier) sont accessibles aux élus, décideurs et acteurs de la transition écologique qui le souhaitent via le site dédié.

D’autres résultats seront mis en ligne d’ici l’été.

La production d’énergies renouvelables et décarbonées est aujourd’hui un levier essentiel pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, tout en renforçant notre indépendance énergétique et notre souveraineté. En Île-de-France, le développement de la chaleur renouvelable, et en particulier de la géothermie profonde, constitue une priorité stratégique. Les résultats de cette campagne approfondie du sous-sol, menée sur deux ans, marquent une étape décisive : ils ouvrent la voie à une accélération concrète des projets et au déploiement de réseaux de chaleur décarbonés au service des territoires et de leurs habitants.

Déclare Amélie Renaud, directrice régionale de l’ADEME Île-de-France.

Décarbonation, souveraineté, compétitivité et sécurité énergétique sont intrinsèquement liées. Pour réussir ce défi, la région Île-de-France a un avantage unique : son sous-sol. La chaleur qui est sous nos pieds est une énergie locale, renouvelable et sûre. Depuis plusieurs années, nous creusons des puits de géothermie profonde en zone dense à l’est et au nord de la région. Pouvons-nous aller plus loin et doubler nos efforts, au sud et à l’ouest ? C’est la question à laquelle nous avons voulu répondre. La réponse est « oui » et nous allons donc aller chercher cette chaleur pour massifier à l’échelle de toute notre région le recours à cette chaleur renouvelable. Notre objectif : protéger les Franciliens des hausses de prix et renforcer la résilience de notre économie.

Yann WEHRLING, vice-président de la région Île-de-France chargé de la Transition écologique, du climat et de la biodiversité.

Le développement de la géothermie sous toutes ses formes représente un enjeu majeur pour notre souveraineté comme pour la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Or, la première barrière à ce développement, et tout particulièrement celui de la géothermie profonde, est celle de la connaissance du sous-sol, indispensable pour réduire les risques pour les porteurs de projets. Le BRGM est fier du travail réalisé dans le cadre du projet GÉOSCAN, un modèle du genre, et convaincu qu’il sera une contribution importante au développement du secteur.

Frédéric Glanois, directeur Énergie et décarbonation du BRGM.

Le programme GÉOSCAN permettra bientôt de mieux exploiter le potentiel stratégique de la géothermie en Île-de-France. Alliant respect de l’environnement et souveraineté énergétique, la géothermie est une vraie solution aux besoins en chaleur des bâtiments, qui représentent 45 % de la consommation énergétique régionale. L’Île-de-France est la première région française et européenne à valoriser la géothermie à travers ses réseaux de chaleur. Grâce aux résultats très encourageants du programme GÉOSCAN, nous pourrons valoriser le potentiel du sous-sol francilien, propice à la géothermie, pour rester un exemple en Europe.

Marie Gautier-Melleray, préfète, secrétaire générale aux politiques publiques de la préfecture de la région d’Île-de-France.

Le programme GÉOSCAN Île-de-France : un projet mené sur deux ans pour révéler le potentiel géothermique du territoire francilien

L’étude Géoscan constitue une avancée majeure pour la connaissance du sous-sol de l’ouest et du sud francilien, dans l’objectif du développement de la géothermie profonde. Elle apporte des informations inédites sur trois réservoirs géologiques essentiels (par ordre de profondeur croissante) :

  • L’Oxfordien, encore jamais exploité en géothermie en Île-de-France, entre 700 et 1600 mètres de profondeur dans la zone d’étude.
  • Le Dogger, aujourd’hui exploité par 54 installations avec près de 1,97 TWh produit en 2025, mais dont le potentiel restait incertain dans l’ouest et le sud francilien (les centrales existantes sont en effet concentrées dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis), situé entre 1000 et 2000 m de profondeur dans la zone d’étude.
  • Le Trias, également inexploité jusqu’ici en Île-de-France, situé entre 1200 et 2500 mètres de profondeur sur la zone d’étude.

Sur un territoire de près de 2 000 km² allant du sud du Val-d’Oise au nord de l’Essonne et de l’est des Yvelines aux Hauts-de-Seine, cette étude répond à une question clé : où se trouvent les zones favorables au développement de la géothermie profonde ? Les températures plus faibles et des propriétés réduites du réservoir du Dogger dans cette partie du bassin, et la méconnaissance des réservoirs de l’Oxfordien et du Trias, rendaient nécessaire un travail exploratoire du sous-sol à cette échelle.

Des données nouvelles et un modèle 3D inédit du sous-sol

À l’aide de l’analyse croisée de nombreuses données du sous-sol – près de 80 puits pétroliers et géothermaux, 280 km de nouvelles lignes sismiques 2D, 1660 km de lignes sismiques 2D anciennes issues de l’exploration pétrolière des années 80-90, 12 km d’acquisition géophysique électromagnétique (CSEM) et de nombreuses mesures géologiques additionnelles –, le projet a permis de construire un modèle géologique 3D complet du sous-sol sur ce territoire. Il offre une vision précise de son architecture (profondeur des horizons géologiques) avec la localisation des failles et leurs impacts sur les formations géologiques. En complément, un modèle de réservoir[3] 3D a été construit pour les formations du Dogger et de l’Oxfordien afin d’apporter des informations sur leurs propriétés telles que la géologie, la porosité, la perméabilité, la pression et la température, qui sont des paramètres essentiels pour la caractérisation des ressources géothermales et leur exploitation.

Ces éléments constituent des outils stratégiques pour les collectivités du territoire, leur permettant de développer des projets de géothermie profonde dans de bonnes conditions.

Des résultats structurants pour le territoire et le développement de la filière géothermie

Les principales conclusions du projet GÉOSCAN Île-de-France sont les suivantes :

  • Le réservoir Dogger, bien que moins performant qu’à l’est de Paris, présente un potentiel géothermique dans la zone. L’étude a permis de mieux localiser la présence des formations géologiques caractérisées par des faciès marneux imperméables, moins favorables à la géothermie, et les formations calcaires poreuses à cibler pour développer de nouveaux projets. La température de cette ressource varie de 50 °C jusqu’à près de 80 °C d’ouest en est.
  • L’Oxfordien apparaît comme une ressource très prometteuse, sur une grande partie de la zone étudiée. Le récent forage d’Alfortville à l’ouest du Val-de-Marne a par ailleurs confirmé ce potentiel avec des débits testés très encourageants. Même si ses températures sont plus faibles que le Dogger, de 40 à 65 °C, il pourrait devenir une nouvelle ressource majeure pour la géothermie régionale, notamment en combinaison avec des pompes à chaleur ou en extension de réseau de chaleur existant. Le BRGM souhaite poursuivre l’exploration de ce réservoir via des projets de recherche. Des mesures additionnelles telles que celles faites pour le forage récent d’Alfortville lors de la foration de projet au Dogger permettront d’apporter de nouvelles informations essentielles pour caractériser cette ressource.
  • Les formations du Trias sont désormais mieux comprises sur le plan structurel. La typologie dépôt-roches et les géométries des formations restent encore aujourd’hui complexes (dépôts ayant la forme de cônes alluviaux, comme on peut l’observer dans la nature, sans pouvoir préciser l’orientation, les épaisseurs de ces éléments). L’étude a permis toutefois d’identifier 3 réservoirs d’intérêt et de proposer une mise à jour de la profondeur du toit et de la base des trois réservoirs du Trias identifiés dans la zone d’étude. On distingue ainsi :
    1. Le réservoir de Donnemarie qui, bien que limité spatialement à l’extrémité sud-est de la zone d’étude, est déconnecté du réservoir sus-jacent.
    2. Le réservoir de Chaunoy qui présente de bonnes épaisseurs et une continuité latérale de faciès sur le secteur sud de la zone d’étude (Chevannes, Ballancourt-sur-Essonne).
    3. Le réservoir de Boissy sus-jacent, peu épais et discontinu dans l’espace, déconnecté du réservoir de Chanoy. Des investigations complémentaires ciblées, notamment via des acquisitions locales de sismiques 3D, pourront être envisagées pour améliorer la connaissance de l’architecture complexe de ces réservoirs et envisager leur exploitation en limitant considérablement les risques d’échec.

Vers de nouveaux projets

Les résultats et les données produites dans le cadre du projet sont déjà mis à disposition en partie sur le site Géothermies dans la rubrique résultats du projet GÉOSCAN, et d’autres viendront compléter les jeux de données déjà mis à disposition des professionnels de la géothermie et des collectivités. Ces résultats techniques permettront d’améliorer les études préalables conduites pour les collectivités et de réduire les risques des projets. Les techniques de forage pourront être adaptées en conséquence pour atteindre les cibles en profondeur et exploiter les réservoirs dans des zones où la porosité est limitée, en particulier pour le réservoir du Dogger. Les investigations complémentaires à produire pour les nouveaux projets pourront être mieux définies et ciblées afin de proposer des programmes de recherche complémentaires adaptés au nouvel état des connaissances.

Cette étude constitue ainsi une première étape décisive pour développer la géothermie profonde dans l’Ouest francilien et elle s’inscrit pleinement dans les ambitions de la région et des pouvoirs publics de renforcer la production de chaleur renouvelable locale.

La géothermie en Île-de-France : de quoi parle-t-on ?

La géothermie est une énergie renouvelable qui utilise la chaleur contenue dans le sous-sol et peut prendre différentes formes selon la profondeur à laquelle l’énergie est exploitée. On distingue deux types de géothermies :

  • La géothermie de surface exploite les ressources présentes dans les couches peu profondes du sol, généralement entre quelques mètres et 200 mètres de profondeur. Elle est principalement utilisée pour des projets à l’échelle d’un bâtiment ou d’un quartier. Une étude entreprise par le BRGM pour le compte de l’État, via l’ADEME, et de la Métropole du Grand Paris avait révélé le potentiel important de la géothermie de surface dans l’espace francilien[4].
  • La géothermie profonde valorise la chaleur contenue dans les aquifères profonds situés au-delà de 200 et jusqu’à 3 000 mètres de profondeur par la réalisation de forages (un forage dit « producteur » pour extraire l’eau du sous-sol et un forage dit « injecteur » pour restituer le volume après prélèvement des calories en surface). Elle est associée le plus souvent à des réseaux de chaleur permettant d’alimenter en chauffage et eau chaude sanitaire des ensembles urbains, voire des villes entières, ou des bâtiments à gros besoins (type piscines).

Développée à la faveur des chocs pétroliers des années 1970, la géothermie profonde constitue un atout pour faire face aux défis énergétiques actuels, en mettant à disposition des territoires une chaleur renouvelable, locale, et donc à prix maîtrisé.

Un levier clé pour répondre aux besoins énergétiques du territoire francilien

En France, plus de 70 réseaux de chaleur urbains sont aujourd’hui alimentés par la géothermie profonde. La région Île-de-France concentre le plus grand nombre d’installations – associant géothermie profonde et géothermie de surface – et représente la majeure partie de la production nationale de chaleur d’origine géothermale, avec 1,974 TWh produits en 2024 en géothermie profonde (source : Sybase, BRGM-ADEME). Une performance qui s’explique par la bonne connaissance du sous-sol du territoire, depuis les explorations pétrolières des années 1970/90 et le développement d’opérations à fort succès dans l’est parisien.

Aujourd’hui, la géothermie est de plus en plus plébiscitée par les collectivités et pleinement intégrée dans la feuille de route énergétique des pouvoirs publics. Le gouvernement a lancé en février 2023 un plan visant à développer les géothermies en France, et notamment à multiplier par 2 à 3 le nombre de projets de géothermie profonde par an d’ici à 2030. C’est dans ce cadre que s’est inscrite cette deuxième campagne menée par le BRGM pour le compte de l’ADEME en Île-de-France et de la région Île-de-France. Elle a pour ambition de développer une solution adaptée aux besoins urbains et alignée sur les objectifs de décarbonation de la région. Ce, en ciblant les zones dans lesquelles la géothermie est encore peu développée par un certain manque de connaissance du sous-sol. Aujourd’hui, les deux tiers de l’énergie consommée sur le territoire francilien sont liés au chauffage de bâtiments résidentiels et tertiaires.

Les chiffres clefs de la géothermie profonde sur le territoire francilien en 2025

54

installations en activité.

310 000
et plus

équivalents-logements chauffés, soit près de 1 million d’habitants.

400 000

tonnes de CO₂ évitées par rapport à des chaufferies gaz.

La transition énergétique : une priorité pour l’État et la région Île-de-France

La transition énergétique est l’une des priorités de l’ADEME, pour répondre aux objectifs ambitieux fixés par la loi : réduire de 40 % les émissions de CO₂ par rapport à 1990, atteindre 33 % d’énergie renouvelable en 2030 et la neutralité carbone d’ici 2050.

Pour ce faire, elle mobilise notamment le Fonds Chaleur, lancé par l’État en 2009, visant à guider les collectivités et les entreprises dans la généralisation de la chaleur renouvelable à travers le financement d’études et de projets.

En parallèle, afin d’amplifier le soutien à la production de chaleur par géothermie, surtout profonde, l’ADEME Île-de-France s’entoure de partenaires, tels que l’Association française des Professionnels de la Géothermie (AFPG) et le BRGM, pour la réalisation d’études, de recherches et développements et de sensibilisation sur la géothermie.

Les résultats du programme GÉOSCAN Île-de-France mené dans ce cadre avec le BRGM et la région Île-de-France permettent ainsi de franchir une nouvelle étape dans l’accompagnement des collectivités franciliennes, et ouvrent la voie au soutien, par l’État – via l’ADEME Île-de-France, de nouveaux projets de création de réseaux de chaleur, sur les zones pertinentes.

Grâce à ses dispositifs, en 2025, l’ADEME Île-de-France a :

  • Mobilisé 100 M€ de subventions pour le développement de la chaleur renouvelable.
  • Permis l’utilisation de 514 gigawattheures d’énergie renouvelable et de récupération.
  • Contribué à éviter 125 000 tonnes de CO₂.
  • Consacré 80 % des aides du Fonds Chaleur au développement de la géothermie profonde.

Cheffe de file sur l’air, l’énergie et le climat, depuis 2015, la région Île-de-France s’inscrit dans une trajectoire climatique ambitieuse, avec l’objectif de tendre vers un territoire zéro carbone.

Depuis 2016, la Région a mobilisé près de 250 M€ pour soutenir près de 700 projets d’énergies renouvelables et de récupération, dont plus de 80 projets de géothermie profonde pour 108 M€ et près de 40 projets de géothermie de surface pour 7,5 M€, avec réseaux de chaleur et de froid associés. Le 12 mai dernier, la région Île-de-France a présenté son plan Énergie 2026-2028 pour accélérer la décarbonation du territoire et protéger les Franciliens face aux chocs énergétiques. Composé de 4 axes, le premier est consacré à la production d’énergie locale décarbonée en remplacement d’énergie fossile, et se traduit par la mise en place d’un Contrat Énergie entre les collectivités locales et la Région pour soutenir notamment leurs projets de géothermie.

Les exemples à suivre

La création du réseau de chaleur de Châtenay-Malabry et du Plessis-Robinson

La pertinence du choix de la géothermie profonde pour la création du réseau de chaleur de Châtenay-Malabry et du Plessis-Robinson a été validée par une étude de faisabilité soutenue par l’ADEME Île-de-France en 2021.

Il consiste en la réalisation d’un doublet géothermique incluant des pompes à chaleur, ainsi qu’un réseau de distribution de chaleur de 28 km. Cette installation ambitieuse doit générer, d’ici à 2030, autour de 127 GWh par an, permettant de chauffer environ 15 000 logements et d’éviter l’émission de 17 000 tonnes de CO₂ équivalent aux rejets annuels de 8 500 voitures.

Elle se compose de deux puits subhorizontaux d’une profondeur verticale d’environ 1700 m (2900 m forés) qui ont été réalisés fin 2025 et permettront d’exploiter une eau à 68 °C d’après les premiers tests réalisés après le forage des puits.

Ces communes ont retenu Réseau Terra Confort, filiale du Groupe Coriance, dans le cadre d’un contrat de Délégation de Service Public (DSP). L’État via l’ADEME Île-de-France a soutenu ce projet de forage géothermique à hauteur de 29 M€, soit 31,6 % du montant total de l’investissement (92,6 M€).

L’exemple de Grigny

La Société d’exploitation des énergies renouvelables (S.E.E.R.) exploite un réseau de chaleur initié il y a plus de dix ans à Grigny et Viry-Châtillon, avant son extension à plusieurs autres communes de l’Essonne. Pour soutenir cette infrastructure de transition énergétique et de décarbonation, la région Île-de-France et l’État, via l’ADEME, ont mobilisé près de 57 M€ entre 2015 et 2024, en appui à l’extension du réseau et aux forages de géothermie profonde.

Notes et références

  1. La France poursuit des objectifs ambitieux en matière de décarbonation. Ils s’inscrivent dans le cadre fixé par l’Union européenne, qui vise la neutralité climatique à l’horizon 2050. Avec un objectif intermédiaire de réduction nette des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990. À l’échelle nationale, cette ambition se traduit notamment par la troisième stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) et la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3).
  2. Étude de filière AFPG 2025.
  3. Un réservoir géothermique est une formation géologique ou roche dans laquelle va être contenue l’eau chaude qui sera exploitée et produite par forage pour alimenter les réseaux de chaleur. Ces réservoirs sont profonds et doivent être poreux et saturés en eau (i.e. avoir de l’eau contenue entre les grains de roche), perméables (permettre à l’eau de s’écouler entre les pores et d’être captée par un forage) et avoir une certaine température (qui par ailleurs augmente avec l’approfondissement dans le sous-sol suivant un gradient d’environ 3 °C/100 m).
  4. Rapport BRGM « Cartographie du potentiel de la géothermie de surface sur le territoire de la Métropole du Grand Paris » (PDF – 109 Mo).