Recherche et innovation

Scénarios 2030-2050 : Une vision énergétique volontariste

Mis à jour le 22/10/2015

Quel mix énergétique pour les années 2030-2050 ? L’Agence porte une vision énergétique volontariste axée sur la maîtrise de la consommation énergétique et le développement de l’offre d’énergies renouvelables.

Cet exercice de prospective est basé sur deux horizons temporels avec deux approches distinctes :

  • une vision qui, à partir d’aujourd’hui, cherche à tirer, de manière ambitieuse mais réaliste, le potentiel maximum des économies d’énergie et des énergies renouvelables jusqu’en 2030 ;
  • une vision normative qui vise l’atteinte du facteur 4 en 2050, c’est-à-dire la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre générées sur le territoire national par rapport à 1990.

L’analyse repose essentiellement sur une exploration de potentiels permettant d’atteindre des objectifs énergétiques et environnementaux ambitieux, dans des conditions de faisabilité technique, économique et sociale.

Un bilan économique favorable

La vision prospective proposée ne repose pas sur un changement radical de mode de vie, une baisse du confort ou sur le pari de ruptures technologiques fortes, mais sur une intensification de mesures phares (par exemple, la rénovation des bâtiments). Elle démontre que, dès maintenant, avec les technologies et les évolutions organisationnelles qui sont à notre portée, la voie pour atteindre les objectifs de long terme est ouverte.

Le scénario 2050 montre que l’atteinte du facteur 4 est possible et que c’est par le soutien à l’économie verte, ouverte sur des secteurs d’activités d’avenir tels que l’efficacité énergétique, la production d’énergies renouvelables, la valorisation énergétique des déchets, le recyclage et l’éco-conception, que pourra être trouvé le chemin d’une croissance durable.

Agir maintenant représente certes un investissement important mais l’évaluation macroéconomique de l’exercice de prospective Visions 2030-2050 montre, qu’au-delà de l’intérêt environnemental, la transition énergétique aurait également un effet bénéfique sur l’économie française.

Des modes de vie compatibles avec les aspirations de chacun

Le quotidien de 16 familles vivant en 2030 et en 2050 a été décrit pour souligner la diversité des modes de vie possibles dans un avenir basé sur un système énergétique sobre et fortement renouvelable. Les leviers d'action ne sont pas systématiques ni uniques pour répondre aux enjeux de la transition énergétique et de la société post-carbone. À la diversité de situations des ménages et modes de vie individuels correspond une palette d'alternatives et de solutions qui, en se combinant, permettent d'atteindre l'objectif collectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 
 
Étude mix électrique 100% renouvelable ? Analyses et optimisations

 

Suite à la publication de ses visions 2030-2050, l’ADEME a réalisé une étude technique exploratoire testant différentes hypothèses de mix électrique intégrant une part importante de sources renouvelables et leurs conséquences sur le réseau. Il s’agit, à travers une optimisation poussée du système électrique, testant l’équilibre du réseau heure par heure, d’éclairer les enjeux, opportunités et contraintes d’une part plus importante d’énergies renouvelables dans la production d’électricité.
Cette étude montre que plusieurs mix de production d’électricité, intégrant une part importante de sources renouvelables sont techniquement possibles et elle identifie les principaux déterminants permettant d’en maîtriser le coût.

Parmi les nombreuses variantes étudiées, certaines hypothèses apparaissent comme déterminantes, ce qui permet de mettre en avant différentes pistes de travail :
 

  • La maîtrise de la demande d’électricité et des pics de consommation, notamment en hiver, indispensable pour maîtriser le coût du système électrique, quel que soit le mix visé ;
  • La baisse du coût des technologies de production renouvelable, notamment pour les technologies les moins matures à ce jour, afin d’assurer un mix équilibré entre les différentes sources d’énergie renouvelable. Celle-ci est envisageable grâce au progrès technologique, mais également à des conditions de financement préférentielles pour les renouvelables.
  • L’intégration des énergies dans les territoires, au travers de la concertation, de la planification, de la répartition de bénéfices économiques et financiers locaux…
  • Le développement du stockage.
 

Pour réaliser cette étude, première de ce type menée en France, des choix méthodologiques ont été faits :

 
  • La modélisation ne vise pas à évaluer la dynamique fine du réseau et sa stabilité, et n’intègre donc pas aux hypothèses testées, des phénomènes exceptionnels tels que, par exemple, la rupture accidentelle d’une interconnexion avec un pays voisin ;
  • Les changements qu’impliquent ces hypothèses dans l’exploitation du réseau n’ont pas été étudiés (conduite et opération quotidienne, etc.) ;
  • La trajectoire précise et le cadencement des investissements permettant d’assurer la transition vers les mix électriques ont été exclus, avec une analyse des différentes hypothèses à un horizon lointain sans prendre en compte l’existant ;
  • La modélisation du réseau évalue précisément les besoins de renforcement du réseau de transport, mais est moins précise pour le réseau de distribution.
 

Afin d’accompagner une politique de croissance des énergies renouvelables électriques, cette analyse sera nourrie par les travaux ultérieurs de l’ADEME.


  
Exemple de journée et répartition des différentes énergies, heure par heure.
Carte de France montrant la répartition géographique de la production

Mots-clés : STRATEGIE, PROSPECTIVE