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Prospectives agricoles

Mis à jour le 21/12/2016

La prospective, au travers de l’élaboration et l’analyse de scénarios, permet d’imaginer certaines trajectoires possibles, et d’évaluer les mesures à mettre en place pour accompagner le changement.

La prospective, pour se préparer à demain

L’agriculture mondiale doit relever un triple défi pour le XXIème siècle : nourrir durablement près de 9 milliards d’individus en 2050, par des systèmes respectueux de l’environnement, et tenir compte de la raréfaction des énergies fossiles. Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, notre pays s’est engagé à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Comment y parvenir ? Quelle peut être la contribution de l’agriculture et de la forêt française à l’attente de ces objectifs, avec quelles conséquences techniques, économiques, sociales ? La prospective permet d'y réfléchir.

Agriculture et facteur 4

L’ADEME a engagé une série d’études prospectives sectorielles pour identifier des trajectoires envisageables afin d’atteindre le facteur 4 d’ici à 2050 dans les secteurs clés en termes d’émissions de gaz à effet de serre : « bâtiments », « transports », et « agriculture ». Cette dernière étude, conduite en lien avec les ministères en charge de l’agriculture et de l’écologie, étudie trois trajectoires contrastées, présentant des ruptures très fortes par rapport aux systèmes actuels et choisies pour leur intérêt pédagogique. Elle met notamment en évidence la difficulté de dépasser un facteur 2 pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, y compris en intégrant une première analyse « offre/demande » répartissant les leviers d’action entre producteurs et consommateurs.

Agriculture et facteur 4 (PDF - 342.59 Ko )


 

Contribution de l’ADEME à l’élaboration de visions énergétiques 2030-2050

L’ADEME a par ailleurs mobilisé ses services sur un exercice de prospective énergétique « Visions 2030-2050 », afin de porter des scénarios volontaristes aux horizons 2030 et 2050. Les enjeux pour l’agriculture et la forêt portent notamment sur :

  • l’évolution des besoins alimentaires et la réduction du gaspillage ;
  • les modes de production agricole ;
  • l’artificialisation des sols et les changements d’usage ;
  • la production de biomasse non alimentaire (matériaux, énergie).

Ces travaux permettent notamment de présenter une vision synthétique des leviers mobilisables et des domaines dans lesquels des travaux complémentaires de recherche et développement doivent être conduits.

Cette vision a été actualisée par une note en 2015. Celle-ci décrit et compare des scénarios visant à évaluer la contribution possible de l’agriculture à l’enjeu climatique à horizon 2035, soit dans 20 ans. Cette analyse se base sur l'outil ClimAgri et permet d'identifier des déterminants clés de l'évolution future des émissions de l'agriculture française.

 

 

Analyse socio-économique du secteur agricole dans un contexte de transition écologique

Cette étude présente une première analyse socio-économique de l'agriculture française dans le cadre de la transition écologique et énergétique. Elle montre qu'en l'état actuel du contexte économique, la transition environnementale du secteur agricole nécessaire à l'atteinte des objectifs climat de la France n'est pas possible. Il semble ainsi important de faire évoluer ce contexte économique pour qu'il soit cohérent avec une diffusion large des pratiques et systèmes de production agricoles qui permettront d'assurer cette transition.
 

 

Emissions de GES du secteur bovin : analyse prospective à l'horizon 2035
 

Le projet GESEBOV s'inscrit dans l'appel à projet REACCTIF porté par l'ADEME. Ce projet a été piloté l'IDELE en partenariat avec l'INRA. Il visait à quantifier et analyser les émissions de GES et à la consommation d’énergie du secteur bovin (lait et viande) en France, entre 1990 et 2010, puis à réaliser une analyse prospective à l'horizon 2035 de manière à envisager les évolutions à venir. Cette prospective intègre l’évolution des systèmes de production face à la conjoncture économique et la mise en place de mesures d'atténuation. Des réflexions sur l'évolution de la demande (intérieure et mondiale) ont par ailleurs été intégrées. Les scenarios sont ainsi positionnés par rapport aux objectifs nationaux de réduction des émissions de GES. Trois types de résultats sont obtenus : les bilans GES et énergie du secteur, les empreintes carbone moyennes du lait et de la viande, des trajectoires individuelles d’exploitations.
  


 

De la production… À la consommation

Les différents travaux mentionnés précédemment, mettent en évidence les limites techniques de la réduction des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture. Pour atteindre les objectifs ambitieux fixés au secteur agricole sans reporter le poids de la production sur d’autres pays, une évolution de l’ensemble de la chaîne agro-alimentaire et notamment de la consommation alimentaire, est nécessaire.

Ainsi, un exercice prospectif à l’ADEME porte sur la consommation durable, intégrant notamment l’enjeu alimentaire.