Entreprises et monde agricole

Définition, sources d’émission et impacts

Mis à jour le 29/08/2014

Les composés organiques volatils (ou COV) se caractérisent par leur grande volatilité et se répandent aisément dans l’atmosphère, des ateliers et des bureaux, entraînant ainsi des impacts directs et indirects sur les êtres vivants et l’environnement.

Les COV, qu’est-ce que c’est ?

Les COV regroupent une multitude de substances, qui peuvent être d'origine biogénique (naturelle) ou anthropique (humaine). Les plus connus sont le butane, le toluène, l'éthanol (alcool à 90°), l'acétone et le benzène que l’on retrouve dans l’industrie, le plus souvent sous la forme de solvants organiques (par exemple dans les peintures ou les encres).

La directive du 11 mars 1999, relative à la réduction des émissions de COV dues à l'utilisation de solvants organiques dans certaines activités et installations, définit réglementairement les composés organiques et les composés organiques volatils :

  • un composé organique concerne tout composé contenant au moins l'élément de carbone et un ou plusieurs des éléments suivants : hydrogène, halogène, oxygène, soufre, phosphore, silicium ou azote, à l'exception des oxydes de carbone et des carbonates et bicarbonates inorganiques ;
  • un COV concerne tout composé organique ayant une pression de vapeur de 0,01 KPa ou plus à une température de 293,15 K, ou ayant une volatilité correspondante dans les conditions d'utilisation particulières.

Les différentes sources d’émission

Les COV sont utilisés dans de nombreux procédés, essentiellement en qualité de solvant, dégraissant, dissolvant, agent de nettoyage, disperseur, conservateur, agent de synthèse, etc. Ils concernent une vingtaine de secteurs d’activités identifiés par le CITEPA, dans les domaines de la métallurgie, l’imprimerie, la mécanique, la plasturgie, la construction automobile, l’agroalimentaire, le textile, le bâtiment, la pharmacie, la chimie, etc.

D’après l’inventaire CITEPA de 2013, le secteur du résidentiel/tertiaire et de l’industrie manufacturière, avec respectivement 38 % et 36 %, sont les principales sources anthropiques d’émissions de COV en 2010. Sur le plan national, les émissions totales comptabilisées s’élèvent en 2011 à 734 kt tous secteurs confondus (7 secteurs, 43 sous-secteurs).

Les impacts des COV

Sur la santé

Les COV ont un double effet sur la santé :

  • un effet indirect en agissant sur l’ozone, en tant que précurseurs de ce gaz dans l’air : les conséquences de cette surproduction d’ozone pour la santé varient selon le niveau d’exposition, le volume d’air inhalé et la durée de l’exposition. Plusieurs manifestations sont possibles : toux, inconfort thoracique, gêne douloureuse en cas d’inspiration profonde, mais aussi essoufflement, irritation nasale, oculaire et de la gorge. Ces effets diffèrent toutefois en fonction des individus et de l’état de santé ;
  • un effet direct en tant que substance toxique, jusqu’à des niveaux de gravité extrêmes justifiant une classification rigoureuse. Les COV les plus nocifs, comme le benzène, sont classés CMR pour « cancérogène, mutagène et reprotoxique ». Ils font l’objet d’une réglementation renforcée, notamment dans le code du travail, dont les dispositions imposent à l’employeur de le substituer, ce qui prévaut sur toutes les autres mesures de réduction du risque (article R.4412-59 et suivants).

Il est donc impératif de prendre les plus grandes précautions avant toute manipulation ou exposition de ces composés et de consulter toutes les informations disponibles sur un produit dont l’emploi est envisagé. Il existe pour cela les fiches techniques du fabricant, des fiches de données de sécurité (FDS) et des fiches toxicologiques (FT) éditées par l’INRS.

Sur l’environnement

Dans l’atmosphère, les COV se dégradent et contribuent à perturber les équilibres chimiques avec, pour conséquence, la formation ou l’accumulation d’ozone. Les COV sont des polluants directs pour les hommes et les végétaux, et contribuent également à la pollution olfactive. Ils sont aussi des précurseurs de l’ozone dans l’air en provoquant de nombreuses réactions chimiques. Cette surproduction d’ozone a un effet néfaste sur la végétation (altération de la résistance des végétaux par exemple) et accélère la dégradation de certains matériaux comme le plastique.

Ces réactions chimiques provoquent un effet de serre additionnel, en captant les infrarouges réfléchis par la surface de la Terre au niveau de la troposphère. Or, celle-ci est beaucoup moins stable que la stratosphère, dans laquelle l’ozone à un rôle protecteur contre les ultraviolets. C’est pourquoi il est important de faire la différence entre le « mauvais » ozone (troposphère) et le « bon » ozone (stratosphère).