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Participation et verrouillage technologique dans la transition écologique en agriculture

Le cas de l'Agriculture de Conservation en France et au Brésil

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Auteur(s) : LANDEL P
Organisme : AgroParisTech, ADEME, INRA, REFEB, ABIES
Description : avril 2015 - 448 p.
Type de contenu : These
Disponibilité : Contacter le Centre de documentation de l’ADEME Angers (téléphone 02 41 20 41 89 / documentation@ademe.fr)

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Résumé : span style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: "Arial","sans-serif"; font-size: 8.5pt;">Les modèles techniques agricoles fondés sur l'utilisation de produits phytopharmaceutiques (pesticides) ont des impacts environnementaux et sanitaires face auxquels les pouvoirs publics affichent la volonté d'une « transition écologique » en agriculture. Dans ce contexte, on s'interroge de plus en plus sur la notion de verrouillage technologique pour comprendre la persistance de ces modèles et les obstacles au développement d'alternatives techniques moins consommatrices de ces produits (Cowan, Gunby, 1996 ; Vanloqueren, Baret, 2008). Les analyses menées sur les situations de verrouillage mettent en avant l'importance des dimensions cognitives (influence des cadres cognitifs et normes pour l'action, dispositifs matériels d'accès aux connaissances techniques - Stassart, Jamar, 2009 ; Labarthe, 2010). Parallèlement, la « participation » est souvent invoquée comme un moyen d'améliorer la mobilisation des connaissances dans les situations de choix technologiques (Barber, 1984 ; Callon et al., 2001...).

L'objectif de cette thèse est de mettre à l'épreuve cette conviction sur la participation, à partir de l'étude du cas de l'agriculture de conservation (AC) en France et au Brésil. L'AC est un modèle technologique innovant qui émerge comme « candidat » à l'agriculture durable dans le débat public, en dépit de la dépendance de certaines techniques à l'utilisation d'herbicides voire de paquets technologiques (herbicide total + OGM résistant associé).

Pour comprendre les effets de la participation sur la capacité des acteurs à accéder aux connaissances et à faire des choix technologiques, la thèse analyse la façon dont l'idée de participation se décline concrètement dans le régime d'accès aux connaissances en agriculture. L'évolution de la politique agricole en France et le passage d'un référentiel « modernisateur » à un « référentiel de marché » (Muller, 2000) a fait l'objet de nombreuses études, mais peu souvent menées depuis le point de vue des connaissances. Or, de profonds changements sont en cours, suite au tournant libéral des années 1990 et à la transformation du rôle de l'Etat vers la mise en oeuvre d'une régulation par l'information (Majone, 1996). L'analyse de ces transformations en France révèle que l'Etat ne s'est pas doté des dispositifs institutionnels et matériels adéquats pour assurer cette fonction de régulation dans le domaine de l'agriculture et de l'utilisation des pesticides. Au contraire, les années 1990/2000 montrent son désengagement d'une politique volontariste visant à transformer le modèle technologique agricole, et la perte de ses prérogatives liées aux connaissances. Dans ce contexte, la participation est invoquée pour organiser de grandes consultations nationales (Grenelle de l'Environnement) visant à produire du consensus dans un univers de politiques publiques très controversées, plutôt que pour évaluer les impacts des technologies et assurer un contrôle social sur les débats. La participation est aussi utilisée pour renvoyer l'innovation en agriculture à des dispositifs locaux associant public et privé (et notamment les firmes d'amont fournisseuses de produits phytopharmaceutiques, porteuses de conflits d'intérêt), sans que soit prévus de moyens mutualisés d'accès aux connaissances pour évaluer et débattre des options technologiques. L'analyse des réseaux d'action publique impliqués dans le développement de l'AC confirme une situation de fragmentation croissante des conditions d'accès aux connaissances, entre accumulation des ressources cognitives par les firmes, et inégalités d'accès aux connaissances entre agriculteurs développant des alternatives. Dans ce contexte, la référence à « la participation » ne permet pas de compenser ces changements structurels à l'oeuvre, et masque au contraire le retrait de l'Etat d'une politique volontariste en faveur de la réduction de pesticides. La dimension comparative avec le Brésil permet de confirmer l'existence de tels effets « pervers » en termes de dépolitisation des débats sur les évolutions du régime d'accès aux connaissances.

Détails

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Mots-clés : AGRICULTURE, TRANSITION ECOLOGIQUE, PRODUIT PHYTOSANITAIRE
Date d'édition : avril 2015
Langue : FR
Type de support : Cdrom
Cible(s) concernée(s) : Recherche et Innovation
Public : Monde de la recherche