L'ADEME

Production de connaissances et développement de solutions - Caractérisation des milieux

Mis à jour le 18/11/2019

Sur la période 2010-2016, 84 projets ou thèses ont été sélectionnés, suivis scientifiquement et financés dans le cadre d’appels à projets dédiés.

Première étape dans la gestion d’un site pollué, la caractérisation des milieux (matrices air, eau, sol) privilégie les mesures de terrain pour documenter l’évaluation de l’exposition des populations et du vivant (flore, faune) et contribuer à définir des plans de gestion (faisabilité de gestion par atténuation naturelle, solutions de traitement, adaptation du bâti). Les enjeux de recherche portent donc sur la mise à disposition d’instruments de mesures et la mise au point de méthodologies de traitement de données performantes.
Zoom sur une technique innovante, le phytoscreening, avec Sébastien Kaskassian, expert Sites pollué et responsable Innovation, à Tauw France SAS.
 

Quel est l’intérêt de TAUW pour le phytoscreening ?

Tauw, en tant que bureau d’étude en Sites et Sols pollués, s’intéresse aux méthodes de diagnostics rapides permettant d’orienter les phases de diagnostics ultérieures, dites méthodes de screening.

Le phytoscreening, technique de prélèvement des premiers cernes des arbres, est particulièrement utile soit pour apporter des indices de pollution du sous-sol dans les zones où peu d’information existe ou pour mieux délimiter des panaches de polluants présents dans le sous-sol.

Cette méthode se prête bien à des sites présentant des contraintes différentes : grands sites, multi-sources, passif historique méconnu, zones d’accès contraint (végétation dense, zone inondable, zone ATEX…), complexité de forage liée aux structures enterrées (réseaux, zone urbaine)… mais nécessite bien évidemment la présence d’arbres, et spécifiquement d’espèces adaptées à la méthode.

En cela, Tauw France évalue pour chaque projet la possibilité d’utiliser le phytoscreening dans la stratégie globale de diagnostic.
 

Quel est le niveau de maturité du marché vis-à-vis de cette technique de phytoscreening ?

En termes opérationnels, la méthode est bien calibrée pour la détection des espèces métalliques et des COV (solvants chlorés, BTEXN).

Le retour d’expérience de Tauw France indique une rapidité d’échantillonnage (20 à 40 arbres échantillonnés/jour), un coût global assez faible (125 à 175 €/arbre incluant le prélèvement et l’analyse, selon le programme analytique) et une bonne corrélation entre les teneurs mesurées dans les arbres et les autres matrices du sous-sol.

Bien que ces méthodes ne sont pas encore connues de tous les acteurs, elles sont à ce jour compatibles avec les contraintes opérationnelles du marché.

Les acteurs maitrisant ces méthodes de diagnostic sont en capacité à dimensionner les missions correspondantes en lien avec les objectifs des études.

Enfin, les donneurs d’ordre doivent aussi apprendre à commander ce type de prestations et les administrations à accepter les informations apportées par ces méthodes alternatives ou complémentaires.
 

Quelles sont les suites à envisager ?

D’un point de vue technique, il convient de consolider les retours d’expériences (corrélation arbres vs sol – nappe – gaz des sols, élargir les espèces végétales testées, compréhension des  …) et durcir les méthodes analytiques (LQ, protocole d’extraction et d’analyse, assurance qualité) pour les métaux & COV. Un axe de développement prometteur concerne l’utilisation d’appareils de mesure de terrain appliqués sur les arbres, ce qui permettrait un screening direct sur site.

Un autre axe de développement concerne la démonstration de l’applicabilité du phytoscreening à d’autres familles de molécules, par exemple les HAP et hydrocarbures lourds (>C12), tant d’un point de vue des mécanismes de transfert sol/végétaux que des méthodes les plus adaptées d’extraction et d’analyse sur ces matrices particulières (« bruit de fond » naturel).