Particuliers et éco-citoyens

Biologique, biosourcé, biodégradable, ce n’est pas la même chose !

Mis à jour le 14/12/2018

On entend de plus en plus de mots qui commencent par « bio ». Mais attention, ils ne veulent pas tous dire la même chose. L'ADEME fait le point pour vous aider.

« Bio » = vivant

On utilise à tort le préfixe « bio » seul pour qualifier de nombreux produits, entrainant ainsi des amalgames et une confusion générale autour de la définition des termes commençant par « Bio ».

Par exemple, qu'un produit soit biosourcé ne veut pas dire que la matière première est issue de l’agriculture biologique ni qu’elle est biodégradable. De même, les biocarburants ne sont pas non plus issus de l’agriculture biologique ; ils sont juste fabriqués à partir de matière végétale ou animale.

« Bio » ne veut pas forcément dire que le produit est inoffensif et sans impacts pour l’environnement.

Biologique (dit souvent « BIO » par abus de langage) = logique du vivant

« Biologique » renvoie à un mode de production agricole plus respectueux de l’environnement et des organismes vivants, réglementé et contrôlé par les pouvoirs publics. L’utilisation du terme « biologique » ou  pour qualifier ces produits ne doit donc être possible que si le produit contient des ingrédients issus de l’agriculture biologique. Cette réglementation s’applique qu'aux produits agricoles et alimentaires.

On reconnaît les produits issus de l’Agriculture biologique grâce à ce logo :

Pour en savoir plus sur le label « Agriculture biologique », consultez notre page sur les labels environnementaux.

Biosourcé = issu du vivant

La matière biosourcée est issue d’organismes vivants : végétaux (blé, colza, lin, chanvre, sciure de bois…) ou animaux (laine de mouton, déchets organiques…). A partir de ces matières biosourcées, des matériaux ou des molécules peuvent être obtenus.

Les fibres, de lin ou de chanvre par exemple, peuvent être utilisées pour fabriquer des matériaux qui entreront dans la composition de l’intérieur d‘une portière de voiture ou dans des laines d’isolation pour le bâtiment.

Les molécules biosourcées peuvent être utilisées pour fabriquer des produits cosmétiques, des colles, des plastiques, des lubrifiants, etc. 

Tous les produits biosourcés ne sont pas biodégradables ! Par exemple, certaines bouteilles d’eau sont biosourcées mais non biodégradables.

« Biosourcé » ne veut pas forcément dire que le produit est inoffensif pour la santé ni sans impacts pour l’environnement.
Si un produit est biosourcé, cela signifie uniquement que la matière première est issue d'un organisme vivant (végétal ou animal) mais ne veut pas dire que la matière première est issue de l’agriculture biologique. Biosourcé ne signifie pas non plus que le produit ne présente pas une certaine toxicité ou qu’il est plus respectueux de l’environnement, mais uniquement que la matière première est issue d'un organisme vivant (végétal ou animal). Concernant la toxicité, il existe des plantes à l’état naturel (amanite tue mouche, laurier rose, etc.) qui peuvent être toxiques, l’origine végétale n’est donc pas un gage de non toxicité.

Biodégradable/compostable

Un produit biodégradable et/ou compostable signifie qu’il peut être dégradé par le vivant (par des micro-organismes : bactéries, champignons…). Il n’est pas forcément issu de l’agriculture biologique ni de ressources végétales ou animales.

C’est le cas de tous les déchets organiques (restes de repas, déchets verts du jardin…), de certains plastiques lorsqu’ils sont placés dans un composteur industriel, des lubrifiants agricoles... Un produit biodégradable/compostable peut être issu de matières végétales ou animales (biosourcé) mais aussi issu de pétrole ! Tout dépend de la structure chimique du produit qui permet ou non de lui conférer cette biodégradabilité.

Par exemple, les sacs en plastique pour fruits et légumes disponibles dans les points de vente sont composés de 40% de matière biosourcée (au minimum) et environ 60% de matières provenant du pétrole mais sont compostables domestiquement selon la norme NF T 51-800.

Les matériaux biodégradables se dégradent uniquement s’ils sont placés dans les conditions spécifiques prévues : un produit biodégradable dans un compost industriel ne le sera pas forcément en compostage domestique, et encore moins dans l’eau ou le sol. En effet, les conditions en compostage industriel sont bien plus drastiques qu’en compostage à domicile (notamment montée en température à 60-70℃ à l’intérieur des andains).

Les produits compostables domestiquement ne le sont que si le compost est géré selon les bonnes pratiques (brassage régulier, apport C/N, humidité, etc.). 

Le terme « biodégradable » est généralement mal compris : on pense souvent à tort que le produit peut être jeté dans la nature sans conséquence. Or la biodégradabilité dépend d’un environnement spécifique (compostage domestique, compostage industriel, sol, air, eau marine, eau douce, etc.), de conditions précises (températures, humidité, etc.) et d’une échelle de temps donnée. Les produits « biodégradables » ne doivent surtout pas être jetés dans la nature où les conditions nécessaires à leur biodégradation ne sont pas réunies, elle sera donc beaucoup plus lente (plusieurs années). Le processus de compostage dans les bonnes conditions prend déjà plusieurs mois (au moins 6 à 12 mois). Le terme biodégradable utilisé seul n’a donc pas de sens. En Belgique ce terme est d’ailleurs interdit sur les emballages.

Un produit comportant le préfixe « bio », qu’il soit biosourcé ou biodégradable ou les deux, ne doit en aucun cas être jeté dans la nature.