Particuliers et éco-citoyens

D’où vient l’énergie en France ?

Mis à jour le 30/03/2020

L’énergie consommée en France provient principalement des énergies fossiles. Les énergies renouvelables ne représentent que 16 % de la consommation actuellement. Leur part devrait passer à 32% en 2030.

 

La France ne dispose pas de grandes ressources énergétiques fossiles ou fissiles

Les gisements de pétrole et de gaz conventionnel sont limités et en cours d’épuisement, l’exploitation du charbon est économiquement déficitaire et a été abandonnée.
Il n’y a plus de mine d’uranium en activité. L’exploitation des gaz de schiste suscite des débats quant à son impact sur l’environnement.
La France importe 98,5 % de son pétrole (Afrique, pays de l’ex-URSS, Moyen-Orient, Mer du Nord), 98 % de son gaz naturel (Norvège, Pays-Bas, Algérie, Russie), tout son charbon (Australie, États-Unis, Afrique du Sud, Colombie) et tout son uranium
(Australie, Canada, Gabon, Niger, Russie).

L'électricité, seulement 1/4 de la consommation d'énergie en France

Il ne faut pas confondre énergie et électricité : en effet, l'électricité ne représente que un quart environ de l’énergie consommée en France. L’électricité française a l’avantage d’être faiblement carbonée. Elle provient majoritairement des centrales nucléaires (¾). Une partie de l’électricité est également produite par les énergies renouvelables (hydraulique, éolien, solaire photovoltaïque...). On peut également produire de l’électricité à partir des déchets (le biogaz issu de la méthanisation et la chaleur issue de l’incinération des déchets sont récupérés pour produire de la vapeur et actionner une turbine produisant de l’électricité).

Les énergies renouvelables sont disponibles partout sur le territoire français

Le bois énergie

C’est la première ressource renouvelable en France. Le bois énergie représente 40 % des énergies renouvelables utilisées aujourd’hui en France. Le chauffage domestique au bois est toujours un secteur dynamique grâce à la modernisation des moyens de chauffage (poêle à bois, poêle à granulés). Le bois est également de plus en plus utilisé pour alimenter de grandes chaufferies industrielles ou alimentant des réseaux de chaleur urbain.
Le bois représente encore un très fort potentiel de développement en France, dans le respect d’une exploitation durable des forêts.
La surface forestière de la France est au troisième rang en Europe derrière celles de la Suède et de la Finlande. La surface des forêts a doublé depuis 1850.
De façon plus large, la biomasse permet également de produire d’autres énergies renouvelables comme le biogaz issu de la méthanisation des déchets biodégradables ou les biocarburants.

L’hydraulique

Il s’agit de la deuxième source de production d’électricité après le nucléaire. Les sites favorables aux grands barrages sont aujourd’hui largement équipés, même si certains aménagements pour en augmenter la capacité sont envisageables.
Le petit hydraulique peut encore se développer, à condition de maîtriser son impact sur l’environnement. 
L’énergie des marées n’est exploitée que dans l’usine marémotrice de la Rance.

L’éolien

La France dispose du deuxième gisement éolien d’Europe (production terrestre et off-shore). L’éolien est aujourd’hui une technologie mature et fiable avec un potentiel de développement encore très important en France. Chaque éolienne produit environ autant d’électricité que la consommation de 1500 foyers (hors chauffage et eau chaude sanitaire).

L’énergie solaire photovoltaïque

L'énergie solaire est disponible partout sur le territoire. Les installations sont modulaires et peuvent équiper des bâtiments ou constituer de grandes centrales au sol. Si la part du photovoltaïque dans le mix électrique est encore faible, cette filière est dans une dynamique très positive (+ 10,6 % de progression entre 2016 et 2017) et possède encore un potentiel de développement très important. 
70 % du parc total est situé au sud de la France métropolitaine où le niveau d’ensoleillement est jusqu’à 35 % supérieur aux régions du nord de la France. 

L’énergie solaire photovoltaïque et l’éolien sont les 2 énergies qui sont appelées à se développer le plus d’ici à 2030.

La géothermie profonde

La géothermie profonde pour le chauffage urbain est exploitable dans certaines zones favorables, en particulier les bassins parisien et aquitain.

Les énergies renouvelables : des contraintes et des avantages 

Le recours aux énergies renouvelables produit en général moins de gaz à effet de serre et de polluants que les énergies fossiles et ne produit pas de déchets nucléaires. 
On peut les utiliser pour produire de l’électricité, de la chaleur ou des carburants.
Elles sont plus également réparties dans le monde que les ressources fossiles mais elles sont peu concentrées. Elles sont disponibles partout sur le territoire français.
Quand elles sont produites au plus près du consommateur ou même chez lui (par exemple à l’aide de capteurs solaires thermiques sur une maison ou un immeuble), les risques de rupture d’approvisionnement et les pertes lors du transport d’énergie sont limités. 
Elles génèrent des activités créatrices d’emplois qui ne peuvent pas être délocalisées.

Elles peuvent présenter des contraintes en termes d’occupation d’espace et de conflit d’usage des sols (biocarburants), d’impact sur les paysages (éolien), la biodiversité (hydraulique) ou la qualité de l’air (bois-énergie). 
Dans le cas de l’éolien ou du solaire, la production d’énergie peut varier en fonction du vent et de l’ensoleillement (« variabilité »).
Aujourd’hui, le coût des énergies renouvelables reste élevé pour certaines d’entre elles, mais ces coûts baissent très vite, notamment pour le solaire photovoltaïque. C’est sur les technologies les plus compétitives aujourd’hui et dont le potentiel de développement est significatif que reposera en premier lieu la transition énergétique : biomasse, éolien et photovoltaïque.

Néanmoins, la recherche se poursuit pour développer de nouvelles sources d’énergies renouvelables : 

  • l'éolien en mer flottant pour installer des éoliennes en mer, plus grandes, et plus loin des côtes, là oùles régimes de vent sont meilleurs ;
  • les énergies marines pour produire de l’électricité à partir des courants marins, de la force des vagues et de la houle, des marées, des différences de température entre surface et grands fonds, voire des gradients de salinité ;
  • la géothermie profonde pour exploiter la chaleur du sous-sol (4 500 mètres) pour produire de la vapeur qui entraînera un générateur électrique ;
  • l’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables, notamment d'électricité renouvelable (il est aujourd’hui produit à partir d’énergies fossiles) ;
  • les biocarburants avancés obtenus à partir de résidus agricoles, de ressources forestières, de déchets organiques ou d’algues, pourraient permettre de réduire la concurrence avec les usages alimentaires et la consommation d’espace.