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Contexte

Mis à jour le 29/05/2020

Le transport de marchandises en ville, souvent perçu comme une source de nuisances, est porteur d’enjeux et de leviers d’actions importants pour la transition écologique.  

En France, les émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent d'abord des transports (29,6 %) et sont dues à 95% au transport par route (CITEPA, 2016). 

En milieu urbain, le transport routier de marchandises y contribue à hauteur de 15 à 20%, et est également émetteur de polluants locaux dans des proportions significatives (40% des émissions de NOx et 50% des particules) (CEREMA, 2015). D’un point de vue économique, la logistique dite « du dernier kilomètre » représente environ 30% du coût total de l’acheminement d’une marchandise ou d’un service, et elle représente aussi un marqueur de performance et une activité génératrice d’emplois pour les villes. 

Le secteur de la logistique urbaine engage à la fois les acteurs institutionnels à différentes échelles, les opérateurs économiques (associés à des activités commerciales, industrielles et tertiaires) et les citoyens ; leurs objectifs sont distincts. 

La loi MAPTAM a réaffirmé en 2014 le rôle des collectivités dans l’organisation de la logistique urbaine, par le fait que les autorités organisatrices de la mobilité se voient confiée la compétence d’organisation de services de logistique urbaine. A partir de 2018, des collectivités se sont engagées dans la mise en place de zones à faibles émissions (ZFE) qui limitent l’accès aux centres urbains des véhicules trop polluants et la loi d’Orientation des mobilités prévoit de les rendre obligatoire dans les territoires faisant état de dépassements réguliers des normes de qualité de l’air. Ces zones vont significativement transformer le transport de marchandises.

Dans le monde professionnel, des progrès ont d’ores et déjà été réalisés ces dernières années, notamment sur les motorisations, et le succès des récents dispositifs de l’ADEME (Objectif CO2, FRET21, EVE) témoignent d’une volonté des professionnels à s’engager dans des démarches vertueuses. Les opérateurs économiques nécessitent cependant un accompagnement pour s’adapter aux mesures en maintenant leur compétitivité. 

Les collectivités doivent travailler avec les entreprises du secteur de la logistique et ses entreprises pour opérer la transition de leurs territoires. Depuis 2015, l’ADEME, le CEREMA et la DGITM ont construit, testé avec plusieurs territoires et mis à disposition une « boîte à outils », pour aider les collectivités à s’engager dans des chartes de logistique urbaine durable, conjointement avec les opérateurs économiques présents sur leur territoire. Le cadre national et la méthodologie d’accompagnement des chartes sont à présent disponibles et opérationnels.  

L’objectif du programme CEE InTerLUD (Innovations Territoriales et Logistique Urbaine Durable) est aujourd’hui de déployer ce dispositif sur le territoire national, d’accompagner les collectivités et les opérateurs économiques et de faciliter leur dialogue dans leurs engagements au sein de ces chartes.