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Utilisation des combustibles solides de récupération

Mis à jour le 18/08/2016

La valorisation énergétique des Combustibles solides de récupération (CSR) permet de produire de la chaleur et/ou de l’électricité, en substitution de ressources fossiles.

Les CSR se substituent principalement aux combustibles fossiles primaires comme le charbon, le coke de pétrole ou le gaz naturel utilisés par les installations de co-incinération.
Les CSR contiennent une part variable de composants biogènes comme le papier, le carton ou le bois selon les déchets d’origine. Cette fraction de déchets est considérée comme neutre en CO2 et, donc, constitue une source d’énergie renouvelable.

Normes européennes

En France, comme dans la plupart des pays européens, le CSR a le statut de déchet.
Les installations d’incinération ou de co-incinération doivent respecter les prescriptions de la directive 2000/76/CE sur l’incinération des déchets, refondue dans la directive 2010/75/UE relative aux émissions industrielles.
Seules l’Italie et l’Autriche ont choisi de sortir du statut de déchets certains CSR de haute qualité :

  • l’Italie a déterminé par un décret ministériel (DM 22/2013, entré en vigueur le 29 mars 2013) un niveau de qualité des CSR et les spécificités des installations de production et de valorisation. Pour qu’un CSR sorte du statut de déchets, le PCI doit être > à 15 MJ/kg, le chlore < à 1 %, le Cd<4 mg/kg, Pb<240 mg/kg… L’utilisation est limitée aux cimenteries produisant plus de 500 t/j de clinker, ou aux centrales thermiques de plus de 50 MW ;
  • l’Autriche exige que les chaudières biomasse utilisant les CSR aient des émissions en poussières inférieures à 20 mg/m3 afin de garantir des rejets en métaux lourds inférieurs aux installations traitant des déchets.

Voies de valorisation

La co-incinération en cimenteries ou chaudières fonctionnant avec des combustibles fossiles

En Allemagne, de nombreuses centrales thermiques utilisent du CSR.
En France, l’utilisation est limitée aux cimenteries, mais l’industrie cimentière est fortement consommatrice d’énergie. Afin de limiter le coût énergétique de production du clinker, elle est à la recherche de sources alternatives d’approvisionnement en énergie.
Depuis les années 1990, elle s’est engagée dans la substitution énergétique à partir de déchets (principalement dangereux). Mais ces gisements ont tendance à s’amenuiser, et la substitution énergétique à partir de CSR se développe en Europe : l’industrie cimentière française a consommé en 2015 450 kt de CSR, et souhaite en consommer 1 Mt/an en 2025.

Une étude réalisée en 2009 dresse un état de l’art de la valorisation énergétique des déchets non dangereux en cimenteries.

 

L’incinération dans des unités dédiées pour la production d’électricité et/ou de chaleur

Les CSR peuvent être utilisés dans des chaudières dédiées en remplacement des chaudières fonctionnant aux énergies fossiles. Afin d’optimiser les investissements correspondants, ces unités doivent fonctionner en continu. Elles alimenteront de préférence des industries ou des réseaux de chaleur urbains. De même, une attention devra être portée à la réversibilité des combustibles utilisés afin de ne pas freiner le développement du recyclage matière.
Une nouvelle rubrique ICPE 2971 vient d'être créée pour ces chaudières. Les décrets d'application sont en cours de promulgation.
Les CSR pourraient également être valorisés dans des unités de pyrolyse ou de gazéification, qui convertissent ces déchets solides en liquides ou gaz combustibles.
 

Voir la page « Enjeux de la pyrolyse et de la gazéification »