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Impacts environnementaux de la consommation

Mis à jour le 05/10/2017

Quel que soit le type d’impact environnemental, trois des douze grandes catégories de produits de consommation se distinguent : les boissons et produits alimentaires, le logement (construction, usage) et le transport.

Une étude multicritère pour des résultats parfois surprenants

Le bureau d’études Bio Intelligence Service a mené en 2011 une étude pour l’ADEME qui visait à identifier les impacts environnementaux générés par la production et la fin de vie de chaque grande catégorie de produits consommés en France. Pour être exhaustif sur l’ensemble des impacts, il faudrait également mesurer ceux liés aux étapes de distribution et de consommation.
À titre d'exemple, la colonne « Alimentation et boissons non alcoolisées » donne l’impact de la production des denrées alimentaires achetées par les Français, incluant les impacts liés à la culture et l’élevage ainsi qu’à la transformation agroalimentaire.

Ces impacts ont été quantifiés à partir de cinq indicateurs :

  • les gaz à effet de serre (GES) ;
  • l’acidification ;
  • les composés organiques volatils non méthaniques (COCV) ; 
  • les déchets industriels non dangereux (DIND) ;
  • les déchets industriels dangereux (DID).
La multiplicité des critères est essentielle : se focaliser sur un indicateur au détriment d’un autre ne donne pas un aperçu réaliste de l’impact environnemental. Ainsi, pour l’exemple de la fonction de production « Alimentation et boissons non alcoolisées », à côté de l’effet en termes d’émissions de GES, les enjeux liés à l’acidification et aux composés organiques volatils non méthaniques ne sont pas à négliger.
Le graphique ci-dessous expose les résultats pour douze grandes catégories de produits et services et cinq indicateurs.


Impact environnemental de la production associée à la consommation de biens et services par les ménages par grandes catégories de produits en 2007
 


Au niveau national, les trois catégories de produits ayant les impacts les plus importants sont l’alimentation, le logement et le transport des ménages.

Les produits « communication » et « loisirs/culture s’affichent en forte croissance »

Si l’on étudie les émissions de gaz à effet de serre engendrées par la consommation entre 1995 et 2007, on observe une réduction de 10 % de l’impact de la catégorie « Alimentation et boissons non alcoolisées », qui participe pour environ -2,5 % à la baisse de l’impact total de la consommation (-3 %).
Ceci résulte d’une orientation du secteur vers des produits intermédiaires et des procédés de production moins polluants, compensant ainsi en grande partie l’augmentation des quantités consommées sur la période. À l’inverse, on observe une hausse importante des impacts des catégories « communication » (+50 %) et « loisirs et culture » (+150 %). Elles représentent pour le moment une faible part de la totalité des impacts de la consommation française (de l’ordre de 5 %), mais l’enjeu environnemental de ces produits et services pour l’avenir est important. En effet, ces secteurs regroupent, en plus des produits d’édition et des activités sportives et culturelles classiques, les technologies de l’information et de la communication qui sont en fort développement.
Veiller à limiter les impacts environnementaux de la consommation nécessite aussi d’observer les risques d’effet rebond
Des ampoules basse consommation qu’on laisse allumées, des voitures économes en carburant qu’on conduit davantage : voici deux exemples d’effet rebond. Ce terme qualifie l’annulation des économies par la multiplication des utilisations. Réduire les impacts environnementaux nécessite de passer par les leviers de l’efficacité et de la sobriété.
Les politiques européennes et nationales qui invitent à développer les incitations économiques aux bons comportements et à l’écofonctionnalité, visent aussi à prendre en compte ces effets rebonds.
Face à l’offre de produits susceptibles de répondre à ses besoins, le consommateur doit sans cesse faire des choix en termes de prix, de qualité, de quantité mais aussi de préoccupation environnementale. Devant la difficulté d’appréhender les enjeux environnementaux des différents produits et afin d’éclairer le consommateur, l’ADEME édite des fiches techniques sur certaines catégories de produits comme la fiche technique sur les couches pour bébé.