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Phénomènes et impacts du changement climatique

Mis à jour le 08/08/2018

L’Agence internationale de l'énergie estime qu’en 157 ans, l’humanité a multiplié par 145 ses émissions de gaz à effet de serre.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère s’est élevée en 2011 à 391 ppm, contre 280 ppm en 1750, selon l’Organisation météorologique mondiale. Cet accroissement de la concentration en gaz à effet de serre a provoqué une élévation de la température moyenne globale de 0,85 ℃ entre 1880 et 2012, comme l’indique le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son 5e rapport d’évaluation (2013).

La disparition des glaces telluriques

Au niveau planétaire, les climatologues constatent déjà de nombreuses conséquences du réchauffement global. La plus évidente est la disparition progressive des glaces telluriques (glaciers et banquise terrestre).
Dans l’océan Arctique, les mesures réalisées par les satellites montrent que, depuis 1978, l’étendue annuelle moyenne des glaces diminue de 2,7 % par décennie.

Augmentation du niveau des mers et océans

Sous le double effet de la fonte des glaces terrestres et de la dilatation thermique (sous l’effet de la chaleur, l’eau se dilate et prend plus de volume), le niveau des mers et des océans a monté de 2 mm/an en moyenne entre 1971 et 2010, d’après le GIEC. Principal « puits » de carbone de la planète, l’Océan absorbe des quantités considérables de gaz carbonique. L’efficacité de ce rôle d’éponge à carbone pourrait être diminuée. En effet, dans les profondeurs sous-marines, le gaz carbonique produit de l’acide carbonique qui acidifie l’eau. Cette acidification réduit les capacités d’absorption du CO2 du milieu océanique.

Les conséquences environnementales

Dans son rapport sur les « Perspectives de l’environnement à l’horizon 2050 : les conséquences de l’inaction » publié le 15 mars 2012, l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) établit une série de constats sur les conséquences du réchauffement climatique. Sur le plan environnemental, elle prévoit ainsi un recul de 10 % de la biodiversité terrestre, mais aussi une baisse de la superficie des forêts adultes d’environ 13 %. Des pertes conséquentes sont également à prévoir d’ici à 2050 pour les cours d’eau et les lacs.
Le GIEC a aussi établi un lien entre le réchauffement climatique et un certain nombre de catastrophes naturelles. Dans son dernier rapport spécial sur la gestion des risques de catastrophes et de phénomènes extrêmes pour les besoins de l’adaptation au changement climatique, il prévoit ainsi qu’il est « pratiquement certain qu’à l’échelle du globe les jours de canicule deviendront encore plus chauds et seront plus fréquents », et « de la même manière, les fortes précipitations seront plus fréquentes et la vitesse des vents associés aux cyclones tropicaux augmentera, alors que le nombre de cyclones sera probablement constant ou en diminution ». Des évolutions qui conduisent à d’importants mouvements de population : en 2010, l’Organisation internationale pour les migrations estime que sur les 38 millions de migrants dans le monde, les migrations environnementales deviennent dominantes.

Les conséquences économiques

En plus de ces conséquences environnementales, le réchauffement climatique a d’importantes conséquences économiques. C’est tout l’enjeu du rapport Stern : publié en 2006, il estime que le coût sur dix ans du changement climatique serait au plan mondial de 5 500 milliards d’euros. Les tensions autour de l’accès à l’eau ou à la nourriture, les problèmes de santé publique, les risques de conflits climatiques : autant d’éléments participant à la conclusion qu’il est moins coûteux de lutter contre le réchauffement climatique que de ne rien changer. Stern demande que l’humanité consacre 1 % du produit national annuel de la planète, soit près 275 milliards d’euros sur 10 ans, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des autres facteurs de réchauffement. Dans le cas contraire, le coût serait de 5 à 20 fois plus élevé.