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Enjeux de la COP21

Mis à jour le 17/12/2015

La COP21 a abouti à un accord universel pour lutter contre le changement climatique, adopté par 195 nations le 12 décembre 2015, à Paris.

L’objectif principal de l’accord est de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 ℃ et de mener des efforts encore plus poussés pour limiter cette augmentation à 1,5 ℃ au-dessus des niveaux pré-industriels.

​La France a été officiellement désignée pays hôte de la 21e Conference of the parties (COP21) des Nations Unies sur les changements climatiques lors de la 19e Conférence des parties de Varsovie (COP19) en 2013. C'est l’une des plus grandes conférences internationales jamais organisées sur le territoire et la France a relevé un double défi :
 
  • en tant que pays hôte, elle a accueilli pendant deux semaines, dans les meilleures conditions, des milliers de délégués et d’observateurs sous les auspices des Nations Unies ;
  • en tant que pays assurant la présidence de la COP, elle a assuré un rôle de facilitateur entre toutes les parties de la négociation, pour établir un climat de confiance, rapprocher les points de vue et permettre l’adoption d’un accord à l’unanimité.
Sur le site du Bourget près de Paris, la « zone bleue », où s'est tenue la conférence, était réservée aux négociateurs internationaux et ne sera accessible qu’aux personnes accréditées. À proximité, les Espaces Générations Climat ouverts au public ont accueilli les ONG, organisations, collectivités locales internationales… Une galerie des solutions a permis aux entreprises d’exposer leurs savoir-faire dans le Musée de l’Air et de l’Espace.
 

Objectifs internationaux

La COP21 avait pour but d'aboutir à un accord international sur le climat qui permettrait de contenir le réchauffement global en deçà de 2 ℃. Sur la base des travaux de la COP20 de Lima en 2014, la COP21 portait sur un ensemble de décisions :
 
  • un accord ambitieux et juridiquement contraignant face au défi du dérèglement climatique et qui s’appliquerait à tous les pays ;
  • des contributions nationales (Intended nationally determined contributions [INDC]), qui représentent l’effort d’atténuation que chaque pays estime pouvoir réaliser à horizon 2025/2030 ;
  • le financement de la lutte contre le changement climatique, une composante cruciale, avec un fonds défini à Copenhague en 2009 doté de 100 milliards de dollars par an des pays du Nord vers les pays du Sud à partir de 2020. Une étape a été franchie avec la première capitalisation en 2014 d’un Fonds vert à hauteur de 9,3 milliards de dollars sur 4 ans – dont près d’un milliard de la France ;
  • enfin, les initiatives développées par les acteurs non étatiques, collectivités locales, les organisations de la société civile et les entreprises vont amplifier la mobilisation et viendront compléter les contributions des États : on parle du Lima Paris Action Agenda.
Le LPAA a pour objectif, en complément des négociations étatiques, de valoriser des initiatives concrètes portées par les entreprises, les collectivités, les ONG, les associations… qui permettent de lutter contre le changement climatique. Ces solutions se déclinent à travers des innovations technologiques, des bonnes pratiques mises en œuvre dans les villes et les territoires et de nouveaux services.
 

Engagement de la France en matière de changement climatique

En France, un premier Plan Climat a été adopté en 2004. Il regroupait pour la première fois les actions de lutte contre le changement climatique dans tous les secteurs de l’économie et visait à assurer l’atteinte de l’objectif de Kyoto pour la France.
Le Protocole de Kyoto (1997) a permis d’adopter au niveau international des objectifs chiffrés de réduction des émissions de Gaz à effet de serre (GES) sur la période d’engagement 2008-2012, de mettre en œuvre des outils pour les atteindre – les « mécanismes de flexibilité » – et des sources de financement pour les pays en développement ainsi que des règles de contrôle.
Suite aux directives européennes « Climat-Énergie » adoptées en 2008, la France a accéléré ses mesures d’atténuation de ses émissions de GES et a mis en place un Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) en 2011.

Ces politiques nationales se traduisent à l’échelle territoriale par des outils régionaux d’orientation stratégique et leur déclinaison territoriale opérationnelle.
Enfin, dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte actuellement en discussion, des objectifs nationaux ambitieux sont envisagés : la division des émissions de GES par 4 (« Facteur 4 ») d’ici 2050 et la réduction des émissions de GES en France de 40 % entre 1990 et 2030 (dans la continuité des engagements européens).

La stratégie française pour la COP21 a été définie par le comité de pilotage interministériel composé de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Marie-Hélène Aubert, conseillère du président de la République pour les négociations climat et environnement, Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique et Pierre-Henri Guignard, secrétaire général à l’organisation de la COP21. Cette stratégie est mise en œuvre par une équipe interministérielle de négociateurs composée d’agents du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI), du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE), du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt (MAAF), du Trésor et de deux opérateurs de l’État, l’Agence française du développement (AFD) et l’ADEME.