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Le commissionnement

Mis à jour le 04/10/2018

Le manque de continuité entre les différentes phases d’un projet et le déficit d’attention porté à la mise au point (vérifications et réglages) expliquent en partie les dérives de performances constatées dans les bâtiments neufs et rénovés.

Le commissionnement est défini comme « l’ensemble des tâches pour mener à terme une installation neuve afin qu’elle atteigne le niveau des performances contractuelles et créer les conditions pour les maintenir » (Mémento du commissionnement, 2008, COSTIC, ADEME, FFB).

Que ce soit dans le cadre d’une construction neuve ou d’une rénovation énergétique, un projet doit reposer sur une démarche globale, depuis la conception jusqu’à l’exploitation.
Pour conduire une telle démarche, il est nécessaire d’assurer, tout au long du projet, la cohérence entre les différentes étapes du projet et la cohésion entre tous les intervenants (maîtrise d’ouvrage, acteur missionné pour le commissionnement, maîtrise d’œuvre, entreprises d’installation, entreprises en charge de l’exploitation…).
 
Le commissionnement, par la mise en œuvre d’une démarche qualité, permet de :

  • coordonner l’ensemble des intervenants pour garantir la cohérence de leurs interventions et le respect des objectifs du maître d’ouvrage pour le projet ;
  • définir les moyens de contrôle des actions menées à toutes les étapes : lors de la conception, en cours de réalisation, à la réception, en phase de pré-exploitation et pendant la phase d’exploitation, pour atteindre les performances exigées par le maître d’ouvrage ;
  • faciliter le transfert d’information et l’actualisation de la documentation technique par les intervenants sur les différentes phases du projet, pour une exploitation optimale
Il doit porter sur les équipements techniques du bâtiment consommateurs d’énergie, mais également sur son enveloppe.

 
Comme l’illustre la figure ci-après, cette démarche qualité est transverse : de la phase de programmation jusqu’à la phase de pré-exploitation et d’exploitation courante.
Il est important de ne pas restreindre le commissionnement aux seuls réglages effectués par l’entreprise, la « mise au point ».

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La phase de « pré-exploitation », qui intervient après la réception, consiste à ajuster les réglages effectués lors de la réalisation et à vérifier les performances. Elle se déroule généralement sur une période de 2 ans et repose sur un suivi instrumenté par le système de Gestion technique du bâtiment (GTB) ou une instrumentation provisoire. Elle vise aussi à mettre en place l’exploitation/maintenance et à « mettre en main » le bâtiment aux occupants (par des séances d’information, livrets utilisateurs…) afin d’éviter les dérives dues au comportement. Elle intervient en parallèle de l’exploitation.
 
L’agent de commissionnement a pour rôle de diriger le processus de commissionnement. Il ne doit pas être vu comme l’expert universel, mais comme un chef d’orchestre qui assure que chacun joue la même partition. Son rôle est de favoriser la communication entre les différents membres du projet, afin d’identifier et de résoudre les problèmes de manière collective et systématique. Chaque acteur du projet conserve ses responsabilités et doit être impliqué dans le commissionnement.
 
L’acteur qui assure la fonction d’agent de commissionnement peut être externe au projet (en Assistance à maitrise d’ouvrage (AMO)) ou intégré à la maitrise d’œuvre en mission complémentaire. Dans ce cas, les tâches de commissionnement et de maitrise d’œuvre se doivent d’être menées par des collaborateurs distincts au sein de la structure. La mission peut aussi être portée en interne à la maitrise d’ouvrage si elle dispose des compétences nécessaires.
Il n’y a pas lieu que les tâches diffèrent selon l’acteur qui assure la mission de commissionnement.
 
Le commissionnement n’est pas une procédure révolutionnaire, il fixe simplement un cadre afin d’identifier les causes d’erreurs possibles et mettre en cohérence les actions. Son rôle n’est pas de remettre en cause les choix, mais de s’assurer qu’ils concourent bien aux objectifs et qu’ils sont respectés tout au long du projet.
 
Le commissionnement permet ainsi de limiter les non-qualités et de maitriser les performances énergétiques. Ces non-qualités sont difficiles à chiffrer. À titre informatif, 20 à 30 % d’économies* ont pu être observées après la mise en place de mesures correctives sur les réglages des installations de plusieurs opérations grâce à la mise en œuvre d’un suivi énergétique détaillé dès les premiers mois d’exploitation.
 
Une boite à outils opérationnels est disponible en téléchargement gratuit, elle se compose d’un guide d’utilisation et de six outils :

  • le plan de commissionnement (outil n° 1) ;
  • le plan de documentation (outil n° 2) ;
  • l’aide à la rédaction du cahier des charges de la mission de l’agent de commissionnement (outil n° 3) ;
  • le tableau d’analyse des documents de conception (outil n° 4) ;
  • le tableau des vérifications en réalisation (outil n° 5) ;
  • le recensement de fiches d’autocontrôle et de mise au point et la mise à disposition de fiches sur les systèmes de GTB et régulation (outil n° 6).
La réalisation de cette boite à outils s’est appuyée notamment sur l’évaluation de missions de commissionnement terminées ou en cours. Cette évaluation a permis d’identifier les démarches mises en œuvre sur le terrain et a donné lieu à des études de cas (ZIP - 2,27 Mo).
 

* Performances réelles des bâtiments – Retours d’expériences - Enseignements des campagnes de suivi et d’évaluation de 14 opérations instrumentées par l’Ademe en Rhône-Alpes, VAD