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L’eau chaude sanitaire

Mis à jour le 19/01/2016

Dans le résidentiel, l’eau chaude sanitaire (ECS) est un poste de consommation énergétique important puisqu’il représentait, en 2012, 12,1 % de la consommation d’énergie moyenne, contre 61,3 % pour le chauffage et 7 % pour la cuisson.

Plus de la moitié des logements produisent leur eau chaude de manière indépendante. Si l’on regarde la répartition selon l’énergie de production, l’électricité est la première source de production d’ECS des résidences principales (46,5 %) avec une part plus importante dans les maisons individuelles (51,9 %). Le gaz (38,4 %) occupe la première place dans l’habitat collectif, avec 48,8 %, contre 30,4 % en maison individuelle. Le fioul chauffe encore 9 % des résidences principales.
Même si la part de la consommation liée à l’ECS dans l’existant reste relativement réduite, elle est en passe de devenir l’un des premiers postes de consommation dans les bâtiments résidentiels neufs. En effet, la Réglementation thermique 2012 (RT2012) imposant une réduction très importante des besoins de chauffage, l’ECS devient donc prépondérante face aux autres usages car elle dépend des comportements (nombre de personnes dans le logement, etc.) et des performances liées aux systèmes de production d’ECS.
Cependant, il est quand même possible de réduire les consommations d’eau chaude dans ces bâtiments, en agissant à plusieurs niveaux :
  • en limitant les besoins d’ECS : isolation des réseaux de distribution, réduction des pertes liées au stockage, réduction des débits, modification des comportements (prendre des douches au lieu de bains, etc.) ;
  • en améliorant la performance des systèmes de production d’ECS par l’intégration des énergies renouvelables et l’optimisation de la production.
Cependant, ces actions ne doivent pas aller à l’encontre des aspects de sécurité sanitaire qui imposent une certaine température d’eau pour limiter les développements bactériens.
 

Les systèmes de production d’ECS indépendants
 

Le chauffe-eau électrique à effet Joule à accumulation (cumulus)
 
Le chauffe-eau électrique à accumulation est de loin le système de production d’ECS électrique le plus répandu en France. On estime le parc à 11 millions d’unités, et le flux de remplacement est d’environ 1 million d’appareils par an. La France fait figure d’exception (avec la Belgique) en Europe de par la taille de ce parc. Ceci résulte de l’existence d’une tarification de l’électricité comportant une période « heure creuse » avantageuse, qui procure un avantage financier très important aux systèmes produisant et stockant l’ECS durant la nuit pour une utilisation de jour. Cette solution conduit cependant à des pertes d’énergie plus importantes en comparaison d’une production instantanée. En conditions réelles, ce type de chauffe-eau a donc un rendement relativement médiocre de l’ordre de 70 % en énergie finale, soit 28 % en énergie primaire.
 
Le chauffe-eau gaz
 
Il fonctionne comme des chaudières classiques sauf qu’il est entièrement dédié à la production d’ECS. Comme une chaudière, il peut être associé ou non à un ballon de stockage et fonctionne donc soit en instantané, soit en accumulation, voire en microaccumulation. La meilleure technologie disponible pour ce type de produit est le chauffe-eau à condensation, qui a un rendement de l’ordre de 60 à 70 % (PCS) en conditions réelles et en énergie primaire.
 
Le chauffe-eau thermodynamique
  Un chauffe-eau thermodynamique (CETI) est une pompe à chaleur de petite puissance dédiée exclusivement à la production d’eau chaude sanitaire. Il se compose d’un volume de stockage (généralement 150 à 250 l d’eau) et d’une pompe à chaleur (PAC) fonctionnant à l’électricité.
La majorité des produits ont des coefficients de performance (COP) normatifs se situant aux alentours des 2,5. En conditions réelles, le COP peut avoisiner les 2 (à comparer au rendement de 0,7 des chauffe-eau électriques à effet Joule).
Le marché des CETI est en plein développement grâce à une grande diversité d’offres. Plus de 46 000 unités ont été commercialisées en 2013, contre 35 000 en 2012. Ce marché se développe aussi bien en rénovation qu’en construction neuve.
 
Le chauffe-eau solaire
Le chauffe-eau solaire est constitué de capteurs solaires installés sur le toit, associés à un ballon de stockage de l’énergie solaire assurant également l’appoint. Ce système permet de répondre à la demande d’eau chaude du logement tout en valorisant l’énergie gratuite du soleil à hauteur de 60 à 80 % du besoin.
Les chauffe-eau solaires sont des équipements robustes et fiables et leur potentiel de développement est important à la fois dans le neuf et la rénovation. L’installation d’un chauffe-eau solaire bénéficie aujourd’hui d’un crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) de 30 %.
 

Les actions de l’ADEME

 
Soutien à l’innovation et à la R&D pour le développement de produits innovants
 
L’ADEME finance depuis de nombreuses années la recherche et l’innovation portant sur le développement de produits de chauffage et d’ECS performants, avec pour objectif une mise sur le marché rapide.
 
Évaluation des technologies par des campagnes de suivi
 
L’Agence est également très impliquée dans l’évaluation des technologies in situ afin de pouvoir donner un avis éclairé aux différents acteurs de la construction et de la rénovation.
Pour cela, l’ADEME met en place des campagnes de mesures des performances réelles de ces nouveaux systèmes.
Ainsi, l’ADEME a déjà lancé des campagnes de mesures sur les chauffe-eau thermodynamiques, les chaudières à condensation, les PAC haute température, les chaudières microcogénération, etc.
 
Développement des EnR
 
L’ADEME soutient le développement des énergies renouvelables, et en particulier la production de chaleur à partir de biomasse, de solaire, de géothermie ou d’énergies de récupération.
 
Accompagnement de la filière professionnelle
 
L’atteinte des objectifs nationaux de réduction des consommations énergétiques des bâtiments et de développement des énergies renouvelables nécessite la mobilisation et la formation d’un nombre important de professionnels. L’ADEME les accompagne pour que la filière se structure et monte en compétences, à travers notamment la mention RGE pour les travaux d’amélioration énergétique et les systèmes énergétiques.
 
Sensibilisation des particuliers, accompagnement et conseils
 
L’ADEME développe des outils d’information et de conseils pour guider les particuliers dans leur choix de mode de chauffage dans le neuf et l’existant. Avec les collectivités, elle finance et gère les conseillers Info-Énergie, membres du réseau des PRIS (points rénovation info service) qui informent et conseillent les particuliers sur les solutions et les aides disponibles pour maîtriser l’énergie dans l’habitat.