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La perméabilité à l’air des bâtiments

Mis à jour le 02/04/2015

La maîtrise de la qualité de l’enveloppe de tout bâtiment neuf est une condition nécessaire pour assurer un traitement de l’étanchéité à l’air compatible avec les enjeux de la RT 2012.

La réglementation thermique (RT) 2012 impose que le niveau d’étanchéité de l’enveloppe des bâtiments neufs soit au moins équivalent à celui demandé dans le cadre du label bâtiment basse consommation (BBC). Concrètement, les niveaux de perméabilité à l’air doivent être inférieurs ou égaux à 0,6 m3/ (h.m2) pour le logement individuel et à 1 min 3 s/(h.m2) pour le logement collectif. Ces niveaux se justifient soit par une mesure à réception du bâtiment, soit par l’application d’une démarche qualité agréée par l’État.
 

Économie d’énergie, qualité de l’air intérieur et confort d’usage

Ces mesures de perméabilité à l’air ont plusieurs objectifs. Le plus évident : vérifier que le niveau de perméabilité est bien compatible avec la performance énergétique recherchée et, si nécessaire, corriger les défauts de l’enveloppe. En effet, ceux-ci induisent des débits d’air parasites sources de perte de chaleur, et donc de surconsommation. En hiver, l’augmentation du débit d’air due aux infiltrations peut entraîner une augmentation importante des besoins de chauffage (10 à 15 % sur la consommation totale d’énergie entre une perméabilité par défaut et la perméabilité réglementaire RT 2012).
Parce qu’ils perturbent le bon fonctionnement du système de ventilation, les défauts d’étanchéité à l’air peuvent non seulement avoir des conséquences énergétiques, mais aussi causer une dégradation de la qualité de l’air intérieur des bâtiments.

Ainsi, on dénombre, au-delà de l’aspect énergétique, quatre enjeux principaux liés à l’étanchéité à l’air :
 
  • l’hygiène et la santé (pathologies telles que l’asthme) ;
  • la préservation du bâti (condensations et moisissures, avec également des conséquences en termes de santé) ;
  • le confort thermique et acoustique des occupants ;
  • enfin, la sécurité des personnes à proximité de sites industriels classés Seveso.

Où sont les fuites ?

D’après des mesures réalisées dans un grand nombre de logements, l’existence de sources d’infiltration s’explique par deux raisons principales :
  • les parois, souvent multicouches, sont à l’origine de nombreuses fuites, notamment du fait du manque ou de l’absence d’études de conception ;
  • l’étanchéité à l’air fait rarement l’objet d’une attention particulière au niveau de la commande, des études, du suivi et de la réception des travaux.
Les infiltrations se situent principalement au niveau des liaisons façades et planchers, des liaisons murs-dalle sur terre-plein, des liaisons murs-dalle ou plancher en partie courante, des liaisons de menuiseries extérieures (seuil de porte palière, seuil de porte-fenêtre, liaison murs-fenêtres au niveau du linteau…).
Les équipements électriques (interrupteurs sur paroi extérieure, prises de courant sur paroi extérieure) et les éléments traversant les parois (trappes d’accès aux combles, aux gaines techniques…) sont également en cause.
 

Le test de la « porte soufflante »

L’objectif de la mesure est de quantifier la perméabilité à l’air de l’enveloppe du bâtiment et de visualiser les infiltrations d’air parasites. Conformément à la norme NF EN 13 829 (test dit de la « porte soufflante ») et à son guide d’application GA P 50-784, la méthode consiste à dépressuriser progressivement le bâtiment testé à l’aide d’un ventilateur. Une fois les débits volontaires liés à la ventilation annulés, on crée ainsi artificiellement une différence de pression entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment, et on mesure les flux d’air parasite générés. Finalité : obtenir une série de couples « débit/dépression » et en déduire l’indicateur de perméabilité à l’air du bâtiment : Q4Pa_Surf (en m3/h/m²).