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Le solaire thermique

Mis à jour le 14/06/2017

Le solaire thermique (hors systèmes thermodynamiques de production d’eau pour une utilisation en phase vapeur ou d’électricité) se décompose en trois types de générateurs: installations « individuelles », « collectives » et « sur réseau de chaleur ».

Les solutions solaires thermiques présentent un dispositif qui prend le relais lorsque l’énergie solaire ne peut assurer la totalité des besoins (pendant l’hiver, en mi-saison ou lors d’une longue période de mauvais temps). Leur surcoût doit se justifier par des économies d’énergie, d’autant plus intéressantes quand le système est performant, bien entretenu et que l’énergie d’appoint coûte cher. Il en existe trois sortes :
 
  • les modèles en thermosiphon à circulation naturelle (le fluide caloporteur circule dans la bouche hydraulique solaire grâce à la différence de densité avec l’eau du ballon de stockage) ;
  • ceux sous pression à circulation forcée (le fluide caloporteur circule dans la bouche hydraulique solaire grâce à une petite pompe, ou circulateur, en fonction de la température de l’eau du ballon de stockage) ;
  • ceux autovidangeables (drain back) à circulation forcée, qui se vidangent pour éviter la surchauffe.
Les installations individuelles ont deux applications : la production pour l’eau chaude sanitaire (ECS) et la production combinée (chauffage et eau chaude de l’habitation). Sur le marché, on trouve des kits CESI (chauffe-eau solaire individuel) et SSC (systèmes solaires combinés), dont la qualité et les performances peuvent être certifiées. Des « colonnes solaires » regroupent les éléments nécessaires au CESI, voire au SSC, en un bloc esthétique.
 
Pour les installations collectives, la seule application quasi rentable qui s’offre aujourd’hui aux promoteurs privés, copropriétés, bailleurs sociaux et collectivités reste la production solaire pour l’ECS. Pour les motiver, des labels (BBC Effinergie, Promotelec Performance…) et des subventions (FEDER, Fonds chaleur renouvelable de l’ADEME…) ont été créés. Ces installations nécessitent une MOE compétente, des professionnels rigoureux et, a minima, un contrat de maintenance pour garantir la rentabilité du projet. La qualification des intervenants
à travers les signes RGE (Reconnu garant de l’environnement) doit permettre une meilleure qualité des installations pour une meilleure garantie des performances.
 
Enfin, les installations sur réseau de chaleur représentent l’avenir de la filière. Elles renforcent le mix EnR des réseaux de chaleur, notamment comme relève, en période estivale, des chaufferies biomasse qu’il faut entretenir. L’opportunité de créer des « réseaux de froid » dédiés donnerait à des technologies non rentables pour le bâtiment un marché adapté à leurs capacités et à leurs contraintes.
 

L’intégration du solaire thermique au bâtiment

En France, l’incitation à la diffusion du solaire thermique dans la construction ne se révèle pas à la hauteur des espérances. En cause : le coût encore trop élevé des systèmes, la « difficile » envolée du prix de l’énergie conventionnelle, les faibles économies réellement constatées – nonobstant la qualité – et l’entrée en vigueur de la RT2012 sur les installations solaires dans le neuf, qui reste neutre et ouverte à la production d’ECS réglementaire.
 
L’ADEME soutient l’innovation dans le solaire thermique pour une approche globale des besoins en chaud et froid des bâtiments. Améliorer l’efficacité énergétique devrait faciliter l’intégration de solutions combinées. Enfin, une garantie de performance des installations reste la clé de réussite pour l’avènement de la filière dans la prochaine réglementation thermique BEPOS 2020.