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Le marché de l’emploi dans le secteur du bâtiment

Mis à jour le 10/08/2018

Le secteur économique du bâtiment regroupe entre autres toutes les activités de conception, de construction et de rénovation des bâtiments publics et privés. Le secteur des Travaux Publics n’est pas pris en compte.

Depuis 2008, l’ADEME dresse l’état des lieux des marchés et des emplois relatifs aux principales activités liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et au développement des énergies renouvelables en France. Cet état des lieux, qui concerne le logement, permet notamment de suivre l’activité économique générée pour l’atteinte de l’objectif des 500 000 rénovations annuelles.

Les marchés

Envisagé du point de vue de la dépense des ménages (c’est-à-dire sans comptabiliser la valeur des équipements et fournitures comme matériaux d’isolation et fenêtres déjà inclus dans la valeur des travaux des entreprises), le marché intérieur lié à l’amélioration de l’efficacité énergétique du secteur résidentiel a augmenté en moyenne de 8 % par an sur la période 2006-2012, avec un ralentissement dans les deux dernières années par rapport à la période 2006-2010 (1,5 % contre 11,5 %). La dépense annuelle moyenne a été de 14,1 milliards d’euros aux prix courants.
 
Avec une moyenne de 4,9 Md€ par an, le remplacement des ouvertures constitue le poste de dépense le plus important. Il a été très dynamique sur la période 2006-2008 du fait de la forte progression de la part des fenêtres performantes dans l’ensemble des remplacements, consécutive en particulier à l’arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants. Il a ensuite régulièrement diminué.
 
La valeur des travaux d’isolation des parois opaques a représenté 3,9 Md€ en moyenne sur la période 2006-2012. Elle a progressé de façon continue jusqu’en 2011 avec l’augmentation des travaux d’isolation par l’extérieur, plus coûteux. Elle s’est ensuite stabilisée.
 
Ensemble, ces deux marchés ont représenté en moyenne 76 % de la dépense des ménages. Ce pourcentage a décru au cours de la période du fait de la montée en puissance des autres postes.
 
Avec l’électroménager performant (+18,6 % en moyenne annuelle), les chaudières à condensation sont le marché qui a le plus progressé en rythme annuel (+13,9 %). Dans les deux cas, cette progression est due à l’augmentation régulière de leur part de marché. En nombre d’unités, les chaudières à condensation représentent en 2012 49 % du marché des chaudières gaz et fioul contre 19 % en 2006, et, en valeur, l’électroménager performant représente 76 % du marché contre 25 % en 2006.
 
Les dépenses des ménages se situent globalement dans la continuité des années 2010-2012. Le taux de progression de ces dépenses augmente très légèrement (2,3 % de croissance annuelle contre 1,5 % entre 2010-2012) sans cependant s’approcher du niveau très élevé des années 2006-2010.
 
Comme en 2010-2012, ce sont les dépenses d’acquisition des équipements performants, y compris les chaudières à condensation, qui progressent le plus vivement (+6,1 %), alors que les interventions sur le bâti sont quasiment stables (0,6 %). En 2014, la part des chaudières à condensation atteindrait 57 % de part de marché en nombre d’unités, et celle du gros électroménager performant 92 % en valeur, dont 17 % pour les équipements les plus performants (classes ≥ A+++ pour le froid et les lave-linge, et ≥ A pour les sèche-linge).
 
Globalement, les marchés (marché intérieur des équipements, travaux et exportations) ont augmenté de 2,4 % en moyenne annuelle entre 2012 et 2014, soit à un rythme légèrement supérieur à celui de la période 2010-2012 (1,9 %). Comme au cours des deux années précédentes, ce sont les marchés du chauffage et des équipements performants qui ont crû le plus.

Les emplois 

En Équivalent temps plein (ETP), la croissance de la production se serait traduite par une augmentation de l’ordre de 40 000 ETP sur la période. Sur ce total, de l’ordre de 30 000 ETP correspondent à la fabrication, la pose ou la distribution d’équipements performants se substituant à des équipements standards.
 
Par domaine, c’est l’emploi dans les travaux d’isolation qui progresse le plus vivement au cours des dernières années, en particulier du fait du fort développement de l’isolation par l’extérieur alors que le remplacement des ouvertures ralentit après la forte progression des années 2007 et 2008. Les autres domaines poursuivent leur croissance régulière, portée par l’augmentation de leur taux de pénétration.
 
La production suit l’évolution des marchés (+2,3 % en rythme annuel contre 2,4 % pour les marchés entre 2010 et 2012), mais les emplois progressent moins vite (+0,5 %) du fait notamment de l’évolution de la productivité.