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La pollution électromagnétique

Mis à jour le 13/08/2018

Les rayonnements électromagnétiques sont une forme de transport d’énergie sans support matériel. Divers par la quantité d’énergie qu’ils transportent et leurs possibilités d’interactions avec la matière ils sont très présents dans notre environnement

La controverse publique autour de l’impact sanitaire des rayonnements électromagnétiques ne cesse de s’amplifier. Les publications scientifiques et rapports d’experts se multiplient à l’échelle internationale et la question donne également lieu à des débats au niveau national.
pollution-electromagnetique

Il existe ainsi un grand nombre de systèmes sans fil qui utilisent des émetteurs radiofréquence et participent aux niveaux de champ électromagnétique ambiant mesurables dans l’environnement. Parmi ceux-ci se trouvent les antennes relais de téléphones portables, les émetteurs dits radio ou encore les émetteurs TV. On peut y ajouter les lignes de transport d’énergie, les Courants porteurs en ligne (CPL) utilisés en remplacement du système de communication sans fil Wi-Fi ou pour le transfert de données de certains compteurs communicants ou encore les systèmes de communication sans fil Bluetooth.
De façon générale, tout appareil utilisant de l’électricité génère un champ électromagnétique. Citons l’exemple des lampes fluocompactes qui ont été objet d’inquiétudes, ce qui a ralenti leur mise en place.
 
Schéma du spectre électromagnétique
Représentation de l'ensemble de la gamme des longueurs d'onde du rayonnement électromagnétique
Télécharger le descriptif détaillé du visuel (RTF - 52,71 ko)
 

Trois gammes de fréquences

L’ADEME a lancé en 2011 une étude bibliographique intitulée « Estimation de l’impact sanitaire des principales sources de champ électromagnétique en environnement résidentiel », menée par le Laboratoire national d’essais. En voici la synthèse.
Les effets des champs électromagnétiques et leur mode de transport sont différents selon la fréquence et on peut diviser le spectre électromagnétique des rayonnements non ionisants en trois gammes de fréquences.
 
  • Champs basse fréquence (inférieure à 300 Hz)
Certaines études considèrent l’émission des réveils électriques comme contribuant fortement à cette valeur. Les mesures réalisées sur ces appareils indiquent également un fort niveau de champ électrique (30 V/m à 30 cm).
Les rasoirs électriques et les tondeuses électriques à cheveux constituent la source d’émissions la plus importante en basse fréquence. Ils pourraient être à l’origine de champs magnétiques supérieurs aux limites réglementaires. Aussi, leur surveillance s’impose.
Certains autres appareils tenus, tels les sèche-cheveux et les outils électriques portatifs, pourraient constituer une source importante de champ local au niveau de la main.
 
  • Champs à fréquence intermédiaires (de 300 Hz à 10 MHz)
Les études épidémiologiques sur les champs à fréquence intermédiaire sont insuffisantes à ce jour pour aboutir à des conclusions définitives. Cette bande de fréquence concerne notamment les lampes fluocompactes, dont le niveau de champ électrique peut être important, mais inférieur aux seuils légaux.
Par contre, les plaques à induction, concernées par la même bande de fréquence, souffrent d’une absence de mesures fiables.
Enfin, les dispositifs de CPL sont considérés comme des réseaux câblés (énergie conduite et non rayonnée). Il n’y a donc pas de surveillance réglementaire du niveau de champ magnétique émis par ces dispositifs.
 
  • Champs haute fréquence (supérieure à 10 MHz)
Quelques études épidémiologiques semblent montrer un effet lié à l’émission issue des tours hertziennes sur le cycle de mélatonine et la qualité du sommeil ainsi que sur l’augmentation de E1G chez la femme ménopausée.
Parmi les différentes sources, le téléphone portable est la plus puissante et la plus proche du cerveau. Toutes les autres émissions « wireless » domestiques : Wi-Fi, Bluetooth, baby-phone, etc. sont nettement inférieures aux niveaux générés par les mobiles.
Certains téléphones portables ont un niveau d’émission proche de la valeur limite fixée par décret.
Un champ électromagnétique haute fréquence peut également provenir de « fuites » de vieux fours à micro-ondes. Les quelques données accessibles suggèrent une grande disparité dans les niveaux d’émissions.
Pour les champs électromagnétiques de quelque nature que ce soit, aucune étude ne montre de lien avec le développement de tumeurs à court et long terme.
 

Focus sur les lampes fluocompactes

L’Ademe a lancé des études spécifiques sur les « Mesures de l’exposition humaine des champs électromagnétiques émis par les lampes fluorescentes compactes » et sur « l’Estimation de l’impact sanitaire des principales sources de champ électromagnétique en environnement résidentiel ».
Ainsi, les champs électromagnétiques émis par 300 lampes fluocompactes du commerce ont été mesurés à 30 cm, distance d’utilisation normale.
Après analyse des résultats, et compte tenu des incertitudes associées, toutes les lampes testées sont conformes aux valeurs limites d’exposition de la réglementation.