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Réduire l’usage des véhicules les plus polluants

Mis à jour le 20/03/2015

Limiter l’usage des véhicules les plus polluants constitue la mesure la plus efficace pour réduire la contribution des transports à la pollution de l’air.

Low Emission Zone, un dispositif déjà testé avec succès

La création d’une Low Emission Zone (LEZ ou zone à faibles émissions de polluants dans l’air) est une action efficace pour agir dans le domaine de la qualité de l’air.
 
Le principe de la LEZ est de limiter l’accès des véhicules les plus polluants à une zone urbaine définie comme une zone à faibles émissions de polluants. Tout véhicule dont le moteur ne répond pas à certaines normes d’émission ou équipement (normes Euro et/ou présence d’un filtre à particules) est interdit d’accès à la LEZ.
 
L’objectif de la LEZ est de réduire la pollution de l’air pour en limiter ses effets sur la santé et l’environnement. La LEZ contribue au respect des valeurs limites de concentration de polluants dans l’air, définies par la réglementation européenne. Il s’agit principalement de limiter le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines de taille inférieure à 10 micromètre de diamètre (PM10), deux polluants notamment émis par le transport routier motorisé.

Une étude de l’ADEME fournit un état des lieux des LEZ en Europe : leurs caractéristiques (nombre, modalités de contrôle et d’identification des véhicules, etc.), leurs impacts sur la qualité de l’air, ainsi que les coûts de mise en œuvre et de fonctionnement.
Il ressort de cette étude que la qualité de l’air s’améliore dans 194 villes européennes possédant une LEZ (9 pays représentés) : les concentrations en dioxyde d’azote sont réduites de 1 à 10 % et la concentration moyenne annuelle de particules PM10 baisse jusqu’à 12 %, ce qui permet d’éviter 16 jours de dépassement de la valeur limite journalière.
 

Les péages urbains : utiles pour la gestion du trafic routier, intéressants pour leurs impacts sur la qualité de l’air

Avec le trafic routier qui augmente, les péages en ville se multiplient. Le principe : imposer à l’automobiliste le paiement d’une taxe pour accéder ou circuler dans certaines zones.
Les différents types de péages urbains (infrastructure, de cordon, de zone) installent en général une taxe pour tous les véhicules, sans critères distinctifs sur leurs émissions polluantes. Il faut donc distinguer ces installations des mesures de Low Emission Zones, où seuls les véhicules les plus polluants sont interdits de circuler.
Les péages urbains sont efficaces pour réguler la circulation, puisque la décongestion du trafic s’établit entre 15 % et 85 % pour les péages de cordon et de zone, avec des résultats plus variables pour les péages d’infrastructure.

Si la fluidification du trafic apparaît comme le premier objectif, les impacts environnementaux ont, jusqu’ici, été peu étudiés. L’ADEME a analysé les expériences d’une quinzaine de péages urbains (12 pays concernés), en s’intéressant notamment aux effets sur la qualité de l’air. Mais l’évaluation reste difficile, par manque d’indicateurs pertinents ou de moyens suffisants.

En général, les différents péages urbains (infrastructure, de cordon, de zone) imposent une taxe à tous les véhicules sans différencier leurs émissions polluantes. Il ne faut donc pas les confondre avec les mesures de Low Emission Zones, des zones à faibles émissions où seuls les véhicules les plus polluants sont interdits de circuler.
 

Circulation alternée : déjà testée en région parisienne

Cette mesure restrictive de circulation, qui présente un intérêt pédagogique certain, est globalement bien perçue.
 
L’étude de l’ADEME portant sur une évaluation globale du dispositif de circulation alternée, conduit par l’État, concerne la mesure rendue obligatoire en Île-de-France, et notamment celle mise en œuvre le 17 mars 2014.

L’objectif de cette étude est :
  • de mieux connaître les pratiques de mobilité mises en place ;
  • d’évaluer la perception de la mesure auprès des Franciliens, ainsi que la réalité vécue vis-à-vis du dispositif ;
  • d’identifier les axes d’optimisation attendus.
Globalement, les Franciliens comprennent et perçoivent de manière positive le dispositif de circulation alternée (80 % des sondés disent l’avoir respecté). Le dispositif apparaît justifié et peu contraignant pour 59 % des Franciliens (population qui, dans l’ensemble, se passe de la voiture pour ses déplacements quotidiens domicile-travail).
S’il n’est pas perçu comme le plus efficace pour limiter la pollution de l’air (les transports alternatifs sont davantage considérés dans cette optique), la valeur pédagogique de la circulation alternée est reconnue (70 % des sondés disent avoir été sensibilisés au problème de la pollution de l’air et sont incités à se renseigner sur les alternatives au véhicule individuel).

Ainsi, les résultats de l’étude soulignent l’intérêt des Franciliens pour des mesures d’accompagnement en faveur des transports alternatifs : la gratuité des transports en commun est plébiscitée ; les services de partage de vélos ou d’automobiles ou encore le covoiturage sont à développer. Les Franciliens préconisent aussi très majoritairement un accès restreint, voire une interdiction des véhicules les plus polluants en centre-ville.

 

Documents complémentaires


L’ADEME a analysé les expériences d’une quinzaine de péages urbains (12 pays concernés)