Entreprises et monde agricole

Des solutions pour maîtriser vos émissions de POP

Mis à jour le 13/12/2018

Les entreprises peuvent agir de différentes manières sur leurs émissions de polluants organiques persistants.

Une démarche structurée

La stratégie de réduction des émissions de POP dans une entreprise nécessite une démarche structurée, qui permet à la fois de caractériser et quantifier les différentes sources d’émission de polluants organiques persistants et de définir les différentes solutions d’amélioration possibles pour le site concerné. Il peut s’agir par exemple d’optimiser les conditions de fonctionnement des procédés industriels et/ou de mettre en œuvre une technique de traitement des effluents gazeux.

Tout au long de cette démarche, l’industriel peut se faire accompagner par différents organismes spécialisés (bureaux d’études, laboratoires agréés, centres techniques, etc.), disposant d’agréments pour le prélèvement de dioxines/furanes (EN 1948-1) et/ou pour leur analyse (EN 1948-2 et 3).
Ces agréments sont délivrés par le ministère en charge de l’environnement et la liste des organismes agréés publiée régulièrement au Journal officiel par voie d’arrêté ministériel. Dans le cas des PCB, une norme de mesure à l’émission existe depuis 2009 (EN 1948-4).

Une réduction des émissions à la source

Différentes solutions de réduction à la source existent, parmi lesquelles l’optimisation des conditions de fonctionnement des procédés. Celle-ci peut prendre plusieurs formes :

  • l’optimisation des conditions de combustion. Les émissions de dioxines/furanes étant tout d’abord dues à des combustions incomplètes, il convient de maintenir une combustion optimisée (température, temps de séjour, turbulence, taux d’oxygène). Ces actions sont particulièrement préconisées dans le secteur de l’incinération de déchets ;
  • le contrôle des matières entrant dans le processus. La génération de dioxines peut se produire à partir de carbone, de chlore et d’oxygène sous n’importe quelle forme chimique en présence de catalyseurs métalliques. Une diminution des quantités de matières organiques chlorées (huiles, lubrifiants, polymères, additifs) contribuera donc à diminuer les émissions de dioxines/furanes. Ces actions sont particulièrement préconisées dans le secteur du recyclage de déchets métalliques ;
  • l’ajout d’inhibiteurs (soufrés ou azotés) dans le procédé. Il peut permettre d'éviter la formation de dioxines/furanes, mais nécessite d’analyser attentivement le potentiel d’effet croisé sur les émissions de substances soufrées (SO2 par exemple) ou nitrées (NH3 par exemple) ;
  • l’utilisation éventuelle de post-combustion et l’utilisation d’un refroidissement rapide des gaz à moins de 250 ℃. Elle permet d’éviter la fenêtre de température favorable à la reformation de dioxines/furanes (250-400 ℃).

Compte tenu des mécanismes de formation très particuliers des dioxines/furanes, ces actions de réduction à la source sont essentielles mais pas toujours suffisantes pour limiter les impacts sur l’environnement. Il faut donc bien souvent prévoir un traitement complémentaire des effluents.

Le cas particulier des effluents

Les dioxines/furanes étant présents à l’état gazeux mais aussi à l'état particulaire (dans le cas de l'incinération, 80 % des dioxines en sortie de chaudière sont d’ailleurs sous cette forme), un dépoussiérage efficace, en particulier par des filtres à manches, aura un impact significatif sur les émissions de ces polluants. Pour ce qui concerne les dioxines sous forme gazeuse, deux techniques présentent d’excellents retours d’expérience :

  • le captage des dioxines/furanes par un adsorbant (charbon actif, coke de lignite, etc.) ;
  • la destruction des dioxines/furanes par oxydation catalytique (SCR, manches catalytiques,etc.).

La combinaison de plusieurs de ces techniques permet généralement d'atteindre des valeurs inférieures à 0,5 ng TEQ/Nm³, et dans le cas de l’incinération des déchets, sensiblement inférieures à 0,1 ng TEQ/Nm³.

Pour en savoir plus, consultez la fiche technique dédiée au Traitement par adsorption (PDF - 303 Ko).