Entreprises et monde agricole

Tout ce qu’il faut savoir sur le chauffage

Mis à jour le 12/03/2018

Le chauffage représente un coût, notamment dans un commerce. La température intérieure ne doit pas être prise à la légère.

Le confort thermique en boutique

Il convient d’être vigilant à la température à l’intérieur des commerces. Une consigne de 19 ℃ est en effet suffisante pour une atmosphère thermique confortable. Trop chauffer entraînerait une sensation désagréable pour le client, mais aussi une hausse de la consommation énergétique. Il faut savoir que la réduction de 1 ℃ dans une pièce engendre en moyenne une économie d’énergie de 7 %.

La part du poste chauffage représente environ 12 % de la facture énergétique d’un commerce. La majorité des pièces sont chauffées à l’électricité, par l’intermédiaire de climatisations dites réversibles. Il faut noter que pour certaines activités, il n’y a pas de moyen de chauffage. C’est le cas des blanchisseries et poissonneries, par exemple.

Toujours est-il qu’il est nécessaire d’évaluer le mode de production le plus adéquat, ainsi que le système d’émission (système centralisé avec boucle d’eau chaude ou système décentralisé, comme les radiateurs électriques) en tenant compte de la contrainte d’espace, très prégnante dans les commerces de proximité.
 
Retenez que les chaudières à condensation sont plus performantes que les chaudières classiques. Avec un rendement sur PCI élevé (jusqu’à 108 %), elles présentent un gain énergétique d’environ 25 % par rapport à une chaudière ancienne. Et si la chaudière n’est pas remplacée, il est possible d’installer un récupérateur de chaleur/condenseur en sortie de chaudière de sorte à économiser environ 15 % sur la facture énergétique.

Le chauffage par pompe à chaleur a lui aussi sa place dans le secteur des commerces de proximité. Ce système présente un Coefficient de performance (COP) de l’ordre de 3 en puisant l’énergie du milieu extérieur (air ou sol) afin de chauffer l’intérieur. Pour 1 kWh d’électricité consommé, 3 kWh de chauffage sont disponibles pour le bâtiment. Ces systèmes étant pour la plupart réversibles, ils peuvent aussi servir à la climatisation.

Le réseau urbain est une autre solution d’alimentation en énergie pour les commerces de proximité. L’utilisation de matières renouvelables permet de réduire l’impact environnemental, ainsi que les frais de fonctionnement de ce poste.
 

Que dit la réglementation sur le chauffage des commerces ?

La réglementation RT 2012, concernant les nouveaux bâtiments, impose l’utilisation de matériaux performants afin de limiter les déperditions et, par conséquent, les besoins en chauffage. Le recours aux énergies renouvelables pour le chauffage est aussi encouragé par cette réglementation.

Le code de la construction et de l’habitation (articles R131-19 à R131-24) fixe les températures à respecter. Dans les locaux recevant du public, la température moyenne doit ainsi être de 19 ℃.

Lors du choix des systèmes de production et/ou d’émission, des labels permettent par ailleurs d’identifier rapidement les produits les plus avantageux en termes de consommation. Le label Flamme Verte, par exemple, certifie les systèmes à base de biomasse. De même, la marque NFPAC rend compte de la qualité de la pompe à chaleur choisie vis-à-vis des réglementations françaises et européennes.
 
L’arrêté du 23 juin 1978 fixe, lui, les règles concernant le chauffage de bâtiments recevant du public.
 

Ce qu’il faut savoir pour réussir à optimiser son chauffage

Le poste chauffage d’un commerce peut être optimisé, en premier lieu, par l’amélioration des caractéristiques thermiques du local (neuf ou en rénovation). Un audit énergétique permettra de déterminer quelles améliorations doivent être mises en place au niveau du bâtiment. Deux aspects sont à étudier :
 
  • l’isolation des parois (murs, plafonds et planchers). On distingue d’ailleurs deux types d’isolation : par l’intérieur ou par l’extérieur. Chaque solution a évidemment ses propres avantages, mais il faut quand même noter que l’isolation par l’intérieur est préconisée dans le cas de rénovation, l’isolation par l’extérieur entraînant trop de contraintes sur la façade ;
  • le type de vitrage, les doubles ou triples vitrages étant préconisés pour une réduction des déperditions.
C’est dans un deuxième temps qu’il faudra étudier les systèmes de production de chaleur : chaudière à condensation, pompe à chaleur (aérothermique ou géothermique), biomasse, solaire thermique, ou encore raccordement à un réseau de chaleur.

Quoi qu’il en soit, voici les pistes incontournables pour la réussite d’un tel projet :
 
  • diminuer les besoins en chauffage par une amélioration thermique du bâtiment ;
  • impliquer le personnel sur l’utilisation rationnelle du chauffage ;
  • mettre en place des systèmes performants et un entretien fréquent ;
  • réguler les systèmes de production et d’émission.
Remarquons que l’optimisation du poste chauffage intègre des mesures à coût zéro (comme la sensibilisation) et des démarches plus onéreuses (isolation, système de chauffage optimisé). Dans l’ensemble, il est préférable de considérer le coût du système sur l’ensemble de sa durée de vie : exploitation, entretien, maintenance et consommation énergétique.