Des dossiers pour comprendre

Qui consomme le plus d’énergie en France ?

Updated 07/04/2018

La demande d’énergie a beaucoup augmenté depuis les années 1970. La cause ? Notre mode de vie, avec l’augmentation des déplacements, l’équipement (et suréquipement) de nos logements, l’accroissement des échanges mondialisés, etc.
 

Alors que l’on a observé un fléchissement de 0,9 % par an entre 2008 et 2014, la consommation d’énergie a été quasiment stable en 2015.

Consommation finale d’énergie par secteur en 2015 en France
Source : Bilan de l’énergie 2015, ministère de l’Environnement
Résidentiel et tertiaire 44,9 %
Transports 33,1 %
Industrie 19 %
Agriculture 3 %
 

La demande d’énergie est fluctuante

Elle varie selon les saisons : la demande de chauffage est évidemment beaucoup plus importante en hiver qu’en été et impacte donc de façon significative les consommations de gaz et d’électricité. La France est en effet caractérisée par une forte proportion de chauffage électrique. La demande d’électricité est donc beaucoup plus importante en hiver, surtout lors de vagues de froid avec des pics en début de soirée.
Pour faire face aux variations de la demande d’électricité ou des installations de production, il faut mettre en route des centrales hydrauliques mais aussi thermiques à flamme, fortement émettrices de CO2.
Elles complètent la production nucléaire, qui ne peut être accrue dans certains types de situation : d’une part, si la production maximale du nucléaire est atteinte (pointes majeures en hiver), d’autre part si la demande augmente de façon imprévue.
 
Un exemple : le dernier pic record de consommation électrique le 8 février 2012
Ce jour-là, 101 700 MW ont été demandés en France. Avec le froid rigoureux qui a sévi sur toute la France pendant plusieurs jours, la consommation d’électricité française a connu des pointes élevées le soir à 19 h, notamment les 7 et 8 février 2012.
Pendant ces pics, l’électricité a été produite pour 60 % à 69 % par les centrales nucléaires, 10 à 13 % par les centrales hydrauliques et 13 % par les centrales au fioul, charbon, gaz et moyens de pointe. La France a même dû importer de l’électricité de façon significative ce 8 février, électricité qui est bien plus carbonée (produite à partir de la combustion d’énergies fossiles) que celle produite en France. Cette hausse des consommations par grand froid est principalement liée au nombre important de logements chauffés à l’électricité (30 % des logements en France).
 
La demande d’énergie varie aussi selon le niveau de l’activité économique et du prix de l’énergie.

1/3 de l’énergie est consommée par les transports

Pour réduire la consommation d’énergie des transports, plusieurs pistes doivent être encouragées : transport des marchandises réorienté sur le transport fluvial, ferroviaire ou maritime (cabotage en particulier), prise en compte dans l’élaboration des documents d’urbanisme des enjeux liés au transport (développement des transports en commun, lutte contre l’étalement urbain, etc.), multiplication des plans de déplacement urbains…
 
Pour diminuer la dépendance aux véhicules personnels, de nouvelles offres de mobilité, flottes de véhicules en partage ou transports collectifs plus étendus et plus rapides se développent.
De nouveaux types de véhicules urbains, peu consommateurs et peu polluants, construits avec des matériaux recyclables, de petite taille, sont déjà disponibles.

45 % de l’énergie consommée par les bâtiments

 
Répartition de la consommation d’énergie dans les résidences principales
Source : CEREN, Les chiffres du bâtiment, 2014, ADEME
Chauffage 67 %
Appareils électriques 16 %
Eau chaude sanitaire 10 %
Cuisson 6 %


Concevoir des bâtiments économes, utiliser des équipements performants et davantage les énergies renouvelables, limiter l’emploi de la climatisation, éviter de suréquiper les logements en appareils électriques et électroniques : le potentiel d’économies est important.
La rénovation des bâtiments est un enjeu essentiel en France (le parc de bâtiments mettant en moyenne environ 100 ans pour se renouveler complètement), car la construction de nouveaux bâtiments très performants ne permettra pas seule de réduire les besoins d’énergie du secteur. Améliorer l’isolation des bâtiments permet de réduire les besoins de chauffage et améliorer le confort des habitants. Des aides publiques accompagnent les particuliers qui entreprennent des travaux de rénovation de leurs logements.
 
Pour en savoir plus, consultez les rubriques « Mon habitation » et « Financer mon projet »
 

Dans l’industrie, économies d’énergie et compétitivité font bon ménage

L’industrie consomme 19 % de l’énergie en France.
Les industries très consommatrices d’énergie (aluminium, ciment, papier et cartons, verre, etc.) sont intéressées par l’amélioration de leur efficacité énergétique.
Elles sont également incitées par les Pouvoirs publics à le faire pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, par exemple par la mise en place de quotas d’émissions de CO2 échangeables ou l’obligation de réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises de plus de 500 salariés.
 
Pour bien comprendre le marché de quotas d’émissions de CO2, visionnez cette courte vidéo :
 

 
De façon générale, les entreprises ont, depuis une vingtaine d’années, diminué leur consommation énergétique pour améliorer leur compétitivité et continuent dans cette voie.

 

L’agriculture : de multiples voies d’amélioration

Le potentiel d’économies d’énergie et de production par des sources renouvelables y est élevé. De nouvelles pratiques agricoles permettent de moins consommer d’énergie et de limiter le recours aux engrais, dont la production est très consommatrice d’énergies fossiles.