L'ADEME

La forêt et le bois, un enjeu majeur pour atténuer le changement climatique

Mis à jour le 07/10/2019

Plusieurs programmes de recherche de l’ADEME ont contribué à développer des connaissances sur l’impact climatique des stratégies de gestion forestière et du développement des usages du bois en substitution aux ressources fossiles.

La forêt française est la quatrième plus grande forêt d’Europe et la troisième en volume de bois derrière l’Allemagne et la Suède. Si les forêts sont identifiées comme des sources majeures de solutions aux défis environnementaux, elles sont également soumises aux changements globaux. Produisant à la fois de la biomasse et des services environnementaux marchands et non marchands, elles contribuent ainsi au développement durable de nos territoires.

Dans le cadre de la transition énergétique, le développement des filières de valorisation du bois doit contribuer fortement à la substitution des ressources fossiles par des ressources renouvelables. Face à cette double perspective de garantir la multifonctionnalité de la forêt dans un contexte de changement climatique et d’augmenter l’usage du bois, les conditions de durabilité de la récolte sont conditionnées à la prise en compte des enjeux environnementaux comme la séquestration de carbone, la protection de la biodiversité ou la préservation des ressources en eau, des sols ou encore de la qualité de l’air.

Pour éclairer les politiques publiques et accompagner les acteurs, l’ADEME a accru son soutien à la recherche et à l’innovation sur ces thématiques. Développé par l'agence entre 2011 et 2016, l'appel à projets de recherche (APR) REACCTIF (recherche sur l'atténuation du changement climatique par l’agriculture et la forêt) a permis l’accompagnement de travaux visant à développer les outils d’évaluation de la ressource disponible et le bilan gaz à effet de serre (GES) des stratégies de mobilisation du bois. Ce bilan GES intègre les effets sur la séquestration de carbone, sur les émissions fossiles évitées par le développement des usages du bois (cf. encadré ci-contre) et sur les impacts de pratiques de récolte sur la qualité des sols forestiers (cf. encadré « Préserver la qualité des sols forestiers »).

Initié en 2017, l'APR GRAINE « Gérer, produire et valoriser les biomasses : pour une bioéconomie au service de la transition écologique et énergétique » poursuit ces travaux. Il met en avant le développement d’outils et de connaissances à l’échelle des territoires, et élargit aux impacts sur les autres services environnementaux fournis par les forêts – notamment la préservation de la biodiversité.

La question de l’articulation des stratégies d’atténuation et d’adaptation y devient également centrale avec l’amplification des effets du changement climatique. L’analyse des leviers de politiques publiques (incitations, réglementation, mode de gouvernance, etc.) favorisant la mobilisation des différentes parties prenantes (propriétaires forestiers, entreprises, collectivités, associations environnementales et citoyennes…) autour de l’élaboration des stratégies de gestion durable des forêts privées et de l’optimisation de l’utilisation du bois est également une nouvelle priorité. Elles ont déjà pu faire l’objet d’un accompagnement dans le cadre de l’appel à projets TEES (transition écologique économique et sociale). Les innovations, en particulier technologiques (machinisme pour l’exploitation forestière, modernisation des scieries ou valorisation du bois en construction, par exemple), sont quant à elles accompagnées dans le cadre du programme des investissements d’avenir.

Ces projets nationaux de RDI (recherche, développement et innovation) sont complétés par la participation à des programmes ERANET (WOOD WISDOM, SUMFOREST, FOREST VALUE) afin de favoriser les partenariats au niveau européen et d’alimenter les stratégies européennes concernant la bioéconomie issue de la filière forêt-bois. Ayant pour objectif de contribuer à la transition d’une économie dépendante de matières premières fossiles non renouvelables vers une bioéconomie durable, compétitive et efficace, l’ERANET FOREST VALUE intègre l’amont – la gestion durable et innovante des forêts multifonctionnelles – et l’aval de la filière bois – les productions industrielles et les technologies de transformation innovantes et les produits et les services permettant le développement de nouveaux marchés sur des segments sous-valorisés de la chaîne de production et de transformation du secteur forestier.

L’appel GRAINE sera relancé en octobre 2019. Ses objectifs, pour la gestion forestière, concernent notamment l'évaluation du rôle des scénarios de mobilisation et d’utilisation accrue de bois dans la lutte contre le changement climatique, en tenant notamment compte des évolutions futures du climat et en les déclinant aux échelles régionales. L’impact de pratiques telles que la mise en exploitation de forêts actuellement non gérées, la gestion en peuplements irréguliers et mixtes ou l’implantation de taillis à courtes rotations sur friches agricoles mérite d'être étudié en intégrant les effets sur le carbone du sol, mais aussi sur d’autres services rendus par la forêt (comme la protection de la biodiversité). Par ailleurs, l’amélioration de la prise en compte de l’amont forestier, notamment les impacts sur la séquestration de carbone, dans les analyses de cycle de vie des filières bois reste une priorité de l’appel.

Contacts
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alba.departe@ademe.fr
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