L'ADEME

La qualité de l’air intérieur : un enjeu de santé

Mis à jour le 13/06/2019

Les recherches soutenues par l’ADEME sur la qualité de l’air intérieur visent à mieux en connaître les déterminants pour pouvoir agir.

Pour l’ADEME, la priorité dans les milieux intérieurs doit d’abord être de limiter les sources de pollution, puis d’évacuer les polluants en favorisant le renouvellement de l’air. Les solutions de traitement de l’air représentent une alternative de dernier recours et doivent s’inscrire dans une démarche globale de gestion de la qualité de l’air intérieur. Les projets de recherche soutenus par l’ADEME entre 2013 et 2017 ont permis de progresser sur ces divers aspects.
 

Limiter et évacuer les polluants

Dans le contexte actuel où la recherche de l’efficacité énergétique des bâtiments conduit à une nette amélioration de l’isolation thermique et à l’étanchéité à l’air des enveloppes, le parfait fonctionnement des systèmes de ventilation est indispensable pour garantir une bonne qualité de l’air intérieur et préserver le bâti. Or, de nombreux retours de terrain montrent que les processus « qualité » sont encore très souvent négligés dans la conception et la réalisation des installations de ventilation. Pourtant, la ventilation pèse considérablement sur la performance énergétique des bâtiments et constitue un élément essentiel pour garantir un air intérieur de qualité. Le projet Promevent, financé dans le cadre de l’APR 2014 du programme « Vers des bâtiments responsables à horizon 2020 », a permis d’élaborer un protocole de mesure plus fiable des systèmes de ventilation résidentiels. Ce protocole est désormais la référence au niveau européen. Ces travaux étant les plus aboutis à l’échelle de l’Europe, la norme 14 134 « Inspection et mesures des performances en résidentiels » actuellement en révision reprendra les grandes lignes de ce protocole. Il commence par ailleurs à être utilisé au niveau de certains labels. Un projet similaire est en cours pour les bâtiments tertiaires (Promevent 2). Lorsque des pollutions résiduelles subsistent après traitement des sols pollués, celles-ci peuvent affecter la qualité de l’air intérieur de nouvelles constructions. Le projet EVALSDS (APR CORTEA 2014) a évalué la performance des systèmes de dépressurisation passifs (sans moteur) pour réduire l’entrée des polluants gazeux du sol dans les bâtiments. La synthèse des résultats a fait l’objet d’un guide pratique à destination des professionnels du bâtiment souhaitant recourir à cette technique constructive innovante de protection des bâtiments neufs. En parallèle de cette recherche, le projet Baticov (APR Gesipol 2014) a étudié les freins et leviers associés à une mise en place efficace des mesures constructives permettant de limiter les impacts de la pollution résiduelle des sols sur la QAI. Différents outils, dont des fiches décrivant les principes, enjeux et points d’attention, ont été développés pour sensibiliser et améliorer les pratiques des acteurs impliqués de la programmation jusqu’à la gestion d’un bâtiment. S’il est nécessaire de disposer d’un système de ventilation efficace, les comportements dans le bâtiment ont eux aussi un rôle essentiel, en particulier concernant l’usage de certains produits de consommation courante. Le projet EBENE (CORTEA 2014) a permis de développer des méthodes adaptées de caractérisation des émissions de composés organiques volatils (COV) et de particules fines liées à la combustion des bougies et des encens, ainsi qu’une évaluation des risques sanitaires. Le projet PEPS (CORTEA 2015) a conduit à la mise au point d’un protocole simple, adapté et reproductible de caractérisation des émissions de COV par les produits d’entretien. D’autres travaux sont en cours (CORTEA 2017) sur les désodorisants non combustibles (projet PRESSENS) et sur les huiles essentielles (projet ESSENTIEL). Tous ces projets de recherche fourniront des éléments de réflexion en cas de mise en place d’une réglementation sur les émissions de ces produits.

L’air intérieur dans certains ERP

Le projet QAIHOSP (PNR Prest 2013) a fourni des données qualitatives et quantitatives sur l’exposition du personnel et des patients aux substances chimiques et aux agents microbiens dans l’air intérieur de différents hôpitaux. Cette étude est une première approche intégrée pour évaluer la contamination chimique et microbiologique de l’air en mesurant simultanément une vaste gamme de composés. Elle a débouché sur une méthodologie simple transposable à d’autres établissements. Le projet Crespinet (PNR Prest 2017) étudie l’impact des expositions des produits de nettoyage et de désinfection sur la santé respiratoire des nourrissons et très jeunes enfants (moins de trois ans) au cours d’une exposition en crèche. Les résultats attendus permettront de caractériser l’exposition à ces produits, d’améliorer la caractérisation de la santé respiratoire de très jeunes enfants, et de déterminer l’impact d’une exposition précoce aux produits de nettoyage et de désinfection, tant à domicile qu’en crèche.

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Les épurateurs d’air par photocatalyse 

Les projets Etape et SafePhotocat (CORTEA) ont étudié la performance et l’innocuité de systèmes photocatalytiques autonomes d’épuration de l’air à usage domestique. En conditions optimales d’utilisation, l’efficacité n’a pu être constatée que dans quelques cas seulement, pour épurer une pollution spécifique (selon les types de COV) et avec une innocuité concernant la production de sous-produits gazeux ou particulaires. Le projet ETAPE conduit à avoir un regard critique sur les conditions de tests proposées dans les textes normatifs sur la photocatalyse pour les épurateurs d’air autonomes, et sur la nature des ambiances en air intérieur. Le projet SafePhotocat a quant à lui étudié des matériaux photocatalytiques (peintures, carrelages et matériaux innovants), démontrant un abattement de COV faible à nul pour les produits testés. Cependant, le caractère novateur de ces deux études porte principalement sur la réalisation en conditions réalistes, c’est-à-dire en enceinte de grand volume (40 min 3 s), des tests de performance épuratoire et d’innocuité.  Une autre recherche, CUBAIR (« Vers des bâtiments responsables à l’horizon 2020 »), a étudié un système de dépollution par photocatalyse (prototype d’un système Chauffage, ventilation, climatisation) intégré dans un bâtiment existant d’activités du tertiaire. Ce prototype, combinant différentes techniques d’épuration de l’air (adsorption, filtration, photocatalyse), a montré une efficacité de traitement fortement variable selon le polluant considéré (notamment NOx et PM) et selon les techniques testées, des mécanismes physico-chimiques différents pouvant conduire à la formation de composés secondaires. Le caractère innovant du projet CUBAIR porte sur l’aspect multitechnologique du prototype, l’expérimentation en conditions réelles en milieu intérieur, et sur le fait que la « qualité de l’air » soit étudiée en lien avec la gestion de l’énergie, deux enjeux majeurs pour de tels systèmes.
 

Contacts

 
souad.bouallala@ademe.fr
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laurence.galsomies@ademe.fr