L'ADEME

Des programmes pour soutenir les recherches sur la qualité de l’air intérieur

Mis à jour le 13/06/2019

Depuis la création de l’ADEME, la préservation de la qualité de l’air fait partie de ses missions. Plusieurs programmes de recherche concourent à développer les connaissances dans ce domaine.

La présence dans les environnements intérieurs de nombreuses substances et agents chimiques, biologiques et physiques, ainsi que le temps passé dans des espaces clos font de la Qualité de l’air intérieur (QAI) une préoccupation légitime de santé publique. La préservation de la QAI est une des missions de l’ADEME depuis sa création. Le sujet est d'autant plus important qu'il existe un lien direct entre la dimension sanitaire liée à la qualité de l'air intérieur et les orientations et actions de l'ADEME en matière de maîtrise de l’énergie (bâtiments plus étanches à l'air, nouveaux types de matériaux et leur mise en œuvre, etc.).
 

L’observatoire de la qualité de l'air

Certaines sources de pollution sont spécifiques à l’air intérieur, comme les produits d’entretien et de bricolage, les désodorisants, le mobilier, les matériaux de construction, les moyens de chauffage, etc. Pour pallier le manque de connaissances relatives aux sources et aux niveaux de contamination, l’ADEME a participé en 2001 à la création de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI). Cet observatoire est placé sous la tutelle des ministères en charge de la Construction, du Logement, de l'Écologie et de la Santé et l’opérateur en est le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). L’OQAI produit et rassemble des connaissances sur les polluants présents dans les atmosphères intérieures dans le but de fournir aux gestionnaires de risques les éléments directement utiles à l’élaboration de politiques publiques permettant de prévenir ou limiter les risques liés à la pollution de l’air dans les espaces clos. Grâce à des aides notamment apportées par l’ADEME, différents lieux de vie ont déjà été investigués : logements, écoles, bureaux et bâtiments performants en énergie. Une deuxième campagne sur le logement et une autre sur les établissements de santé et médico-sociaux sont en préparation.
 

Les programmes de recherche spécifiques

Pour développer et améliorer les connaissances dans le domaine de la QAI, l’ADEME pilote des programmes de recherche dont trois spécifiquement dédiés à la qualité de l’air. Le plus ancien, PRIMEQUAL, mis en œuvre depuis 1995 par le ministère chargé de l’Environnement et l’ADEME, vise à fournir les connaissances et les outils nécessaires aux décideurs et aux gestionnaires de l’environnement pour surveiller et améliorer la qualité de l’air afin de minimiser les risques pour la santé et l’environnement. Deux éditions de cet appel à projets de recherche (APR) ont spécifiquement abordé l’air intérieur : 17 projets ont été soutenus dans ce cadre en 2009 et 2012 pour un montant d’aides total de 2,5 millions d’euros. L’ADEME pilote également le programme CORTEA (Connaissances, réduction à la source et traitement des émissions dans l’air) dont l’objectif est d’améliorer la connaissance des émissions de polluants/précurseurs et leurs évolutions dans le champ proche, ainsi que de développer/évaluer des solutions de réduction (prévention, substitution) des émissions et de traitement de la qualité de l’air. Le programme est multisectoriel. Depuis 2011, 123 projets ont été financés, dont 20 sur la QAI (pour un montant d’aide de 3,15 millions d’euros). Ces projets concernent l’ensemble des déterminants de l’air intérieur et abordent les différents lieux de vie (logements, transports en commun, habitacle des véhicules, etc.). Suite aux résultats de ces études sur la photocatalyse (technique consistant à détruire des composés gazeux), l’ADEME a publié une fiche technique pour faire un point des connaissances sur l'efficacité et l'innocuité de ces techniques de traitement de l'air. Le chauffage domestique au bois a quant à lui été investigué sous l'angle du contrôle des émissions dans l’air extérieur, mais aussi à l’intérieur des logements. L’ADEME soutient enfin des travaux de recherche qui viennent directement en aide aux collectivités territoriales pour surmonter leurs difficultés, encourager leur volonté d'agir et les accompagner dans la mise en œuvre et l’évaluation d’actions ou d'expérimentations qui concourent à l’amélioration de la qualité de l’air, notamment intérieur. C’est l’objectif d’AACT-AIR « Aide à l’action des collectivités territoriales en faveur de l’air » avec 11 projets financés depuis 2013 sur la qualité de l’air intérieur, dont trois projets de recherche pour un montant de 270 000 euros. À noter que l'ADEME travaille à un programme unifié sur les enjeux de recherche liés à l'air à l'horizon 2020.
 

Les autre appels à projets de recherche

D’autres programmes gérés par l’ADEME peuvent concerner la QAI, car l’air est un sujet transversal qui touche de nombreux domaines. Ainsi, les transferts de polluants volatils du sol vers l’air intérieur ont été étudiés récemment dans le programme Gesipol sur la gestion intégrée des sites pollués, et les protocoles de mesure des systèmes de ventilation ont été améliorés grâce au programme « Vers des bâtiments responsables à horizon 2020 » (cf. article suivant). Le programme Thèses de l’ADEME a quant à lui contribué aux avancées des recherche avec près d’une trentaine de thèses sur le sujet « Air » depuis 2000, que ce soit sur les effets des polluants de l’air intérieur sur des épithéliums bronchiques ou le développement d’une méthode de caractérisation des émissions de composés organiques semi-volatils par les produits de construction et de consommation courante. Enfin, l’ADEME participe également au Programme national santé environnement travail (PNR Prest), géré par l’Anses. Sur vingt projets ainsi financés depuis 2009, sept portaient sur la QAI avec une aide de près d'un million d' euros.
 


Contacts


helene.desqueyroux@ademe.fr
nathalie.poisson@ademe.fr