L'ADEME

Le chauffage au bois, un enjeu dans la transition énergétique et écologique

Mis à jour le 21/09/2018

De recherches portant initialement sur l’énergie, les projets ont peu à peu évolué pour mieux prendre en compte la qualité de l’air.

Les recherches sur le chauffage domestique au bois ont été soutenues dès 2005 par l’ADEME à travers l’appel à projets « Recherche et Développement, Innovation : chauffage domestique au bois ». Les projets portaient alors essentiellement sur l’énergie (chaudières à condensation, foyers à grande vision). Les enjeux ont peu à peu évolué pour mieux prendre en compte la qualité de l’air, et l’accompagnement de ces thématiques de recherche par l’ADEME s’est donc prolongé avec l’appel à projet « Bioressources, industries et performances » (BIP) à partir de 2008.

La biomasse solide : un enjeu stratégique de la transition énergétique

La biomasse représente la part la plus importante de l’objectif de chaleur renouvelable de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2016-2023 (80 % en 2018 et autour de 75 % en 2023) à raison de 13 Mtep de production d’énergie en 2023. Pour atteindre cet objectif, le parc des appareils de chauffage domestique se doit d’être optimisé afin que la consommation nationale en bois (bûches et granulés) reste constante à environ 7 Mtep avec un nombre d’utilisateurs plus important, grâce à un meilleur rendement énergétique des appareils. Les objectifs de la PPE visent également un fort développement de la production de chaleur biomasse sur les secteurs collectif et industriel.

La biomasse est une énergie économiquement compétitive pour les particuliers. Pour un logement, le bois bûche est presque deux fois moins cher que le gaz naturel et le fioul. Par ailleurs, en termes d’emplois1, en 2015, la filière des appareils domestiques de chauffage au bois représentait 15 560 ETP, ce qui correspond à plus de 19 % des emplois EnR, et les effectifs de la filière bois collectif ont poursuivi leur croissance pour atteindre 6 640 ETP en 2015 (soit 8,2 % des emplois EnR). Ces emplois sont en outre peu délocalisables.

Prix complet des énergies (en € TTC pour 100 kWh) Extrait du tableau de bord de la précarité énergétique, 3e édition 2017

Réduire les impacts du chauffage au bois

Les émissions de polluants liées au bois énergie représentent 28 % des émissions nationales de PM10 et 44 % des émissions nationales de PM2,5 (chiffres CITEPA pour 2015). Ces chiffres d’émissions nationaux, qui ne tiennent compte ni des disparités locales liées, ni des polluants secondaires, sont des chiffres annuels, ne tenant pas compte des variations d’émissions estival-hivernal. Localement, et à certains moments de l’année, le chauffage au bois peut contribuer de façon majoritaire aux concentrations de particules fines.

L’impact du chauffage au bois sur la qualité de l’air est essentiellement lié au résidentiel individuel (96 % pour les PM10 et les PM2,5). L’enjeu concernant la réduction des émissions de polluants du chauffage biomasse est donc essentiellement lié au secteur domestique. Dans ce secteur, les appareils non performants (foyers ouverts et foyers fermés antérieurs à 2002), qui représentent 50 % du parc national, contribuent à 80 % des émissions de particules fines. Face à l’enjeu important que représente le développement de la biomasse dans l’atteinte des objectifs de la France en matière d’énergies renouvelables, il est indispensable de veiller à limiter l’impact du chauffage domestique au bois sur la qualité de l’air.

Les nombreuses connaissances accumulées ces dix dernières années grâce aux travaux de recherche des programmes CORTEA et PRIMEQUAL ont permis de mieux qualifier le lien entre le chauffage au bois et la pollution de l’air et de mettre en œuvre des actions adaptées aux enjeux. Un exemple : l’appel à projets Fonds Air-Bois de l’ADEME vise à accompagner les collectivités, dans les territoires les plus pollués, dans la mise en place d’une aide au remplacement des appareils non performants par des appareils labélisés Flamme verte 7*, ainsi qu’à la mise en œuvre de bonnes pratiques (installations, entretien, utilisation).

D’après les résultats des nombreux projets de recherche financés par l’ADEME, il est nécessaire de continuer à optimiser les performances des appareils à allure réduite et la qualité des combustibles, ainsi qu’à améliorer les connaissances sur les émissions et la sensibilisation des utilisateurs aux bonnes pratiques.

Contact
Nathalie POISSON
Isabelle AUGEVENBOUR
Florence PROHARAM


(1) Marchés et emploi de l'efficacité énergétique et des EnR