Recherche et innovation

PIEGEACHLOR - Piégeage des composés halogénés lipophiles organiques rémanents

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Janvier 1
Date de fin : Janvier 4
Appel à projets de recherche : Gesipol - Gestion intégrée des sites et sols pollués : aide à la recherche et au développement
Année de l’appel à projets : 2021
Programme de la stratégie de Recherche : Gestion durable des sols, sites pollués et stockage du CO2
Organisme coordinateur : Université de Lorraine - URAFPA
Partenaires : INRA- Eco-sys
Partenaires : Université de Lorraine - LAE - LAE
Partenaires : IRD - IMBE
Partenaires : CARBO FRANCE
Partenaires : INRA - LAS
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Départements-Et-Régions-D'outre-Mer / Martinique / Lamentin
Grand-Est / Meurthe-Et-Moselle / VANDOEUVRE-LES-NANCY
Grand-Est / Meuse / Montiers-sur-Saulx
Hauts-De-France / Pas-De-Calais / Arras
Île-De-France / Yvelines / Thiverval-Grignon

L'objectif du projet PIEGEACHLOR est d'acquérir des connaissances sur la capacité d'une gamme de MO (matière organique) condensées à séquestrer les POP (polluants organiques persistants) présents dans les sols, ceci afin de pouvoir établir des scénarios de gestion de sols pollués notamment grâce à des approches de type risque résiduel.

Pour pouvoir répondre à cette question, le projet s'intéresse à une gamme de MO condensée (du compost au Charbon Actif en passant par les biochars), une gamme de compartiments biotiques qui sont des cibles potentielles des effets néfastes (microorganismes, oligochètes du sol i.e., vers de terre et enchytréides, végétaux et poules) et à une gamme de POP aux propriétés physicochimiques contrastées. En effet, les acteurs du projet souhaitent garantir une certaine généricité de leurs résultats, ce qui passe par l'analyse du comportement d'un trio (polluant, cible, MO exogène).

La combinaison proposée permet d'étudier des cas de figure contrastés et donc de proposer des interprétations qui dépassent les simples observations, sous forme de loi de réponse. Le choix des différentes cibles biologiques comme celui des polluants sont argumentés, sur la base des interactions fines avec la MO, de leur pertinence et de leur représentativité.

La contamination des sols par des polluants organiques persistants (POP) peut générer des effets néfastes tant pour l’écosystème que pour l’Homme. S’agissant de molécules hautement rémanentes, le risque engendré est durable. La gestion s’avère dès lors indispensable et deux scénarios sont à distinguer. 1/ Les sites qui sont très pollués d’une surface assez faible, compatibles avec des actions de remédiation intensives ou des changements d'usage. 2/ Les sols pollués largement disséminés, couvrant des surfaces importantes et support d'usage établi. Pour cette deuxième catégorie, le postulat du projet est qu'une stratégie de séquestration in situ serait la plus efficiente pour la restauration de ces sols dégradés.

Cette stratégie s'appuie sur le fait que ces polluants hydrophobes ont une forte affinité pour la Matière Organique (MO) du sol, au sein de laquelle ils se réfugient. Cet élément explique leur accumulation dans les horizons de surface tout en conservant une certaine biodisponibilité. Les POP peuvent donc avoir des effets néfastes, notamment sur le biote qui interagit avec la MO du sol ou par des transferts trophiques qui peuvent toucher des cibles plus distantes comme l'Homme notamment par la voie alimentaire. L'hypothèse scientifique du projet est que l'utilisation d'une MO exogène plus condensée que la MO endogène permettrait d'établir un piégeage moins réversible de ces POP et donc de réduire leur biodisponibilité et leurs potentiels effets néfastes.

Pour analyser ces interactions le projet s'articule en 3 étapes majeures. La première est basée sur la caractérisation de MO variées. La deuxième étape établira, à partir d'une sélection de ces MO, leur capacité à piéger le polluant (isothermes de sorption-désorption) vis à vis de cibles biologiques en utilisant des sols artificiels. Elle sera complétée par une extraction à l’aide d’un chélatant. La dernière étape est identique à la deuxième mais sera réalisée sur un nombre plus réduit de polluants et en utilisant un sol naturellement contaminé. La méthode utilisée est basée sur la réduction de la biodisponibilité, évaluée soit sur la base de concentrations dans le tissu cible, soit sur la base des effets.

Les résultats attendus sont une hiérarchisation de l'efficacité des MO condensées en fonction du POP. Cela inclut une estimation quantifiée de la réduction de la biodisponibilité obtenue. La spécification précise du matériau utilisé couplée à l'efficacité précédemment citée permettra d'établir un coût de gestion en fonction des objectifs à atteindre. L'entreprise CARBO FRANCE, partie prenante du projet, fabricante de charbon de bois, permettra d’envisager une application industrielle directe aux connaissances acquises.

 

 

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