Recherche et innovation

ODESSA - Etude d'une nouvelle méthodologie d'évaluation des risques par exposition aux sols pollués

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Décembre 2015
Date de fin : Décembre 2018
Appel à projets de recherche : Gesipol - Gestion intégrée des sites et sols pollués : aide à la recherche et au développement
Année de l’appel à projets : 2015
Programme de la stratégie de Recherche : Captage et valorisation du CO2
Programme de la stratégie de Recherche : Gestion durable des sols, sites pollués et stockage du CO2
Organisme coordinateur : Groupe ISA
Partenaires : EHESP

Le projet ODESSA vise à améliorer l’évaluation du risque encouru par les populations exposées aux sols pollués en proposant une méthode alternative au test UBM qui serait rapide, moins coûteuse, fiable, représentative de la bioaccessibilité gastro-intestinale des polluants métalliques et applicable dans différents contextes environnementaux, c’est-à-dire quelles que soient les caractéristiques physico-chimiques du sol, son degré de contamination et l’origine de sa pollution.

Le projet repose sur la mise au point de la méthode ainsi que la réalisation des conditions de son utilisation en routine. Les résultats obtenus permettraient une évaluation plus pertinente des niveaux d’exposition aux polluants métalliques. Cela permettrait d’engager des actions plus appropriées sur le plan de la gestion des sites pollués, en adéquation avec le risque ainsi estimé. La démarche proposée a aussi pour objectif de promouvoir les outils élaborés auprès des gestionnaires de sites et des bureaux d’étude.

Une meilleure définition des dangers pour l’homme

Dans le contexte actuel de la gestion des sites et sols pollués, l’évaluation des risques pour l’Homme, en lien avec l’ingestion de particules de sols contaminées, reste un domaine qui est soumis à une forte incertitude dans les démarches de protection sanitaire des populations. Les pratiques courantes reposent sur les concentrations totales en polluants mesurées dans les sols. Or, il est connu que seule une fraction des polluants, la fraction bio-disponible, est réellement assimilée par l’organisme et est susceptible d’induire un effet toxique. L’estimation de l’exposition basée sur la concentration totale des polluants conduit donc à surestimer le risque et éventuellement à classer à tort des sites comme étant à risque. Cette surestimation des risques engendre des mesures et des coûts excessifs en termes de gestion et de remédiation de ces sites. La biodisponibilité orale des polluants dans les sols est donc un paramètre clef pour l’estimation de l’exposition aux polluants. Sa détermination nécessiterait la mise en place d’expérimentations in vivo, notamment au travers de l’évaluation de la fraction de polluant qui atteint des organes spécifiques tels que les reins, le foie, les os et le sang après administration par voie orale sur des mammifères.

Une première étude en laboratoire

Pour des raisons d’éthique, de coûts et de temps associés à ces mesures, des tests in vitro ont été développés simulant les conditions physiologiques du système digestif. Ils visent à déterminer la bioaccessibilité orale des polluants métalliques. Cette fraction correspond à la fraction soluble pouvant être libérée dans le tractus gastro-intestinal et susceptible d’atteindre la circulation sanguine.

Pour mieux estimer les risques et adapter les modes de gestions aux dangers encourus par les populations vivant sur des sites contaminés par des polluants métalliques, plusieurs tests in vitro ont été proposés pour quantifier la part bioaccessible de ces polluants. Parmi les tests, celui développé par le groupe BARGE (the BioAccessibility Research Group of Europe) est une méthode unifiée, reconnue (the Unified Bioaccessibility Method, UBM) et qui a été validée par rapport à un modèle in vivo.

En dépit de travaux réalisés en France pour estimer au moyen du test UBM la bioaccessibilité orale des polluants métalliques sur divers sols pollués, celle-ci n’est pas appliquée par les gestionnaires. Ce constat peut être expliqué par :

  • une méconnaissance du test au niveau national, notamment par les maîtres d’ouvrage et les gestionnaires de sites ;
  • un manque de sensibilisation sur le test UBM et la bioaccessibilité/biodisponibilité, en général ;
  • un test relativement long, coûteux (en comparaison notamment de la détermination des concentrations totales en polluants) et qui nécessite un réel savoir-faire.

Le projet ODESSA sera coordonné par Aurélie Pelfrêne de l'ISA de Lille en partenariat avec l'EHESP de Rennes.

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