Recherche et innovation

Hugues - Vivre de peu en zone rurale : échanger, réparer, auto-produire

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Janvier 2019
Date de fin : Janvier 2022
Appel à projets de recherche : AAC Thèses - Appel à candidatures Thèses ADEME
Année de l’appel à projets : 2019
Programme de la stratégie de Recherche : Energie, Environnement et Société
Programme de la stratégie de Recherche : Economie circulaire et économie de ressources
Programme de la stratégie de Recherche : Changement climatique
Programme de la stratégie de Recherche : Economie circulaire / Déchets
Organisme coordinateur : CEMS - EHESS/CNRS
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Île-De-France / Paris / PARIS

Cette thèse vise à comprendre comment des personnes vivant avec de faibles revenus en zone rurale se débrouillent au quotidien pour s’en sortir avec de faibles revenus en accomplissant des gestes écologiques non-reconnus comme tels. Il s’agit d’observer leurs pratiques (récup’, auto-subsistance alimentaire, troc, soin) ainsi que les modes de transmission de savoirs-faire qui ont lieu, tout en les inscrivant dans le récit de vie de chacun·e.

 

Les populations rurales paupérisées font souvent l’objet d’un stigmate, en étant qualifiées d’« anti-écologiques ». Cependant, bien que fortement dépendantes du transport en voiture en zone rurale et souffrant pour certaines de mauvaises isolations des logements, elles n'en présentent pas moins des modes de vie qui méritent d'être réévalués à l'aune d’une écologie populaire, à rebours d’une conception élitiste de l’écologie dont les classes populaires sont dépossédées. Il s’agit ainsi d’interroger et d’observer le rapport à l’écologie des personnes rencontrées, notamment à travers leurs pratiques quotidiennes, leur milieu de vie et leurs relations sociales.

 

Se passer du système marchand : adopter des pratiques péricapitalistes

 

 

Cette recherche vise à rendre visibles certaines pratiques adoptées par des personnes vivant en milieu rural, par contrainte et/ou choix, afin de contourner l’économie marchande. Mon hypothèse est qu'une partie des personnes vivant dans ces espaces privilégie la mutualisation des usages, en lieu et place des achats et emplois à l’échelle individuelle, et s'arrange pour disposer d'autres circuits d’approvisionnement que le seul circuit marchand – pratique du troc, du prêt et importants échanges. Elles ont en commun de fonder leur mode d'existence sur une faible dotation monétaire, mais aussi d'avoir recours à l’art de la bricole, de concevoir la ruralité comme territoire d'autosubsistance et de se reposer sur un fort recours à l'entraide. Chez chaque foyer, seront successivement étudiés les postes suivants caractérisant les modes de vie sobres en milieu rural :

  • l’approvisionnement alimentaire et économie de subsistance
  • l’approvisionnement en eau et en bois de chauffe
  • l’auto-construction, habitats légers et matériaux utilisés
  • l’auto-fabrication (cuisine, couture, etc)
  • la récupération, le recyclage, le marché de « l'occas' » et l’auto-réparation :
  • l’autochtonie et économie circulaire (troc, don, prêt)
  • le soin de proximité, le care environnemental et l’économie de transport
  • l'attention vernaculaire à l'environnement et à ses saisons

Modes de transmission des savoirs-faire accolés à ces pratiques

 

Ce travail de thèse s’’intéresse tout particulièrement à la manière dont les savoirs-faire nécessaires à ces pratiques se transmettent. En effet, ces modes de vie nécessitent une inventivité et un savoir-faire, qui s’acquièrent par expérience et donc nécessitent des espaces de transaction qui permettent l’échange de connaissances informelles, en dehors des circuits traditionnels des formations diplômantes. Les récits de vie permettent notamment d’identifier les instances de socialisation à ces pratiques et de mettre en avant la manière dont la transmission des savoirs-faire est genrée selon la division sexuelle du travail en vigueur. De plus, cette transmission, fondée sur l’interconnaissance et le face-à-face, se nourrit également d’une socialisation à distance (par Internet avec des tutoriels, des forums et par la téléphonie).

 

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