Recherche et innovation

ESADICAS - Étude socio-anthropologique de dispositifs collectifs d’acculturation à la sobriété

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Appel à projets de recherche : TEES - Transitions écologiques, économiques et sociales
Année de l’appel à projets : 2018
Programme de la stratégie de Recherche : Energie, Environnement et Société
Organisme coordinateur : U-Rouen - NIMEC EA969
Partenaires : Universite de rennes 1 - CREM UMR6211
Partenaires : UPEM - IRG
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Normandie
Bretagne
Normandie
Île-De-France
Occitanie
Auvergne-Rhône-Alpes / Rhone / LYON

Le projet ESADICAS vise à identifier les limites des dispositifs collectifs d’acculturation à la sobriété ainsi que les solutions permettant de dépasser ces limites. Il s’agit de garantir l’inclusion du plus grand nombre de consommateurs dans le processus.

 

La lutte contre le changement climatique est souvent envisagée comme une affaire de micro-comportements individuels et, pour cela, un vaste programme informatif est déployé afin de sensibiliser les individus aux enjeux climatiques. En chaque cas, il s’agit d’encourager l’adoption des comportements soucieux d’une minimisation de l’empreinte écologique des pratiques de consommation et de responsabiliser les individus tout en individualisant la responsabilité. On notera pourtant que les efforts développés dans cette perspective ont largement échoué.

 

Une mutualisation des actions nécessaires

 

Ainsi, il faudrait plutôt envisager le développement de dispositifs de type « action individuelle collectivisée » (Robert-Demontrond, 2009). Dans cette perspective, des organisations gouvernées par des citoyens (collectifs de consommateurs, associations, AMAP, coopératives, etc.) proposent un cadre collectif qui engendre divers processus d'acculturation, de socialisation et d'intériorisation d’un référentiel de valeurs prônant la transformation des comportements de consommation vers la sobriété. Néanmoins, malgré des succès intéressants, ces organisations rencontrent des difficultés à transformer durablement des comportements. Notre problématique est donc la suivante : comment les dispositifs collectifs d’acculturation à la sobriété pourraient garantir l’inclusion du plus grand nombre d’individus dans un processus de transformation des comportements de consommation ?

Pour répondre à la problématique posée, et à partir d’une approche ethnographique qui s’appuie sur des techniques diverses de collecte de données (entretiens, observation, auto-ethnographie, ethnographie virtuelle, etc.), deux terrains ont été réalisés :

  • Auprès des individus qui se sentent exclus ou qui s’excluent des collectifs d’acculturation à la sobriété (collectifs de consommateurs, associations, AMAP, coopératives, etc.), en nous intéressant aux registres axiologiques et sociaux mobilisés par ces individus pour justifier leurs refus de s’engager dans un changement de culture de consommation induit par ces différents collectifs.
  • Auprès de dispositifs collectifs d’acculturation à la sobriété, en nous intéressant aux apports et aux limites à l’inclusion participative favorisant l’acculturation des individus. Afin de mettre en place un étalonnage thématique, nous nous sommes concentrés en premier lieu sur la SCIC Enercoop Languedoc-Roussillon et son écosystème (les projets citoyens de production comme 123 Soleil, Les Survoltés, La Ferme d’Escoums, Conflent Energie, CatENR ; les partenaires institutionnels ; les associations de soutien, etc.).

Trois pistes de réflexion proposées

  • L’intégration aux collectifs - Si les collectifs d’acculturation étudiés encouragent leurs membres à mener un projet commun, ils peuvent également « exclure » certaines participations. Nous avons identifié trois types de capitaux spécifiques aux membres de ces collectifs qui facilitent leur inclusion à la logique communautaire : le capital d’autochtonie (inter-connaissances de l’individu sur un territoire donné) ; le capital temporel (capacité d’un individu à donner de son temps) ; le capital technique (capacité à développer et/ou mobiliser des compétences techniques en lien avec les procédures de pilotage ou en lien avec l’activité en elle-même).
  • Le développement des collectifs - Le développement des dispositifs collectifs d’acculturation peut se faire de deux manières principales :

                            - Par inclusion de plus de personnes, nécessitant de nouveaux espaces et modalités d’expression et de décisions dont le manque de ressources empêche souvent le développement.

                            - Par multiplication de ces collectifs, impliquant de favoriser la coopération et les partenariats entre les collectifs plutôt que leur mise en concurrence.

  • L’écosystème alternatif des collectifs - Les résultats permettent de mettre en évidence la constitution d’écosystèmes alternatifs caractérisés par : 

                            - L’existence d’un réseau dense d’organisations militantes, qui interviennent à différents niveaux de la vie de l’écosystème (création, financement de projets, plaidoyer, formation).

                            - Un ancrage fort dans le territoire, à travers des liens de connaissance interpersonnels et le développement de projets à petite échelle visant une réappropriation locale de la production.

                            - Une transition pensée de manière multisectorielle (énergie, alimentation, finance…) par des organisations qui structurent l’écosystème et leurs membres.

                            - La mise en place de pratiques économiques alternatives, en lien avec des innovations juridiques et financières, des logiques d’essaimage et de partage de l’information, et des logiques de coopération.

D'autres études de cas ont été réalisés ou sont en cours de réalisation auprès d’autres dispositifs collectifs : Alter Conso (Lyon), TiGrains (Rennes), O’Vrac (Perpignan) ; celles-ci permettront de comparer les apports et limites de l’inclusion participative au sein des différents dispositifs étudiés et de faire les liens entre les deux lots.

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