Recherche et innovation

Diet4Trans - Alimentation en transition : saisonnalité et contre-saisonnalité pour une alimentation durable

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Janvier 2018
Date de fin : Janvier 2020
Appel à projets de recherche : TEES - Transitions écologiques, économiques et sociales
Année de l’appel à projets : 2018
Programme de la stratégie de Recherche : Energie, Environnement et Société
Organisme coordinateur : INRA - Aliss
Partenaires : Etéicos
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Centre-Val-De-Loire
Île-De-France
Grand-Est
Hauts-De-France
Nouvelle-Aquitaine

Fondé sur une collaboration entre économistes et sociologues, dans une démarche alliant méthodes quantitatives et qualitatives, le projet Diet4Trans analyse les rythmes saisonniers des consommations alimentaires (esp. fruits et légumes et légumes secs) et les différences entre groupes sociaux au niveau des pratiques de consommation « de saison » et à contre-saison, afin d’évaluer le potentiel de généralisation et de diffusion des pratiques vertueuses.

Le contexte social comme cœur du projet DIET4TRANS

Le projet Diet4Trans vise à mieux connaitre les valeurs et perceptions qu’ont les individus des saisons (connaissances, repères, contraintes et bénéfices perçus à manger de saison) et à mettre en évidence les facteurs socio-économiques et culturels qui conduisent à l’adoption de pratiques alimentaires favorables à l’environnement. La détermination de la saisonnalité des consommations alimentaires est fondée sur l’analyse des données d’achats Kantar WorldPanel 2015 (fréquences saisonnières d’achat, quantités consommées, caractérisation des consommateurs). L’analyse des perceptions des saisons et des légumes secs chez les consommateurs, s’appuie sur une enquête de terrain dans un échantillon contrasté, par entretiens approfondis auprès de 72 individus.

L’adoption de pratiques alimentaires plus respectueuses de l’environnement constitue un défi écologique, économique et social, dans un contexte d’inégalités croissantes et de souci marqué des politiques, des acteurs économiques et des consommateurs pour l’environnement. Deux leviers en particulier, mais encore peu explorés, s’offrent aux consommateurs pour limiter l’empreinte environnementale des choix alimentaires : le recours croissant aux aliments de saison (qui limitent les importations lointaines ou une production locale hors saison, très coûteuses en énergie) ; le recours aux légumes secs en remplacement de la viande, tout au long de l’année, alors que les légumes secs sont plutôt consommés en hiver.

Dès lors, quelles sont précisément les variations saisonnières de nos consommations ? Nous sommes-nous affranchis des rythmes saisonniers ? Et si s’abstraire des contraintes saisonnières était autrefois le privilège des riches, qui, aujourd’hui, veut « manger de saison » ? Dans quelle mesure, enfin, le recours aux aliments de saison peut-il constituer le levier d’une alimentation plus durable ?

Un clivage social présent

Les analyses quantitatives montrent la prédominance d’achats saisonniers de F&L. Les individus dont les achats sont les moins saisonniers se caractérisent par des profils plus jeunes, moins diplômés et de revenu moindre.

Les achats saisonniers de fruits frais, mais pas de légumes, sont associés à un statut socioéconomique plus élevé. De même, avoir un jardin potager encourage les achats saisonniers. A contrario, habiter dans le nord de la France (découpage Kantar) semble décourager cette pratique. Ces éléments suggèrent qu’une plus grande proximité aux zones de production conduit à un plus grand respect de la saisonnalité dans les choix alimentaires.

Les analyses qualitatives montrent un clivage social entre des catégories aisées, plus attentives aux saisons et pour qui manger de saison est un impératif, au nom de l’environnement, et des catégories modestes pour qui les saisons sont plus souvent mal connues, et perçues comme une contrainte, alors qu’ils valorisent la diversité en toute saison. Deux autres groupes sont identifiés : les individus vivant à proximité des zones de production, toutes catégories sociales confondues, qui consomment plutôt de saison parce qu’ils cherchent à « manger local » ; et les seniors des catégories populaires et intermédiaires, qui mangent « de saison », par habitude et par souci de gestion de leur budget.

Les savoirs liés aux saisons sont divers, les repères mobilisés renvoient à l’expérience personnelle, aux dimensions de l’offre (circuits, prix, provenance), et au rôle des nouvelles technologies. Source de lassitude et de frustration pour certains, le respect des saisons est à l’inverse, pour d’autres, une contrainte choisie qui vient les stimuler.

Ainsi, l’attention portée aux saisons renvoie à l’appartenance sociale et territoriale, aux trajectoires individuelles et collectives (avec des effets de génération), aux pratiques d’approvisionnement (notamment les circuits de proximité) et d’écogestes.

DIET4TRANS, des solutions voient le jour

Le projet propose plusieurs recommandations à destination des grandes instances privées et publiques, et des acteurs de terrain, et identifie des points de vigilance :

  • Accroître la connaissance de la saisonnalité des aliments (espèces de légumes, fins et débuts de saisons, impacts environnementaux), avec des repères simples.
  • Accroitre la connaissance sur les légumes secs : suggérer des recettes estivales, sans viande, informer sur leur statut nutritionnel.
  • Informer sur la diversité des fruits et légumes de saison ainsi que des plats possibles (argument : la saison est une contrainte).
  • Outre l’argument environnemental, le coût, le rapport qualité / prix, le goût sont à mobiliser.
  • Les individus des milieux populaires, les jeunes sont moins sensibles aux saisons : communiquer en tenant compte de leurs perceptions et styles de vie.

 

Une partie du terrain a porté sur des utilisateurs de l’application Etiquettable :

  • Participation d’Etiquettable au premier workshop du projet.
  • Elaboration d’un livre blanc de recommandations issues du projet, à destination des acteurs privés et publics.
  • La traduction des résultats en actions de promotion ou de communication à venir.
  • Organisation de deux journées de restitution des résultats : 15 novembre 2018 et 22 novembre 2019 (https://www6.versailles-grignon.inra.fr/aliss/Accueil/Actualites/Nouvel-Evenement2)

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