Recherche et innovation

CoReLab - Les "labs" dans la société contemporaine : influence et impacts

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Janvier 2018
Date de fin : Janvier 2020
Appel à projets de recherche : TEES - Transitions écologiques, économiques et sociales
Année de l’appel à projets : 2018
Programme de la stratégie de Recherche : Energie, Environnement et Société
Organisme coordinateur : ENS Paris-Saclay - IDHES
Partenaires : URCA - Laboratoire REGARDS
Partenaires : CNRS - ISP
Partenaires : UT2J-Le Miral - CERTOP
Partenaires : ENS Paris-Saclay - Centre de recherches
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Grand-Est / Marne / Reims
Île-De-France / Val-De-Marne / Cachan
Occitanie / Haute-Garonne / Toulouse

Le projet CORELAB a pour objectif de décrire et documenter les pratiques concrètes des « labs », d’identifier les types d’utilisateurs qui les fréquentent : leurs trajectoires biographiques, les raisons pour lesquelles ils fréquentent ces endroits et, surtout, ce qu’ils y font concrètement.

Le collectif au cœur de la création des « labs ».

Dans un paysage de sociétés occidentales toujours plus individualistes, menaçant les « communs » (sociaux, culturels, ou environnementaux), dominées par une consommation de masse valorisant le neuf et déresponsabilisant des consommateurs souvent passifs, émergent depuis une dizaine d’années en France, des lieux où s’expérimentent et se développent des réponses originales à ces problèmes, s’efforçant de repenser le collectif et, surtout, de le mettre en œuvre. Qu’il s’agisse de Fablabs, de Hackerspaces, de Makerspaces, d’Openspaces, de Hacklabs, ou de Repair Cafés, qu’ils soient portés par des institutions officielles ou des associations indépendantes, ces lieux (appelés génériquement : labs) se multiplient rapidement et paraissent offrir des solutions potentiellement généralisables favorisant l’action collective, la responsabilisation technologique, et la prise de conscience des enjeux environnementaux(notamment en matière de réduction des déchets).

Malgré leur grande hétérogénéité structurelle, tous ces lieux relèvent d’une même dynamique sociale valorisant le bricolage, le faire soi-même (DIY : do it yourself) et le faire-savoir aux autres, le plus souvent gratuitement ou presque. Concrètement, la particularité de ces labs est le rassemblement de machines, des outils, souvent récupérés et réparés, que se partagent les utilisateurs. Lieux de réparation d’objets, ce sont également des lieux de création et de conception de dispositifs technologiques ou d’objets nouveaux à partir de matériaux en partie récupérés à partir de déchets (électroniques notamment).    

Ces espaces mettent également la plupart du temps en avant le numérique. Ils renouvellent ainsi le monde du bricolage en l’articulant à la modernité technique. Les labs peuvent ainsi être décrits comme des lieux de transformation des représentations dans lesquels il serait possible de développer une conscience écologique, de recycler, tout en étant à la pointe de la technologie.

Les « labs », une passerelle inter secteur

Enfin, ces labs constituent des espaces intermédiaires où se côtoient des acteurs du monde des entreprises privées (startups, subventions de grands groupes industriels, hébergement de PME, développement d’espaces de co-working spécifiques, etc), des citoyens « ordinaires », et des acteurs publics (hébergements institutionnels, subventions ponctuelles ou récurrentes, etc.). Si ces mondes peuvent parfois entrer en tension, la plupart des résultats préliminaires déjà obtenus par notre équipe montre que la mise en place de croisements entre ces différents acteurs est souvent apaisée et constructive.

Par cette recherche collective et au moyen d’une méthodologie ethnographique, le projet s'efforcera d’accéder à la réalité et à la diversité des pratiques de ces acteurs, à l’organisation effective de ces lieux ; de caractériser leurs modèles juridiques et économiques, leur insertion dans le tissu social local, leur engagement dans les réseaux nationaux et internationaux de hackers ou de start-ups, de makers, etc. ; et d’analyser, le cas échéant, leur prosélytisme éco-responsable, ainsi que leur rôle dans le développement d’innovations ayant, effectivement ou potentiellement, des effets en matière de transition énergétique.

Un premier point à un an de projet

Une étude de terrain détaillée a été réalisée durant la première année, au sein de l’association PiNG à Nantes, au fablab qu’elle anime, Plateforme C, et à son atelier partagé au quartier du Breil. Outre l’observation de pratiques écologiquement et socialement vertueuses dans ce lieu particulier,il s’agissait d’interroger les opportunités et les freins à leur possible massification dans des espaces sociaux plus larges. Pour cela, trois axes d’analyse ont été privilégiés : l’intégration du Fab-Lab dans la ville ; les usages différenciés du Fab-Lab selon les publics ; l’inscription du Fab-Lab dans les dynamiques militantes.

Trois conclusions peuvent, pour l’instant, être retirées de cette enquête :

  • Les pouvoirs publics ne soutiendraient pas suffisamment l’implantation des labs dans les quartiers populaires et s’en serviraient trop en tant qu’instrument de revitalisation des friches urbaines et de l’entrepreneuriat, plutôt qu’en tant qu’outil au service de l’éducation populaire ;
  • Selon leur emplacement géographique et leurs animateurs, les labs sont pris dans des distances physiques qui peuvent se redoubler de distances sociales et contraindre un peu plus leurs usages et donc, leur accessibilité ;
  • Selon leurs usages, les labs servent de point de rencontre à plusieurs structures d’engagement. Lesquelles y organisent des réunions, des expositions ou viennent parler de leurs actions, en sorte que ces mêmes lieux semblent soutenir une certaine convergence des engagements.

Par ailleurs, une enquête approfondie est actuellement en cours afin de sonder les liens multiples existants entre le milieu des labs et celui du scoutisme et des organisations de jeunesse.

Une partie des membres de l’équipe du projet travaille également activement à la création d’un fablab à Reims entièrement orienté vers la question des déchets. Il s’agit d’y développer une réflexion et des expérimentations concernant le recyclage, le réemploi, et la réparation des objets en plastique.

Un nouveau postdoctorant rejoindra l’équipe du projet le 1er novembre 2019 et commencera un nouveau terrain ethnographique, cette fois-ci dans un lieu en Ile-de-France.

Résumé Vidéo du projet:

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