Recherche et innovation

COMPOST - Compostage collectif en région parisienne : Freins et mobilisations

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Janvier 2018
Date de fin : Novembre 2019
Appel à projets de recherche : TEES - Transitions écologiques, économiques et sociales
Année de l’appel à projets : 2018
Programme de la stratégie de Recherche : Energie, Environnement et Société
Organisme coordinateur : CNRS - UMR LAVUE
Partenaires : Ecole du compost
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Île-De-France / Hauts-De-Seine
Île-De-France / Paris
Île-De-France / Seine-St-Denis

Le projet COMPOST tente de répondre aux problématiques suivantes : Comment dépasser le cercle des personnes déjà convaincues par le compostage collectif ? Y aurait-il d’autres arguments susceptibles de mobiliser les individus ? L’équipe de recherche du projet, tentera de répondre à cette question en dressant un panorama du compostage collectif dans la région Ile de France (Nord-Ouest). Un premier inventaire établira une typologie des sites de compostage en fonction de critères descriptifs.

Le compostage actuellement en France : Un engouement limité

Le compostage est un élément important de la politique de prévention des déchets. Il permet d’une part de diminuer la taille de la poubelle envoyée au traitement et d’autre part de récupérer par le tri des déchets solides non souillés par des matières organiques. Pour ces raisons, le tri sélectif des matières organiques et le compostage individuel ou en petit collectif sont des actions encouragées par la puissance publique ainsi que par les industriels du traitement (Rumpala 1999; Barbier 2002). En plus de réduire les déchets, le compostage est aussi une pratique de recyclage inscrite dans une écologie circulaire favorisant un retour à la terre de matières premières sensées restaurer ou enrichir les sols et économiser la ressource en eau.

Pourtant, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation soutenues par la mise à disposition de matériel gratuit ou très peu cher, le compostage a du mal à décoller en milieu urbain et périurbain (Philipot 2011, Canto 2017). De nombreux citadins sont rétifs au tri, insensibles à l’injonction à « l’écocitoyenneté », dégoutés par la saleté ou tout simplement découragés (voir programme ADEME sur les déchets vus par les sciences sociales, 2012).

Les caractéristiques du projet COMPOST

Le projet s’appuiera sur le réseau des maitres composteurs formés dans les organismes labellisés par l’ADEME dont font partie deux membres de l’équipe. Cela permettra aussi de dresser un état des lieux des compétences au compostage dans la région. Le projet étudiera la quantité de déchets recyclés et de compost produit par les collectifs, qui est une question peu discutée. De même, il sera porté de l’intérêt à l’usage du compost afin d’identifier les boucles de retour au sol de la matière compostée. Sont-elles micro-locales (dans la résidence même), locales (dans un jardin collectif ou municipal), ou à plus grande échelle (maraichage par exemple) ? Ce premier tableau devrait situer le potentiel du compostage collectif dans le panorama plus général de traitement des déchets organiques, y compris industriel.

Enfin, 6 sites seront choisis pour une analyse ethnographique plus approfondie (observation et entretiens). Un des critères de sélection sera le degré de succès ou d’échec de l’installation auprès des résidents et de publics plus larges. Cela permettra de comprendre les mécanismes relationnels et motivationnels favorisant ou au contraire freinant la mobilisation.

La valeur écologique remise en question

Derrière cette analyse se profilent d’autres questions sur les valeurs qui motivent les participants ainsi que sur l’influence que la pratique du compostage peut avoir sur ces valeurs. Serait-il possible, par exemple, que les personnes engagées soient plus motivées par les sociabilités liées à la participation que par des valeurs écologiques ? Les sites de compostage pourraient-il servir de lieux de rencontre et de discussion ? Si cette hypothèse a quelque validité alors les conditions matérielles de l’installation, comme sa visibilité depuis la rue, pourraient se révéler cruciales. De même, le rôle des « référents de sites » et des « guides composteurs » (ADEME 2013) dans l’animation semble déterminant. Faudrait-il intégrer ces aspects dans les formations au compostage ? Enfin, la pratique du compostage collectif a-t-elle une influence sur d’autres activités, comme la consommation alimentaire, l’engagement associatif, la coopération entre voisins ?

Le projet fera l’inventaire des pistes ouvertes par les sites sélectionnés afin d’en tirer des arguments susceptibles de nourrir à la fois les politiques publiques, notamment en vue de la formation au compostage, et les dynamiques collectives et associatives.

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