Recherche et innovation

Assaf Medawar - Les potentialités des interfaces « bâti/non bâti » dans une approche de résilience territoriale et environnementale

statut du projet | En cours
Détails de la manifestation
Date de début : Janvier 2019
Date de fin : Décembre 2021
Appel à projets de recherche : AAC Thèses - Appel à candidatures Thèses ADEME
Année de l’appel à projets : 2019
Organisme coordinateur : ESPACE
Partenaires :
Zone d’implantation
des porteurs du projet :
Provence-Alpes-Côte-D'azur / Alpes-Maritimes / Nice

La problématique de la thèse s’inscrit dans une recherche de la résilience générale d’un territoire périurbain où les zones d’activités économiques occupent une place prédominante. Celles-ci présentent le paradoxe d’être à la fois dynamiques et vieillissantes. Le foncier y est de plus en plus rare et contraint, et la qualité paysagère, délaissée. Le parti de cette thèse est de travailler à la résilience à long terme de cet espace industriel, dont les activités ne sont pas en crise, mais que l’on propose de rendre plus apte à faire face aux changements à venir, et plus attractif en améliorant sa structure et son fonctionnement. Un aménagement visant à créer des espaces renaturés permettrait de valoriser la zone non seulement sur le plan écologique, mais également sur le plan socio-économique.

Le territoire d’étude est situé en rive droite de la basse vallée du Var (06), qui s’étend du Broc à Saint-Laurent du Var, où voisinent et s’intriquent des espaces aux fonctions diverses – habitat, agriculture, industrie, espace naturel – sans interrelation fonctionnelle. Les zones d’activités économiques y occupent une place prédominante. La zone industrielle de Carros renferme à elle seule 600 entreprises, et 10 000 emplois. Ce territoire est considéré comme un territoire à enjeu - DTA des Alpes-Maritimes, OIN Plaine du Var. De facto, il est soumis à une forte pression urbaine difficilement régulée, qui touche notamment les espaces agricoles. Les zones d’activités présentent un paradoxe, elles sont à la fois dynamiques et vieillissantes. Leur dynamisme s’exprime, entre autres, dans le domaine de l’écologie industrielle - PDIE (Plan de Déplacement Inter-Entreprises), démarche Tri & co pour la gestion des déchets, projet Réseau de Chaleur, projet Smart Grid pour les panneaux solaires intelligents, démarche Eaux Top pour la gestion des eaux d’usage, etc. Toutefois, ces actions engagées par les clubs des entreprises sont généralement menées sur chaque parc d’activité indépendamment des autres, et pas ou peu, interreliées avec les espaces voisins. A contrario, les zones d’activité sont vieillissantes, le foncier est de plus en plus rare et contraint, et la qualité paysagère, délaissée. Les dynamiques de changement sont par ailleurs bridées par de fortes contraintes réglementaires liées aux risques (inondation, incendie, technologique).

Les concepts mobilisés

La recherche mobilise différents concepts tel que la résilience territoriale, identifiée comme un concept général, ou « umbrella concept » qui nécessite une approche transdisciplinaire. Le concept de l’interface englobant les concepts d’interstice, de limite, de discontinuité. L’interface est appréhendée selon la définition du Groupe « Interfaces » de l’UMR ESPACE, comme étant « un objet géographique qui naît de la discontinuité et/ou est établi sur celle-ci. Et les infrastructures vertes : « réseau stratégiquement planifié de surfaces naturelles et semi-naturelles avec des caractéristiques environnementales conçues et gérées de manière à fournir un large éventail de services écosystémiques. » (Commission Européenne, 2013)

L’entrée par laquelle la résilience est abordée 

Le parti de cette thèse est de considérer l’organisation des espaces bâtis/non bâtis comme un potentiel de résilience environnementale et territoriale latent, inexploité, à valoriser. En effet, le territoire de la rive droite du Var pris dans son ensemble, est structuré en un emboitement d’interfaces à différentes échelles : bâti/non-bâti ; urbain/agricole ; agricole/urbain/naturel ; urbain/naturel et agricole/naturel. Ces espaces représentent un fort potentiel, d’autant plus qu’ils sont uniquement considérés par les acteurs économiques locaux comme une opportunité d’accroitre leur surface d’activité économique. Ces espaces pourraient au contraire être perçus et utilisés de façon inédite dans le but de valoriser le territoire au niveau économique, social et environnemental notamment en créant des « paysages recyclés » et des « corridors utilitaires ».

Le potentiel à exploiter 

Le développement d’un réseau d’infrastructures vertes, à grande échelle, à partir des interfaces. Ce planning d’infrastructures vertes se fait à plusieurs échelles : l’échelle de l’élément individuel (parc, fleuve, jardin privé, etc…), le réseau d’espaces verts et les connectivités et enfin l’échelle régionale dans laquelle s’intègrent les réseaux d’infrastructures vertes interconnectés. Cette planification multi-échelles favorise la connectivité et permet de mitiger la fragmentation du territoire tout en créant des axes de déplacement pour la population, reliant aménités, lieux de vie et loisirs et des « continuums écologiques ». Différents types d'infrastructures vertes sont identifiés et incluent : espaces verts ouverts, corridors écologiques, toits verts, murs végétaux, bassins de collecte des eaux de pluie, etc.

Sur le plan méthodologique

Sur le plan méthodologique, la recherche s’appuie tout particulièrement sur la géogouvernance et la géoprospective, méthodes co-conçues et développées au laboratoire ESPACE. Cette démarche a pour finalité d’anticiper les futurs plausibles des territoires en utilisant des méthodes qui prennent en compte les dynamiques spatiales dans le cadre de modèles, en réalisant des simulations et en spatialisant les scénarios d'évolution, en travaillant de manière interactive avec des groupes d’acteurs concernés par la question traitée. La géogouvernance est une démarche complémentaire qui place l’information géographique au cœur du processus décisionnel portant sur l’espace de vie.

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