
De nombreuses actions de réduction
des poids unitaires des conditionnements sont menées par les industriels, mais
le volume global des emballages ménagers mis sur le marché est toujours perçu
comme croissant. Or, sur les huit marchés qui ont fait lobjet de létude
présentée aux Assises des déchets à Agen " Mieux produire et mieux
consommer. La prévention des déchets demballages ", la
consommation de produits a augmenté de 11% entre 1997 et 2003, le nombre demballages
a également progressé de 11% mais les tonnages demballages ont baissé de
3% pendant la même période. Lévolution
de la démographie et des modes de vie modifie notre consommation. Les
caractéristiques démographiques de la France se sont profondément modifiées au
cours des trente dernières années. La population a augmenté de 21%, le
nombre de ménages a progressé de plus de 50% et le nombre de personnes
seules a plus que doublé. Parallèlement
le rapport au temps évolue, avec laspiration des personnes à se libérer
des contraintes du quotidien et à disposer de plus de temps pour elles. La
diminution du temps de préparation des repas, lachat croissant de produits
tout prêts et de produits préemballés au détriment du vrac, la déstructuration
des repas, une consommation de plus en plus nomade et individualisée, la recherche
de praticité sans cesse accrue reflètent lévolution des modes de vie et
des attentes des consommateurs ; autant de facteurs de modification de loffre
des entreprises. La prise en compte
de lenvironnement dans la production Les
évolutions de la consommation ont conduit à la mise sur le marché de produits
emballés de consommation courante, alimentaires et non alimentaires, de plus en
plus nombreux : nous consommons chaque année 100 milliards de produits
emballés. Les emballages assurent des fonctions essentielles
de protection, de conservation, de transport, de garantie de poids et de volume,
de service et dinformation des consommateurs. Les
seuls emballages ménagers, génèrent après usage, 5 millions de tonnes de déchets,
soit moins du quart des ordures ménagères
provenant des particuliers. Dans un contexte où la quantité globale des
déchets augmente, la prévention des déchets demballages, notamment par la
réduction à la source et par de meilleures pratiques de consommation, permet de
minimiser leur impact sur lenvironnement, du prélèvement des ressources
naturelles à lélimination des déchets. Les
études triennales de gisement menées depuis 1994 par lADEME, ADELPHE et
ECO-EMBALLAGES montrent que le tonnage des déchets demballages ménagers
tend à se stabiliser. Par ailleurs, les 206 initiatives exemplaires de couples
produits-emballages analysées et répertoriées depuis 1996 dans les catalogues
du Ministère de lEnvironnement et du CONSEIL NATIONAL DE LEMBALLAGE
montrent que la prévention des déchets demballages par la réduction à
la source commence à être une réalité. Lévolution
des tonnages demballages ménagers résulte de plusieurs facteurs Les
études menées précédemment permettent, soit une évaluation globale de lévolution
des tonnages, soit au contraire une analyse ponctuelle précise des modifications
du conditionnement. Pour compléter ces approches, le CNE, lADEME, ADELPHE
et ECO-EMBALLAGES ont conduit en commun lanalyse de huit marchés de produits
de grande consommation pour identifier les différents facteurs explicatifs de
lévolution des tonnages demballages. Cette analyse permet en particulier
de distinguer les impacts respectifs de lévolution de la consommation
et des modifications du conditionnement. Le
champ de cette étude innovante, qui est une première en France, couvre environ
30% des emballages ménagers mis sur le marché,
soit 1,4 million de tonnes. Les données prises en compte proviennent dun
travail danalyse détaillée de la consommation qui a réuni une cinquantaine
dentreprises et dorganisations professionnelles sous légide
du CNE. La méthode développée par lADEME permet dexpliquer lévolution
des tonnages demballages en individualisant leffet spécifique de chacun
des facteurs contribuants. Pour
tous les marchés étudiés, des actions de réduction à la source du poids des emballages
ont été menées, permettant une économie de plus de 30 000
tonnes demballages entre 1997 et 2003. Elles concernent tous les matériaux.
Au global, limpact de la réduction à la source correspond, pour les
huit marchés étudiés, à une baisse des tonnages demballages de
près de 2% entre 1997 et 2000 et de 1% entre 2000 et 2003.
La prévention par réduction
à la source est masquée par dautres facteurs Pour
tous les marchés, limpact de la réduction à la source est masqué par
dautres facteurs comme lévolution de la consommation des produits,
les modifications de formats et la substitution entre matériaux. Ainsi, sur
les huit marchés étudiés, lévolution des tonnages demballages est
la résultante de facteurs jouant en sens inverses et de ce fait se neutralisant
partiellement. Sur six
des huit marchés étudiés, lévolution des tonnages demballages est
inférieure à celle de la consommation des produits emballés. Sans évolution des
conditionnements ou des caractéristiques des produits, il y aurait donc eu des
tonnages demballages plus importants. De
léco-conception à léco-consommation
La
maîtrise de lévolution des tonnages demballages ménagers est rendue
complexe par la diversité des facteurs à prendre en compte. La réduction à
la source des poids unitaires par les industriels, sans substitution de matériau
et sans modification des fonctionnalités de lemballage, ne pourra suffire
à maîtriser durablement lévolution des tonnages demballages. Contrairement
au travail sur le poids unitaire, qui ne relève souvent que du travail des industriels,
la réussite des actions de prévention passe nécessairement par une démarche
conjointe des fabricants demballages, des conditionneurs, des distributeurs
et des consommateurs. Parce quil est acheteur de produits emballés et
producteur de déchets, le consommateur est impliqué dans la démarche
de prévention. Par ses demandes et ses choix il peut ainsi contribuer à faire
évoluer loffre du couple produit - emballage. Le
découplage, préconisé par lUnion européenne, entre la progression du PIB
et celle des quantités de déchets générés, commence à être observé en France dans
le domaine des emballages ménagers.
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