Particuliers et éco-citoyens

Isolation du toit, des murs et des planchers

Mis à jour le 30/06/2017

Une maison bien isolée vieillit mieux et nécessite moins de travaux d’entretien. L’isolation, combinée avec une ventilation efficace, supprime les risques de condensation qui causent souvent de nombreux désordres (peinture, fenêtres, murs…).

Dans une maison non isolée, une grande partie de la chaleur peut s’échapper par le toit, les murs et les fenêtres. Il est donc important d’apporter une attention particulière à ces éléments de construction.

Des principes essentiels pour une isolation réussie

Une ventilation efficace

Il est important qu’un logement soit correctement ventilé, notamment pour évacuer l’humidité. En effet, l'air du logement contient de la vapeur d'eau provenant de ses occupants et de leurs activités. Pour limiter l'humidité dans le logement, l'isolation doit toujours être associée à une ventilation bien efficace, contrôlée ou assistée mécaniquement : ventilation mécanique contrôlée (VMC) hygroréglable, double flux...

Une bonne étanchéïté à l’air

Effectuer l’isolation des parois sans faire la chasse aux entrées d’air parasites est une perte d’argent : elles peuvent augmenter très sensiblement la facture de chauffage, être une source d’inconfort et remettre en cause l’utilité des travaux d’isolation et le bon fonctionnement de la ventilation.

Des ponts thermiques supprimés

Ce sont des zones de faiblesse dans l'enveloppe d'un bâtiment : le froid extérieur est alors plus rapidement transmis à l’intérieur du logement. La vapeur d’eau se condense sur ces points plus froids, ce qui peut engendrer la formation de traces noires et de moisissures.

Une bonne continuité de l’isolation et de la membrane d’étanchéité doit permettre de traiter ces points faibles.

Les ponts thermiques les plus importants se situent :

  • aux jonctions entre la toiture et les murs ;
  • entre les murs et les menuiseries des fenêtres ;
  • entre les planchers et les murs ;
  • à la jonction du balcon et du mur ;
  • au niveau des montants des ossatures, des chevrons, des points de fixation, etc.

Pas de condensation dans les parois

En hiver, lorsque la vapeur d'eau traverse une paroi, elle se refroidit progressivement de l'intérieur vers l'extérieur. Elle peut se condenser en eau dans la paroi, provoquant moisissures, décollement des papiers peints, dégradation des murs...

En fonction des matériaux qui composent les murs, ces transferts d'humidité sont plus ou moins importants et il faudra tenir compte de ce critère dans le choix de l'isolant le plus adapté.

Dans tous les cas, une isolation ne doit jamais être exécutée sur une paroi présentant des signes d'humidité.

Les techniques d'isolation

L’isolation des combles et de la toiture

L’isolation de la toiture est souvent la plus rentable. C’est la première étape à réaliser car le potentiel d’économies d’énergie est important. En effet, l’air chaud, plus léger, s’élève naturellement et vient en grande partie se loger sous le toit. Pour réduire les besoins de chauffage, il est essentiel d’isoler au plus près du volume chauffé.

L'étanchéïté et l'isolation de la toiture sont soumises à une garantie décennale. Seul un professionnel qualifié peut intervenir.

Isoler les combles perdus

Situés sous des toitures inclinées, les combles perdus doivent être isolés du logement chaiffé car les déperditions de chaleur y sont importantes.

L’isolant est disposé sur le plancher sans discontinuité sur toute la surface des combles et par rapport à la charpente et aux murs.

Les isolants utilisés sont :

  • les laines minérales (de verre ou de roche) ;
  • les isolants biosourcés (fibres de bois, de mouton, chanvre…) ;
  • les isolants en plastique alvéolaire (polystyrène expansé, polystyrène extrudé, polyuréthane, …) disposés bord à bord sur le plancher.

Les isolants en vrac (laine minérale ou isolants biosourcés) peuvent également être utilisés et soufflés à l’aide d’un appareillage approprié.

Isoler les combles habitables par l'intérieur ou l'extérieur

Les combles habitables et chauffés, situés sous une toiture inclinée peuvent être isolés selon deux techniques.

L’isolation par l’intérieur :

  • avec des panneaux semi-rigides ou des rouleaux : à poser en fonction de la structure de la charpente et de la place disponible (entre les chevrons, sous les chevrons ou les deux). Pour une bonne isolation, prévoyez la pose de deux couches croisées d'isolant et d'un pare-vapeur ;
  • avec un isolant en vrac, par insufflation : on injecte sous pression l’isolant dans un caisson étanche à l’air.
L’isolant est recouvert d’un pare-vapeur ou frein-vapeur et d’un parement de finition (plâtre, bois). La ventilation de la couverture est indispensable.
 

L’isolation par l’extérieur nécessite d’enlever le revêtement de toiture (tuiles…) pour poser l'isolant.

  • La pose de panneaux de toiture porteurs qui comprennent le support ventilé de couverture, l’isolation et le cas échéant le parement de sous-face. Cette opération lourde est très délicate à mettre en œuvre et varie d’un type de panneaux à l’autre. Dans tous les cas, la structure du toit doit pouvoir supporter le poids des panneaux. Elle peut être intéressante car elle augmente le volume habitable, assure une isolation continue et durable, préserve la charpente des variations de température et d’humidité et garantit la ventilation de la couverture.
  • La solution "sarking" : on insère un lit continu d'isolant rigide entre la charpente et la couverture, ce qui rehausse la toiture. La charpente supporte les éléments de couverture par l'intermédiaire de contre-chevrons.
Isoler une toiture-terrasse

Profitez de la réfection de l’étanchéité sur une toiture-terrasse pour l'isoler thermiquement. Il existe différentes techniques pour le faire, par exemple le procédé d'isolation dite inversée où l'isolant sert de support à l'étanchéïté.

Ne réalisez surtout pas une isolation par l'intérieur : la pose d'un isolant contre le plafond du dernier étage de la construction peut entraîner un risque de condensation dans le logement.

L’isolation des murs par l’extérieur

Elle est à envisager en priorité dès que cela est possible. Elle permet de faire deux opérations en même temps : l’isolation et le ravalement.

Les avantages de cette technique :

  • traiter un plus grand nombre de ponts thermiques et limiter les effets de la condensation grâce à la continuité de l’isolant au niveau des planchers intermédiaires notamment ;
  • conserver l’inertie thermique des murs ;
  • aucune modification des surfaces habitables ;
  • protéger les murs des variations climatiques.

Le coût de cette technique est souvent plus élevé que celui de l’isolation par l’intérieur (hors coût de ravalement). Elle nécessite de changer les seuils de fenêtre, d’intégrer les descentes de gouttières… et modifie l’aspect extérieur du bâtiment ce qui nécessite une déclaration préalable de travaux ou l’obtention d’un permis de construire. Il est indispensable de traiter les ponts thermiques inhérents à cette technique d’isolation, notamment les encadrements de baies, les planchers hauts, les balcons, les escaliers extérieurs, etc.

Isolation par panneaux enduits

Les panneaux isolants sont fixés au mur par collage et / ou vissage. Ils sont recouverts d’un treillis collé puis d’un enduit de finition. C’est la solution la moins chère en isolation par l’extérieur.

Isolation protégée par un bardage

Les panneaux isolants sont installés sur des montants fixés au mur. Cet ensemble est protégé par un film pare-pluie ou un panneau respirant. Des tasseaux horizontaux permettent de poser un bardage extérieur tout en ménageant une lame d’air entre l’isolant et le bardage.

Dans cette technique les montants en bois créent des ponts thermiques qui diminuent la performance globale de l’isolation. Pour y remédier, il est recommandé de poser une couche croisée d’isolant qui vient recouvrir les montants.

Isolation par enduit isolant

Le système se compose d’un enduit isolant minéral ou végétal projeté en une ou plusieurs couches ou coffré sur le mur à l’extérieur de l’habitation, et d’un crépi de finition. Les matériaux mis en œuvre doivent permettre l’évacuation de l’humidité par une régulation naturelle de l’hygrométrie, surtout dans le bâti ancien.

L’isolation des murs par l’intérieur

Cette technique d’isolation permet de ne pas modifier l’aspect extérieur de la maison. Elle entraîne toutefois une diminution de la surface habitable et sa mise en œuvre peut être contraignante : gênes pour l’ouverture des fenêtres, passage des canalisations, prises électriques…

Elle permet également d’améliorer votre confort à un coût relativement peu élevé.

Avec l’isolation par l’intérieur il est très difficile d’assurer la continuité de l’isolation (au droit des murs de refend, des planchers, des fondations, des plafonds, des balcons…) et donc d’éliminer les ponts thermiques. Une solution possible pour les limiter est « le retour d’isolant ».

Isolation avec des panneaux isolants

Ils se fixent par collage directement sur le mur ou par vissage sur des lattes de bois, avec création d’une lame d’air entre le mur et l’isolant. La pose s’effectue donc à l’aide d’un seul produit (isolant et parement intérieur). Les caractéristiques hygrométriques de la paroi finale dépendent des produits utilisés.

À la place des panneaux, on peut aussi utiliser un isolant en vrac. Il est maintenu au niveau du mur par un panneau de parement.

Isolation en vrac

Des complexes isolants, mélange de liants et de fibres végétales, (complexe chanvre-chaux…) sont projetés sur le mur à isoler ou mis en œuvre à l’aide de coffrage, pour les grandes épaisseurs.

L’isolation des planchers

On peut isoler un plancher par le bas (isolant fixé sur la face inférieure du plancher), par le haut (isolant posé sur le plancher et recouvert d’un revêtement pour y circuler) ou entre les éléments de structure du plancher.

La technique la plus simple est l’isolation par le bas. On peut utiliser des isolants souples, qui épousent la forme du support, même s’il est irrégulier, ou rigides, qui doivent être posés sur une surface plane. L’isolant peut être laissé nu ou recouvert d’une finition (plaques ou enduit) selon qu’il est visible ou pas, ou qu’il nécessite ou pas une protection (agressions mécaniques).

Pour éviter les ponts thermiques, les panneaux isolants doivent être jointifs, posés de façon continue et appliqués contre le plancher. Les murs d’angle et les appuis du plancher doivent également être isolés.