Particuliers et éco-citoyens

Isolation du toit, des murs et des planchers

Mis à jour le 08/02/2016

Une maison bien isolée vieillit mieux et nécessite moins de travaux d’entretien.
L’isolation, combinée avec une ventilation efficace, supprime les risques de condensation qui causent souvent de nombreux désordres (peinture, fenêtres, murs…).

Dans une maison non isolée, une grande partie de la chaleur peut s’échapper par le toit, les murs et les fenêtres. Il est donc important d’apporter une attention particulière à ces éléments de construction.

Le schéma ci-dessous montre l'importance et la localisation des pertes de chaleur.

 

Des principes essentiels à garder à l’esprit

Bien ventiler, bannir l’humidité

Une isolation doit toujours être associée à une ventilation bien réalisée, contrôlée ou assistée mécaniquement (ventilation mécanique contrôlée [VMC] hygroréglable, double flux…).

Il est important qu’un logement soit correctement ventilé, notamment pour évacuer l’humidité. L’air des logements contient en effet toujours de la vapeur d’eau (en général beaucoup plus que l’air extérieur) provenant de ses occupants et de leurs activités.

Veiller à l’étanchéité à l’air

Effectuer l’isolation des parois sans faire la chasse aux entrées d’air parasites est une perte d’argent : elles peuvent augmenter très sensiblement la facture de chauffage, être une source d’inconfort et remettre en cause l’utilité des travaux d’isolation et le bon fonctionnement de la ventilation.

Traiter les ponts thermiques

Ce sont des zones de faiblesse de l’isolation. Le froid extérieur est alors plus rapidement transmis à l’intérieur du logement.

La vapeur d’eau se condense sur ces points plus froids, ce qui peut engendrer la formation de traces noires et de moisissures.

Les ponts thermiques les plus importants se situent :

  • aux jonctions entre la toiture et les murs ;
  • entre les murs et les menuiseries des fenêtres ;
  • entre les planchers et les murs ;
  • à la jonction du balcon et du mur ;
  • au niveau des montants des ossatures, des chevrons, des points de fixation, etc.

Une bonne continuité de l’isolation et de la membrane d’étanchéité doit permettre de traiter ces points faibles.

Lors de travaux ultérieurs dans l’habitat (agrandissements, création d’une ouverture…), il faudra veiller à respecter l’intégrité de l’isolation, à préserver sa continuité pour ne pas créer de nouveaux ponts thermiques.

Compléter les travaux « lourds » par de petits travaux efficaces

N’oubliez pas de réaliser également des petits travaux qui permettront de réduire encore davantage les pertes de chaleur :

  • calorifuger votre ballon d’eau chaude et les tuyaux d’eau chaude traversant des pièces non chauffées ;
  • isoler les coffrets de volets roulants ;
  • supprimer les entrées d’air froid sous les portes donnant sur les pièces non chauffées (garage, cave) en plaçant des bas de portes, voire en collant un isolant incombustible sur toute la porte ;
  • fermer les cheminées non utilisées pour éviter l’arrivée d’air froid par le conduit.

Tous ces petits travaux contribuent à améliorer votre confort et à réduire vos besoins de chauffage.

Les techniques d'isolation


Pour connaître toutes les techniques d'isolation :



L’isolation des combles et de la toiture

L’isolation de la toiture est la plus rentable, c’est la première étape à réaliser car le potentiel d’économies d’énergie est important. En effet, l’air chaud, plus léger, s’élève naturellement et vient en grande partie se loger sous le toit.

Pour réduire les besoins de chauffage, il est essentiel d’isoler au plus près du volume chauffé.

Isoler des combles perdus

Ce sont des locaux situés sous des toitures inclinées. Ils ne sont pas chauffés et doivent être séparés du logement chauffé par une barrière isolante. L’isolation de cette partie est nécessaire car les déperditions de chaleur sont importantes.

L’isolant est disposé sur le plancher sans discontinuité (sur toute la surface des combles et par rapport à la charpente et aux murs).

 

Les isolants utilisés sont :

  • les laines minérales (de verre ou de roche) ;
  • les isolants biosourcés (fibres de bois, de mouton, chanvre…) ;
  • les isolants en plastique alvéolaire (polystyrène expansé, polystyrène extrudé, polyuréthane, …) disposés bord à bord sur le plancher.

Les isolants en vrac (laine minérale ou isolants biosourcés) peuvent également être utilisés et soufflés à l’aide d’un appareillage approprié.

Isoler des combles habitables / aménageables

Les combles habitables sont situés sous une toiture inclinée et sont chauffés puisqu’on y habite. Deux techniques d’isolation peuvent vous êtes proposées : l’isolation par l’intérieur  et l’isolation par l’extérieur.

L’isolation par l’intérieur est réalisée grâce à :

  • des panneaux semi-rigides ou des rouleaux. La structure de la charpente et la place disponible déterminent la façon de poser l’isolant : entre les chevrons, sous les chevrons ou les deux ;
  • pour éviter les ponts thermiques liés aux chevrons et créer une ventilation sous la couverture, il est préférable de poser l’isolant sous les chevrons si la place le permet ;
  • un isolant en vrac, par insufflation. Le principe est d’injecter sous pression l’isolant dans un caisson étanche à l’air. L’isolant est recouvert d’un pare-vapeur ou frein-vapeur et d’un parement de finition (plâtre, bois) ;
  • la ventilation de la couverture est indispensable.

L’isolation par l’extérieur nécessite d’enlever le revêtement de toiture (tuiles…). On la réalise au moyen de panneaux de toiture porteurs qui comprennent le support ventilé de couverture, l’isolation et le cas échéant le parement de sous-face.

Cette opération lourde est très délicate à mettre en œuvre et varie d’un type de panneaux à l’autre. Dans tous les cas, la structure du toit doit pouvoir supporter le poids des panneaux.

Elle peut être intéressante car elle augmente le volume habitable, assure une isolation continue et  durable, préserve la charpente des variations de température et d’humidité et garantit la ventilation de la couverture.

Cette solution peut être envisagée lors de la réfection complète de la toiture.

Isoler une toiture-terrasse

L’étanchéité et l’isolation de la toiture sont soumises à une garantie décennale. Seul un professionnel qualifié peut intervenir.

Profitez de la réfection de l’étanchéité sur une toiture-terrasse pour inclure l’isolant thermique.

L’isolation d’une toiture-terrasse par l’intérieur, en mettant un isolant contre le plafond du dernier étage de la construction, est interdite par les règles de l’art. Elle est donc à proscrire absolument car il y a un risque de condensation dans le logement.

L’isolation des murs par l’intérieur

Cette technique d’isolation permet de ne pas modifier l’aspect extérieur de la maison. Elle entraîne toutefois une diminution de la surface habitable et sa mise en œuvre peut être contraignante : gênes pour l’ouverture des fenêtres, passage des canalisations, prises électriques…

Elle permet également d’améliorer votre confort à un coût relativement peu élevé.

Avec l’isolation par l’intérieur il est très difficile d’assurer la continuité de l’isolation (au droit des murs de refend, des planchers, des fondations, des plafonds, des balcons…) et donc d’éliminer les ponts thermiques. Une solution possible pour les limiter est « le retour d’isolant ».

Isolation avec des panneaux isolants

Ils se fixent par collage directement sur le mur ou par vissage sur des lattes de bois, avec création d’une lame d’air entre le mur et l’isolant. La pose s’effectue donc à l’aide d’un seul produit (isolant et parement intérieur). Les caractéristiques hygrométriques de la paroi finale dépendent des produits utilisés.

À la place des panneaux, on peut aussi utiliser un isolant en vrac. Il est maintenu au niveau du mur par un panneau de parement.

Isolation maçonnée

Des complexes isolants, mélange de liants et de fibres végétales, (complexe chanvre-chaux…) sont projetés sur le mur à isoler ou mis en œuvre à l’aide de coffrage, pour les grandes épaisseurs.

L’isolation des murs par l’extérieur

Elle est à envisager en priorité dès que cela est possible. Elle permet de faire deux opérations en même temps : l’isolation et le ravalement. Il est toutefois nécessaire, avant d’intervenir, de régler d’éventuels problèmes d’humidité dans les murs extérieurs (remontées capillaires…).

Elle permet :

  • de traiter un plus grand nombre de ponts thermiques et de limiter les effets de la condensation grâce à la continuité de l’isolant au niveau des planchers intermédiaires notamment ;
  • de conserver l’inertie thermique des murs ;
  • de ne pas modifier les surfaces habitables ;
  • de protéger les murs des variations climatiques.

Le coût de cette technique est souvent plus élevé que celui de l’isolation par l’intérieur (hors coût de ravalement). Elle nécessite de changer les seuils de fenêtre, d’intégrer les descentes de gouttières… et modifie l’aspect extérieur du bâtiment ce qui nécessite une déclaration préalable de travaux ou l’obtention d’un permis de construire.

Il est indispensable de traiter les ponts thermiques inhérents à cette technique d’isolation, notamment les encadrements de baies, les planchers hauts, les balcons, les escaliers extérieurs, etc.

Isolation par panneaux enduits

Les panneaux isolants sont fixés au mur par collage et / ou vissage.

Ils sont recouverts d’un treillis collé puis d’un enduit de finition.

C’est la solution la moins chère en isolation par l’extérieur.

Isolation protégée par un bardage

Des panneaux isolants sont installés sur des montants fixés au mur. Cet ensemble est protégé par un film pare-pluie ou un panneau respirant. Des tasseaux horizontaux permettent de poser un bardage extérieur tout en ménageant une lame d’air entre l’isolant et le bardage.

Dans cette technique les montants en bois créent des ponts thermiques qui diminuent la performance globale de l’isolation. Pour y remédier, il est recommandé de poser une couche croisée d’isolant qui vient recouvrir les montants.

Isolation par enduit isolant

Le système se compose d’un enduit isolant minéral ou végétal projeté en une ou plusieurs couches ou coffré sur le mur à l’extérieur de l’habitation, et d’un crépi de finition. Les matériaux mis en œuvre doivent permettre l’évacuation de l’humidité par une régulation naturelle de l’hygrométrie, surtout dans le bâti ancien.

L’isolation des planchers

On peut isoler un plancher par le bas (isolant fixé sur la face inférieure du plancher), par le haut (isolant posé sur le plancher et recouvert d’un revêtement pour y circuler) ou entre les éléments de structure du plancher.

Pour choisir la solution d’isolation, il faut tenir compte des contraintes de place (hauteur entre le plancher et le plafond) et d’accessibilité (par exemple, un vide sanitaire de 30 cm de haut ne sera pas accessible).

Isoler les planchers sur locaux non chauffés (cave, sous-sol, garage…)

La technique la plus simple est l’isolation par le bas. On peut utiliser des isolants souples, qui épousent la forme du support, même s’il est irrégulier, ou rigides, qui doivent être posés sur une surface plane. L’isolant peut être laissé nu ou recouvert d’une finition (plaques ou enduit) selon qu’il est visible ou pas, ou qu’il nécessite ou pas une protection (agressions mécaniques).

Pour éviter les ponts thermiques :

  • les panneaux isolants doivent être jointifs, posés de façon continue et appliqués contre le plancher ;
  • il faut isoler également les murs d’angle et les appuis du plancher pour traiter les ponts thermiques.