Particuliers et éco-citoyens

Les conséquences du réchauffement planétaire

Mis à jour le 06/11/2017

Le changement climatique perturbe les milieux naturels et la biodiversité. Les êtres humains sont, eux aussi, affectés car leur espace habitable, leur santé, l'agriculture, l'économie… sont impactés par les modifications du climat.

Certaines zones se réchauffent plus rapidement que d’autres

C’est le cas des zones polaires, avec des conséquences spectaculaires : la surface minimale (mesurée en septembre tous les ans) de la banquise arctique est passée de 8,5 millions de km² dans la période 1950 - 1975 à 5,5 millions de km2 en 2010, soit une décroissance moyenne de 11 % tous les 10 ans.
Au rythme de fonte actuel, la banquise arctique pourrait disparaître en été dans quelques dizaines d’années.

En France métropolitaine, l’augmentation des températures moyennes depuis 1900 concerne l’ensemble du territoire. Elle varie d’une région à l’autre : de 0,7 ℃ dans le nord-est du pays jusqu’à 1,1 ℃ dans le sud-ouest.
Depuis 1950, le nombre de journées estivales (température de plus de 25 ℃) a augmenté en moyenne de 4 jours tous les 10 ans à Paris et de plus de 5 jours tous les 10 ans à Toulouse.

Le cycle de l’eau et les climats se modifient

L’augmentation de la température accroît l’évaporation de l’eau, à certaines latitudes. Cette évolution modifie les précipitations dans de nombreuses régions : le régime des pluies change. Entre 1900 et 2005, les précipitations ont augmenté dans les parties orientales d’Amérique du Nord et du Sud, en Europe du Nord et en Asie du Nord et Centrale.
En revanche, la zone méditerranéenne, le Sahel, l’Afrique du Sud et certaines parties d’Asie du Sud ont connu une période plus sèche.
La couverture de neige tend à se réduire, notamment dans l’hémisphère nord.
La circulation des masses d’air est perturbée par le réchauffement global, ce qui modifie le régime des vents et le climat à l’échelle de régions entières.
La majorité des modèles climatologiques conclut que la pluviométrie va augmenter aux hautes latitudes tempérées et diminuer dans les contrées tropicales de l’hémisphère nord. Le dérèglement des saisons et le déplacement des masses d’air pourraient à long terme, accroître le nombre d’événements climatiques extrêmes. Ainsi, des canicules analogues à celles de 2003 et 2016 en France pourraient devenir beaucoup plus fréquentes.
 
En France, on enregistre déjà une baisse des débits de nombreux cours d’eau (surtout à l’étiage) et un réchauffement de l’eau. Ce fait influe sur les écosystèmes aquatiques, la ressource en eau potable, les capacités d’irrigation pour l’agriculture, de refroidissement pour certaines industries (centrales nucléaires) ou le rendement des équipements hydroélectriques.

Le niveau des océans monte

Le niveau des océans s’est élevé de 18 cm en moyenne dans le monde entre 1870 et 2000. Le phénomène s’accélère : la hausse a été de 6 cm ces 20 dernières années.
Au niveau mondial, une hausse de 1 mètre du niveau des mers toucherait directement 1/10 de la population mondiale (600 à 700 millions de personnes).

Des mers plus acides

L’océan fixe de grandes quantités de carbone. En se chargeant de gaz carbonique (CO2), l’eau de mer s’acidifie. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, le pH de l’océan est passé de 8,25 à 8,14. Cette acidification des océans n’est pas sans conséquences.
De nombreux végétaux et animaux construisent leur coquille (huîtres) ou leur squelette (coraux) avec du carbonate de calcium. Ce minéral est particulièrement sensible à un environnement acide. Une acidification trop importante des eaux marines pourrait provoquer la disparition de ces espèces et de toutes celles qui leur sont attachées.

Des cycles végétatifs accélérés

Du fait de températures plus élevées en moyenne sur la saison, les cycles des végétaux sauvages et des plantes cultivées connaissent des modifications.
Dans les zones tempérées, on constate ainsi de nombreux exemples de floraisons, de mise à feuille et de maturation des fruits plus précoces, de chute des feuilles plus tardives pour les feuillus à l’automne.

Des espèces animales perturbées

La faune terrestre est sensible aux changements de températures. On observe, au cours du XXe siècle, un déplacement sensible vers le nord des aires de répartition d’une majorité des papillons britanniques. Il est probable que cela soit en réaction à des températures plus élevées.
Certaines espèces ne semblent pas s’adapter à ces changements. On constate ainsi le déclin des populations néerlandaises de gobemouche noir, un passereau migrateur. Il est vraisemblable que ce soit dû à l’éclosion trop précoce aux Pays-Bas (avant son retour d’Afrique) des chenilles dont il se nourrit.
 
Certaines espèces semblent s’étendre, risquant de fragiliser des écosystèmes déjà particulièrement touchés. C’est le cas par exemple des espèces thermophiles*. On a ainsi pu observer l’implantation croissante d’espèces tropicales dans des zones à l’origine plus tempérées. Certaines d’entre elles peuvent être dangereuses pour l’homme ou ses cultures (prolifération de certains insectes ravageurs comme les mouches blanches).
*espèces préférant la chaleur.
 
On constate la remontée régulière vers le nord de la France de la chenille processionnaire du pin, qui fragilise les peuplements de pin et constitue un problème de santé publique (chenille très urticante).
En Bourgogne s’installe la cicadelle, insecte vecteur d’une maladie de la vigne, la flavescence dorée, auparavant cantonnée aux régions méditerranéennes.

Des conséquences pour les êtres humains

Dans certaines régions du monde, la quantité et la qualité de l’eau potable diminue déjà et diminuera encore plus à l’avenir du fait des modifications du régime des pluies (plus violentes mais plus rares) et de la fonte des glaciers alimentant les sources et les rivières. Les régions sèches ou subtropicales, mais aussi l’Europe, sont particulièrement concernées.
 
La montée des eaux marines peut provoquer la submersion ou des inondations fréquentes de régions côtières basses (grandes zones de delta, au Bangladesh par exemple) ou d’îles (Maldives, Vanuatu…) et l’érosion des côtes.
Ces pertes de terres affecteront des régions souvent très peuplées et équipées d’infrastructures essentielles (villes, ports). Leurs habitants seront contraints de quitter leur lieu de vie.
 
Les vagues de chaleur, les inondations, les cyclones peuvent influer sur la santé humaine, la production alimentaire et la disponibilité en eau.
On constate le déplacement d’aires de maladies « à vecteurs », c’est à dire transportées par des oiseaux, des insectes… liés à certaines zones climatiques (malaria, chikungunya…). Mais les impacts du réchauffement global sur la propagation des maladies sont encore mal connus.
 
On constate déjà l’impact négatif des changements climatiques sur les rendements de plusieurs cultures : blé et maïs surtout, riz et soja dans une moindre mesure. On envisage une réduction des rendements de 2 % tous les 10 ans au XXIe siècle. Ils risquent également de fluctuer de façon beaucoup plus importante d’une année sur l’autre, avec des conséquences sur le prix des denrées alimentaires et la sécurité des approvisionnements.
Certaines terres agricoles côtières ne seront plus cultivables du fait de la salinisation liée à la montée du niveau des océans.
 
La modification des écosystèmes marins a une influence directe sur les activités de pêche. Les prochaines décennies vont voir la baisse des quantités de poissons, surtout dans les zones tropicales et les mers ayant peu d’échanges avec les océans.

Le climat va continuer de changer au XXIe siècle

À noter : les fourchettes de résultats sont établies selon deux scénarios d’émissions de gaz à effet de serre (GES), l’un plutôt optimiste (nous parvenons à réduire nos émissions de GES de façon significative) et l’autre plutôt pessimiste (nous ne parvenons pas à maîtriser nos émissions).

  • L’augmentation des températures moyennes d’ici 2100 se situerait entre 2 ℃ et 3,5 ℃ ;
  • une baisse des précipitations moyennes de printemps et d’été parait certaine (pour le scénario le plus pessimiste, -10 % vers 2050 et -30 % vers 2090), particulièrement dans le Sud-Ouest de la France ;
  • les jours très chauds (dépassant de 5 ℃ la moyenne) vont être plus nombreux : de 36 aujourd’hui, ils passeraient vers 2030 à plus de 40 (scénario optimiste) ou à plus de 70 (scénario pessimiste). Dans le Sud-Est, cette hausse devrait être plus importante : vers 2090, on prévoit 80 jours très chauds supplémentaires par rapport à la moyenne actuelle.
  • toutes les régions subiront des sécheresses estivales plus longues ;
  • d’ici 2100, le niveau de la mer pourrait monter en moyenne de 20 à 43 cm (scénario optimiste) ou de 23 à 51 cm (scénario pessimiste) ;
  • des cours d’eau perturbés.

Mots-clés : CHANGEMENT CLIMATIQUE

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