Particuliers et éco-citoyens

Comment réagir face au changement climatique ?

Mis à jour le 06/11/2017

En raison de l’inertie du système climatique (plusieurs décennies pour l’atmosphère, plusieurs siècles pour les océans), cette évolution va se poursuivre malgré nos efforts de réductions des émissions de gaz à effet de serre.

Diminuer les émissions de gaz à effet de serre

En France, le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre (28 %), suivi par le secteur agricole (20 %) et le secteur habitat et tertiaire (20 %).
Agir dans ces domaines est donc prioritaire pour tous, industriels, agriculteurs, entrepreneurs, collectivités, citoyens…
 
L’ADEME propose aux citoyens de nombreux conseils pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre au quotidien. Consultez vite notre rubrique.

S’adapter à un climat qui change

En anticipant les changements prévisibles, nous serons moins vulnérables et moins susceptibles d’être contraints de prendre des mesures dans l’urgence.

Adapter son habitat

Des chaleurs estivales plus fortes et plus longues rendent certains logements plus inconfortables. Il faut apprendre à s’en protéger sans généraliser l’emploi de la climatisation : isolez mieux votre logement, installez des protections solaires (stores extérieurs, brise-soleil, auvents, plantez des arbres à feuilles caduques pour protéger les fenêtres en été…

Économiser l’eau

En réduisant votre consommation, vous allégez la pression sur la ressource, fragilisée par le changement climatique :

  • évitez le gaspillage d’eau (fermez les robinets, réparez les fuites) ;
  • limitez les débits d’eau (au robinet, dans les toilettes) et les consommations (lave-linge et lave-vaisselle classés A+++ sur l’étiquette-énergie) ;
  • récupérez l’eau de pluie (citerne de stockage pour l’arrosage du jardin et le lavage de la voiture…).

Jardiner autrement

Consommez moins d’eau en jardin en paillant vos cultures, en les binant, en arrosant le soir.
Adoptez des variétés supportant bien la sécheresse et la chaleur. Faites un « jardin sec », qui ne demande que peu d’arrosage.

Prendre des mesures dans tous les secteurs

Tempêtes et inondations : agir dès maintenant

Il existe des solutions d’aménagement qui permettent de diminuer notre vulnérabilité à long terme aux risques d’inondation : en déplaçant les activités et les habitations soumises à un risque fort ; en adaptant l’habitat des villes côtières à la montée des eaux ; en recréant des zones tampons, comme les prés salés, entre la mer et l’intérieur des terres, ce qui atténue l’impact de la houle marine et recrée des zones écologiquement très riches. Cette mesure passe par la « dépoldérisation »* de terres, pour les rendre accessibles à une submersion au rythme des marées. Elle est déjà expérimentée dans l’estuaire de la Gironde.

*processus de « remise » à la mer des terres précédemment gagnées sur l’espace maritime et protégées par des digues : les polders. Ils sont situés sous le niveau des hautes eaux et de plus en plus sensibles à la submersion.

Préserver les ressources naturelles

Pour s’adapter à une ressource moins abondante et préserver sa qualité, il est important :

  • de s’habituer maintenant à en consommer moins dans tous les domaines (agriculture, industrie, consommation domestique…), en évitant les gaspillages ;
  • de protéger les ressources en eau potable contre toute dégradation (pollution…), de chercher de nouvelles ressources, d’améliorer l’efficacité des réseaux de distribution en limitant les fuites d’eau ;
  • de limiter l’imperméabilisation des sols pour favoriser l’infiltration des pluies ;
  • de diminuer et de contrôler plus sévèrement les rejets de
  • polluants dans le cours d’eau pour éviter l’eutrophisation * (favorisée par des chaleurs plus fortes et des débits moins élevés).

* apport excessif de nitrates et de phosphates dans un milieu aquatique, pouvant y entraîner la prolifération de végétaux (algues…), l’appauvrissement en oxygène, le dégagement de substances toxiques (ammoniac, méthane…)
 
Le maintien de milieux naturels diversifiés de taille suffisante, reliés entre eux est une mesure essentielle pour préserver la diversité.
Des mesures sont déjà en place comme la création de corridors écologiques, la mise en place de la Trame verte et bleue, le maintien ou la recréation de zones d’évacuation de crues des cours d’eau…

Gérer autrement les forêts et les cultures

Face à une diminution probable des ressources en eau en été et à une saison estivale plus chaude et plus longue, l’agriculture doit s’adapter :

  • en améliorant l’efficacité de l’utilisation de l’eau ;
  • en réduisant les besoins en eau des cultures. Les cultures d’hiver moins sensibles à la sécheresse et moins consommatrices d’eau (tournesol, sorgho, orge remplaçant le maïs) et les cultures précoces sont moins affectées par les sécheresses estivales ;
  • en évitant de laisser les sols nus, où l’évaporation est forte ;
  • en développant l’agroforesterie. L’association d’arbres et de cultures (ou d’animaux) sur une même parcelle est une pratique ancestrale. Elle a beaucoup régressé avec la mécanisation de l’agriculture. Elle présente de nombreux avantages : les arbres procurent de l’ombre aux plantes ou aux animaux, l’eau s’évapore moins vite, le sol, recouvert toute l’année de végétation, est protégé des pluies violentes, arbres et plantes herbacées vont chercher l’eau à des profondeurs différentes et exploitent mieux cette ressource, la végétation présente en permanence absorbe et fixe du CO2

Les cycles forestiers sont longs et les mesures d’adaptation des forêts doivent être prises en compte dès maintenant :

  • sélection de variétés forestières mieux adaptées aux futures conditions climatiques ;
  • diversification des peuplements et identification des essences forestières vulnérables au changement climatique pour les éviter en régénération ;
  • adaptation de la sylviculture (futaies irrégulières, mélangées, jardinées qui résistent mieux aux aléas climatiques et à la fragilisation d’une essence…).

Urbanisme et habitat : prendre en compte le confort et les risques

Aujourd’hui, les logements doivent obligatoirement être conçus avec des préoccupations bioclimatiques pour plus de confort face à l’élévation des températures estivales et à l’augmentation du nombre de jours exceptionnellement chauds.

Les villes sont toujours plus chaudes que les territoires végétalisés non bâtis. En période de canicule, la santé et la qualité de vie des habitants y seront d’autant plus affectées. En cause : la structure des villes (mauvaise circulation de l’air), l’abondance des surfaces bétonnées ou goudronnées sombres qui emmagasinent la chaleur, la rareté de la végétation, la climatisation qui rejette des calories dans l’air extérieur des villes…

Certaines villes ont déjà expérimenté des solutions pour s’en prémunir (Chicago, Rotterdam, Londres, Lyon…) :

  • la végétalisation (création de trames vertes, plantations d’arbres, murs et terrasses végétalisés…) procure de l’ombre, freine le réchauffement des bâtiments et favorise l’évapo-transpiration qui rafraîchit l’atmosphère ;
  • la diminution des surfaces sombres ;
  • l’adoption de moyens passifs de rafraîchissement des bâtiments (puits climatique, architecture bioclimatique, isolation adéquate…) qui ne consomment pas d’énergie ;
  • un urbanisme adapté aux climats locaux et favorisant une bonne circulation de l’air en ville. 

Le risque d’inondation par les eaux pluviales peut être limité par des mesures appropriées : diminution des surfaces imperméabilisées, multiplication des zones d’infiltration dans les surfaces végétalisées…

Mots-clés : CHANGEMENT CLIMATIQUE

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