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La qualité des eaux usées détermine la qualité des boues
Aujourdhui, selon la nature des activités raccordées au réseau dassainissement, les stations dépuration recueillent des rejets contenant une grande diversité de polluants. On peut ainsi retrouver dans les boues dépuration des substances chimiques et des micro-organismes dont les effets sont indésirables soit pour la conservation des sols, soit pour la qualité alimentaire des cultures, soit pour la santé de lhomme et des animaux.
Lorsquils atteignent les seuils fixés par la réglementation, ces éléments rendent les boues impropres à lépandage agricole.
Une station dépuration ne génère pas de produits polluants : elle ne fait que prendre en charge les substances chimiques rejetées par les diverses activités domestiques et économiques et véhiculées par les réseaux dassainissement.
Les contaminants chimiques et biologiques de lenvironnement
Un contaminant est un produit chimique ou un élément biologique présent de façon indésirable dans un milieu (?) :
- soit que, déjà présent dans ce milieu, il vienne en augmenter la teneur pour la rapprocher dun seuil considéré comme dangereux,
- soit que, dangereux par nature, il vienne altérer ce milieu dans lequel il nest pas présent habituellement.
Lorsquun contaminant saccumule dans un milieu au point de modifier négativement sa qualité (voire changer ses propriétés), il génère une pollution.
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Dans les cas des sols et des boues, les contaminants sont des produits chimiques présents en quantités infinitésimales appelés éléments-traces, sil sagit de métaux ou métalloïdes, dits composés-traces dans le cas de substances organiques. Des micro-organismes pathogènes, parce que susceptibles de provoquer des maladies chez lhomme ou chez les animaux, viennent compléter les contaminants précédents.
Les éléments-traces ou ET (?)
Les éléments-traces sont naturellement présents dans les sols. Un certain nombre dentre-eux sont indispensables à lalimentation des plantes : ils font partie des oligo-éléments (?). Dans les boues, leur concentration peut être faible (cf. "En savoir plus" en haut de page). Mais selon la nature des eaux épurées, la teneur en certains éléments peut sélever considérablement.
Lapport de boues vient alors augmenter le stock naturel du sol ce qui peut faire craindre, à long terme, des accumulations incompatibles avec la qualité des cultures.
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Les teneurs des boues en éléments-traces sont particulièrement faibles : elles se mesurent en ppm (partie par million) ce qui correspond à des milligrammes par kilo de matière sèche (ou g/t MS, expression équivalente).
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Une politique rigoureuse de contrôle des rejets a prouvé quil était possible, même pour de grandes agglomérations, de produire des boues à faible teneur en ET et ainsi de ne pas élever les teneurs naturelles du sol. Les données les plus récentes (SPYREA, 2000) confirment la baisse continue des teneurs en ET des boues d'épurations.
Par ailleurs, les expérimentations de longue durée, en France et à létranger, démontrent que les taux de transfert des ET vers les végétaux sont inférieurs à 1 % des quantités apportées sur les sols.
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Linterdiction des thermomètres à mercure et la disparition progressive des carburants plombés participent à une moindre dispersion de ces métaux dans lenvironnement. Cela contribue, en même temps, à une diminution continue de leur teneur dans les boues.
(cf. "En savoir plus" en haut de page).
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Les composés-traces organiques ou CTO (?)
Ce sont des produits chimiques (hydrocarbures et leurs dérivés, produits de dégradation, solvants,
) qui sont dégradés, plus ou moins fortement, par lactivité microbiologique du sol. A haute dose, ils peuvent également être toxiques pour les micro-organismes essentiels à la fertilité du sol.
La réglementation française a retenu comme indicateur des composés résistants à la biodégradation :
- les HPA ou hydrocarbures polycycliques aromatiques, issus de la combustion des carburants ou du chauffage. Ils sont essentiellement apportés aux sols (et parfois sur le feuillage des plantes) par les retombées atmosphériques. Ils peuvent aussi être apportés aux eaux usées par le lessivage des chaussées par les eaux de pluie.
- les PCB ou polychlorobiphényles (hydrocarbures polycycliques aromatiques chlorés), autrefois utilisés comme isolant dans les transformateurs électriques, ne sont plus produits en France depuis 1977.
Ces produits particulièrement persistants font craindre, comme pour les ET, une accumulation dans le sol. Toutefois, les expérimentations montrent que les composés-traces organiques apportés par les boues ne passent pas du sol vers les plantes. Par contre, les retombées atmosphériques, via la pollution de lair (combustion, incinération, circulation,
), sont plus préoccupantes - toute proportion gardée - car les contaminants se déposent directement à la surface des plantes et sont exportés en même temps que la récolte vers les circuits de transformation agro-alimentaires.
Les flux de CTO/ha liés aux épandages de boues sont de lordre du gramme ou de la centaine de grammes. Pour fixer les idées, il faut savoir, par exemple dans le domaine du jardinage, que les pesticides, produits phytosanitaires spécifiquement autorisés et utilisables dans un cadre très précis, sont appliqués à des doses comprises en 1 000 et 4 000 grammes par hectare.
Les micro-organismes pathogènes
Les micro-organismes jouent un rôle essentiel dans les processus dépuration, aussi bien en station que dans le sol. Extraordinairement variés, ils sont présents en abondance dans lenvironnement, mais seule une infime partie dentre eux est pathogène.
Le respect des règles élémentaires d'hygiène du travail lors de la manipulation des boues d'épuration - comme de toute matière organique animale ou végétale - mérite, en premier lieu, d'être rappelé (vétements de travail lavés régulièrement, lavage des mains, douche, lavage du matériel, etc.).
Dans la mesure où les micro-organismes pathogènes (?) présentent une durée de vie limitée dans les sols, des délais sanitaires avant certaines cultures et des distances limites par rapport aux habitations ou aux cours d'eau, étang, etc... sont préscrits par la réglementation pour maîtriser les risques microbiologiques.
A la différence des ET, il existe aussi des procédés dhygiénisation (?) mis au point par lhomme pour éliminer ces ennemis ancestraux. Généralement développés pour les industries alimentaires, ces procédés peuvent être utilisés à un coût acceptable pour les grosses stations dépuration, mais ils restent difficilement accessibles pour les petites communes.
Les connaissances scientifiques relatives à la nuisibilité des micro-organismes pathogènes sont très nombreuses. Toutefois, des accidents sanitaires récents sans rapport avec lépandage des boues municipales, précisons-le ! - ont apporté la preuve que le combat contre les agents pathogènes nest jamais définitivement gagné et que tout dispositif peut avoir des lacunes.
Les micro-organismes phytopathogènes, cest-à-dire capables de provoquer des maladies chez les plantes cultivées, ne sont pas détectés dans les boues dorigine municipales. En revanche, cette question est à surveiller pour les boues agro-industrielles, même si aucun accident n'a été signalé.
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