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De par la nature des boues dépuration, la pratique de lépandage doit être parfaitement maîtrisée pour ne pas constituer de gêne pour le voisinage. Elle implique le transport de matières lourdes et souvent malodorantes qui peuvent indisposer les riverains.
Elle est aussi le résultat dune démarche technique de fertilisation qui impose à lagriculteur la plus grande rigueur dans le calcul des apports déléments fertilisants, sous peine de voir ses productions gravement compromises : une culture naccepte dêtre ni suralimentée, ni sous-alimentée. De plus, il faut lalimenter au bon moment : il faut donc pouvoir épandre à la période prévue.
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Pour que tout se passe bien, la pratique de lépandage doit donc être organisée longtemps à lavance, généralement en deux temps :
- une phase de conception du dispositif dépandage
Elle consiste en fait à réaliser létude préalable imposée par la nouvelle réglementation.
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Cest un moment privilégié déchange avec les agriculteurs, essentiel pour la réussite et la pérennité du dispositif. En particulier, létude approfondie des analyses, aussi bien des boues que du sol, doit permettre un engagement réciproque du producteur de boues et de chaque agriculteur sur des bases saines, en toute sérénité quand à linnocuité de la pratique qui est entreprise. Toutes les grandes lignes de lorganisation des épandages sont définies.
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Le décret du 8 décembre 1997, complété par larrêté du 8 janvier 1998, définit toutes les obligations qui simposent au producteur de boues (en général la municipalité ou une entreprise mandataire), en sa qualité de propriétaire du déchet :
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Bien stocker les boues dépuration
Les boues doivent être entreposées dans des dispositifs aménagés, prévenant la production de lixiviats (ou jus), et dune capacité suffisante, définie par létude préalable, compte tenu des contraintes du calendrier agricole. Le stockage temporaire à même le sol, sur les parcelles agricoles, est limité à 48 heures, sauf si les boues sont solides et stabilisées et que toute précaution est prise pour éviter les ruissellements ou percolations de jus.
Bien organiser les épandages : létude préalable
Le producteur de boues doit soumettre à laccord de lAdministration préfectorale (DDAF ou DDASS) un schéma dorganisation des épandages appelé étude préalable.
Pour les stations de grande taille, en général supérieure à 50 000 équivalent-habitants (quantité de boues supérieures à 800 t/MS/an), une autorisation est nécessaire : elle requiert alors le déroulement dune enquête publique dans toutes les communes concernées par les épandages. Cette enquête permet une large information des mairies et des riverains.
De plus, le producteur de boues doit obligatoirement demander lavis du Conseil Départemental dHygiène (CDH).
Pour les stations de plus petite taille, une déclaration suffit, ladministration vérifiant si le dossier est complet et conforme avant de délivrer un récépissé. Une copie du récépissé est adressée aux maires des communes concernées.
Lavis du CDH nest pas obligatoire, sauf règles départementales particulières.
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Pour les grandes stations, lenquête publique permet une large information des mairies et des riverains.
Dans le cas de petites stations (moins de 2 000 équivalent-habitants), seule létude préalable est demandée.
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Le stockage des boues dépuration en bordure de parcelle est limité à 48 heures sauf si les boues sont solides et stabilisées.
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- une phase dexploitation
Elle est elle-même organisée en plusieurs étapes :
1 - la programmation des opérations qui définit exactement les parcelles concernées et les périodes dépandage, les analyses à réaliser, les personnes responsables, en particulier le directeur général des opérations ;
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Bien planifier les opérations :
le programme prévisionnel
Chaque année, le producteur de boues est tenu de rédiger un document de planification des opérations dépandage appelé programme prévisionnel ou encore plan dépandage. Il doit le transmettre à ladministration au plus tard un mois avant le début des travaux. Ce document décrit, pour lannée à venir, les parcelles réceptrices, les quantités de boues prévues par parcelle, les modalités de surveillance des boues et des sols, ainsi que les divers intervenants responsables du stockage, du transport et des épandages.
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2 - les opérations dépandage proprement dites avec vérification sur le terrain de la bonne marche des opérations, la délivrance à lagriculteur de toutes les informations sur les quantités épandues et la tenue du registre des épandages ;
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Bien enregistrer les travaux :
le registre des épandages
Le producteur de boues doit consigner les apports effectués, parcelle par parcelle, sur le registre des épandages : analyse des boues et des sols, dates dépandage, quantités apportées.
Il est également recommandé denregistrer, pour chaque parcelle, les fumures complémentaires, minérales ou organiques.
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Au cours de cette phase, une souplesse dans lorganisation et des marges de sécurité sont à prévoir car les opérations dépandage sont très dépendantes des conditions météorologiques.
3 - le bilan annuel dressé par le producteur de boues en fin de période dépandage pour information des agriculteurs, de ladministration et des tiers intéressés.
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Un organisme indépendant du producteur de boues peut être mis en place par le Préfet, en accord avec la Chambre dAgriculture, pour valider les données de lautosurveillance des épandages et assurer ainsi un suivi agronomique.
Cette disposition est assez récente (arrêté du 8 janvier 1998) :
elle est progressivement appliquée en France.
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Dresser un récapitulatif des opérations :
le bilan agronomique
En fin de campagne annuelle, un compte-rendu sur le déroulement des opérations doit être remis à ladministration :
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cest le bilan agronomique qui comprend la synthèse des informations figurant dans le registre dépandage, le bilan de fumure et le bilan qualitatif et quantitatif des boues épandues.
Si nécessaire, des données sur la mise à jour des informations de létude préalable sont jointes à ce bilan.
Ce bilan doit être adressé à ladministration, au plus tard, en même temps que le programme annuel dépandage de lannée suivante.
La synthèse du registre dépandage est communiquée aux agriculteurs. Elle peut être communiquée aux tiers par le préfet sur leur demande.
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