
Jusqu’à 300 personnes travaillaient dans les mines d’or du Châtelet, entre 1905 et 1950.
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Un investissement
de 4 millions d’euros
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Avant que le chantier ne soit lancé, l’ADEME a réalisé une étude de risques et effectué un « point zéro » du site et de ses alentours pour en reconnaître le niveau initial de pollution. Elle a aussi préparé techniquement les travaux, puis mis en place un protocole de surveillance et d’alerte durant ceux-ci, prévoyant notamment la brumisation des poussières pour qu’elles retombent au sol.
« Pour ces études préliminaires, lancées dès 1992, et le chantier de réhabilitation en lui-même, nous disposons d’un montant de 4 millions d’euros, précise Patrick Jacquemin, l’ingénieur chargé du projet à la direction régionale Limousin de l’ADEME. Le Châtelet est la deuxième mine d’or sur laquelle travaille l’Agence, le premier site étant celui de La Combe du Saut, proche de la mine Salsigne en Languedoc-Roussillon. Il est peu probable qu’il y en ait d’autres ensuite car la législation actuelle impose aux exploitants de “nettoyer” leurs terrains avant de les abandonner. »
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Centre
Une réhabilitation en or
Quand l’ADEME se voit confier la rénovation et la dépollution
d’une mine tombée en ruine, elle s’attache tout particulièrement
à sa réintégration dans l’environnement paysager.
Et met tout en oeuvre pour ne pas en chasser les nouveaux locataires...
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Une colonie de chauves-souris, espèce protégée, a élu domicile dans la mine après sa fermeture. |
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Les mines d’or du Châtelet, près de Budelière dans la Creuse, ont été exploitées entre 1905 et 1950 par des équipes de mineurs comprenant jusqu’à 300 personnes. Lorsque l’activité fut interrompue en raison d’une insuffisance de métal précieux dans le minerai, l’exploitant abandonna les lieux qui tombèrent en ruine. De nombreuses années plus tard, l’exploitant ayant disparu, les travaux de réhabilitation furent confiés à l’ADEME par un arrêté préfectoral du 21 juillet 1999. « Concrètement, l’Agence s’est vue confier la mission de dépolluer un site contaminé à l’arsenic, élément résiduel présent dans le minerai sous forme d’arsénopyrite, précise Janine Vergnenègre, assistante du secteur activités économiques à la DR Limousin. L’ADEME doit également le réhabiliter au niveau de son intégration dans l’environnement paysager. » Ce n’est qu’en mars 2010 que les travaux ont pu démarrer. « Ils prévoient plusieurs interventions spécifiques, certaines d’entre elles étant assez singulières ! En effet, une colonie de chauves-souris, des grands rhinolophes, a pris possession de la mine après sa fermeture. Il s’agit d’une espèce protégée, aussi allons-nous la maintenir sur le site et favoriser son développement. Nous lui réservons l’ancienne tour de malaxage, que nous flanquerons d’un nouveau bâtiment où elle pourra prospérer. »
Plus de salle des pendus
Cette première étape ayant été terminée en juin 2010, le groupement Guintoli et Muller TP, chargé des travaux, a dû renforcer un petit pont ancien et recréer des pistes pour permettre l’accès des engins. Une digue est en cours de construction le long de la Tardes, un affluent du Cher, en contrebas du site. En effet, les déchets miniers sont sur un terrain en pente juste au bord de la rivière et, lorsqu’il pleut, les eaux de ruissellement chargées en arsenic arrivent directement dans cette rivière.
En cas de crue, la rivière vient éroder les déchets. Le nouvel ouvrage aura pour objet de protéger le pied du stockage. Ensuite, d’août à décembre 2010, il s’agira de démolir la quasi-totalité des bâtiments de l’ancienne mine, y compris la « salle des pendus »*, trop polluée pour être conservée. La terre et les matériaux contaminés
seront stockés dans un alvéole étanche, l’ensemble des déchets étant recouverts par une géomembrane imperméable. Enfin, le chemin actuel qui traverse le périmètre sera fermé et les accès définitifs pour les riverains seront aménagés. « Tout sera terminé au printemps 2011, lorsque le Châtelet aura été replanté avec des végétaux comme des fougères, de la bruyère, de la prairie et des haies champêtres. Le site sera clôturé pour en interdire l’accès au public. Quant à l’aire de vie qui a été construite pour abriter les installations de chantier, il sera proposé de la convertir en parking pour les touristes voulant visiter le village du Châtelet, très intéressant ne serait-ce qu’en raison de ses anciennes maisons de mineurs et de son église, classée, aux très anciennes peintures murales », projette Janine Vergnenègre.
* La salle des pendus est l’ancien vestiaire où les mineurs suspendaient leurs affaires au plafond grâce à un système de cordes et de poulies, d’où le nom…
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