Procédé alternatif à la suppression
des émissions de COV
Pas de pression pour l’extraction industrielle des huiles végétales
Les composés organiques volatils (COV) constituent une famille de polluants atmosphériques qui présentent des risques pour la santé humaine et la préservation des équilibres écologiques. La réduction ou la suppression de leurs émissions, notamment celles de source industrielle, est une priorité des politiques environnementales. Les réglementations européennes (dont la directive « solvants » 99/13/CE) et, en France, le deuxième Plan national santé environnement, ciblent en particulier les COV classés CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), dont le n-hexane fait partie. Entre autres applications industrielles, ce solvant est très utilisé pour l’extraction d’huiles végétales à partir de graines oléagineuses.
D’où l’intérêt du procédé alternatif développé à Nancy au laboratoire d’ingénierie des bio-molécules (LIBio) de l’Institut national polytechnique de Lorraine, sous la direction du Pr. Michel Girardin, en collaboration avec l’Institut des corps gras (ITERG) de Pessac (Gironde), dans le cadre d’un programme de recherche lancé en 2004. Cette méthode brevetée, qui évite l’emploi de solvants organiques, est une technologie « douce » d’extraction utilisant des enzymes et de l’eau. Son industrialisation économiserait des milliers de m3 d’hexane par an, en supprimant ainsi complètement les émissions de COV. En outre, elle permet de produire des huiles de qualité améliorée. Les perspectives à l’issue de la phase de R & D sont très prometteuses en termes de rendements en huile obtenus sur le colza et le tournesol. Les surcoûts de production éventuels devraient être largement compensés par l’allègement des contraintes industrielles liées à la présence des solvants. Et, surtout, l’extraction par voies aqueuse et enzymatique permet d’envisager une valorisation économique de toutes les fractions de cette biomasse : non seulement l’huile, mais aussi les protéines et les sucres pour des applications diversifiées (alimentation, cosmétique, pharmacie, biocarburants…). Reste à confirmer la faisabilité du passage au stade industriel. C’est l’objectif d’une deuxième phase du projet, qui démarrera dans les prochains mois. Lauréat du concours national 2010 de la création d’entreprises de technologies innovantes du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Lionel Muniglia, porteur du projet, va bénéficier d’une subvention de 44 euros pour réaliser une étude de marché, une analyse du cycle de vie du procédé et compléter les essais pilotes en vue de créer une entreprise qui exploitera cette technologie avec le soutien de l’Incubateur lorrain. Parallèlement, les développements dans le domaine de la « bioraffinerie » vont faire l’objet d’une nouvelle thèse au sein du laboratoire.
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