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« Un cercle vertueux »
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Que ce soit en termes écologiques, économiques ou humains, les progrès sont très significatifs. Premier effet positif, les conditions de travail ont été largement améliorées et les jours d’arrêt diminués de 12 %. « Un résultat logique car les graisses piégées dès la table de travail ne tombent plus sur le sol, qui est dès lors moins glissant », explique Joël Tingaud. Piéger l’huile a aussi fait baisser de 23 % les facteurs de pollution. Parallèlement, le procédé de purification de l’huile avec séparation de l’eau et des matières solides a permis d’augmenter de 10 % la restitution d’eau dans le réseau. Quant à la consommation de gaz, elle a diminué de près de 60 %, « et ce sera sans doute de 75 à 80 % en 2010 », espère Joël Tingaud. Enfin, le ballon d’eau de 5 000 litres chauffé avec de la vapeur générée par la chaudière alimentée par les biocombustibles a fait chuter de 25 % la consommation d’électricité ! « Les résultats ont été visibles immédiatement. Grâce à ce nouveau système, nous avons pu augmenter notre capacité de production tout en réalisant des économies notables, et nous sommes devenus une entreprise citoyenne. »
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Ateliers de l’Argoat
Un biocombustible pour faire l’andouille
Dans un souci à la fois économique et environnemental, l’entreprise de fabrication d’andouille recycle la graisse animale inutilisée en biocombustible. Un procédé ingénieux, salué par une récompense lors du dernier salon Pollutec.
Transformer la graisse animale en biocombustible : si l’idée n’est pas neuve, le procédé ingénieux développé et breveté par la société Biothermie a valu aux Ateliers de l’Argoat, installés à Plélan-le-Grand en Bretagne, de remporter le très convoité premier prix dans la catégorie « Technologies économes et propres » lors du salon Pollutec 2009. Un prix dont toute l’entreprise, qui fabrique de l’andouille de tradition à la main, est très fière et qui couronne la démarche de fond initiée par son président-directeur général, Joël Tingaud. Petit retour en arrière : en 2005, la société Argoat souhaite augmenter sa capacité de production pour mieux répondre à la demande. Elle n’a d’autre choix que de diminuer ses déchets, à la fois pour rester dans le cadre de la convention de rejet signée avec la station d’épuration, et pour diminuer ses coûts. « Sur 100 kg de matière première, explique Joël Tingaud, seuls 30 kg sont utilisés, le reste devant être pour moitié éliminé par l’équarisseur. » L’idée de transformer la graisse animale en biocombustible fait donc son chemin. La société Biothermie concrétise l’idée en développant un prototype de transformation très innovant. La graisse animale est collectée dès la table de travail, fondue, déphasée via un décanteur lamellaire (qui sépare l’eau et les matières graisseuses), et enfin brûlée. De son côté, l’eau est récupérée. Autre avantage : grâce à la chaudière – elle aussi très innovante dans son principe –, le biocombustible arrive pulvérisé sous forme de micro-gouttelettes et peut être brûlé complètement. Enfin, le surplus d’huile animale peut également être vendu.
Faire le lien entre la technique et l’administratif
L’ADEME a joué un rôle de conseil majeur dans l’aboutissement du projet et la finalisation du prototype. « Nous avons régulièrement suivi le dossier et fait le lien entre la partie technique et administrative », confirment Patrick Danvert et Mélanie Chauvin, de la direction régionale de l’ADEME en Bretagne. La difficulté pour Joël Tingaud a ensuite été de déployer la solution au niveau industriel. « La législation concernant les déchets obéit à un principe de précaution. Heureusement, la Drire nous a aidés à obtenir le droit à l’expérimentation sur site », explique-t-il. Au total, sur un montant de 380 000 euros, l’ADEME, le conseil général, le conseil régional et l’Agence de l’eau en auront versé 105 000, dont un peu plus de 30 000 pour l’ADEME. Un investissement important, tant sur le plan du temps passé que de l’effort financier réalisé, mais dont le résultat exemplaire fera date, assurément.
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