Qualité de l’air
Mieux comprendre l’impact des particules fines
Les fines particules en suspension dans l’atmosphère – les PM 2,51 – sont nocives pour la santé humaine et les écosystèmes. Elles jouent également un rôle en matière climatique pouvant, selon leur nature, atténuer ou accentuer l’effet de serre. Afin d’améliorer la qualité de l’air ambiant, la directive européenne 2008/50/CE du 21 mai 2008 rend obligatoire la surveillance des PM 2,5 et impose des réductions pouvant atteindre 20 % de leur concentration dans l’air d’ici 2020 en Europe. En France, le Plan particules en cours d’élaboration, inscrit dans le cadre du Grenelle de l’environnement, pourrait être encore plus ambitieux et comporter une valeur limite de 15 µg/m3 de PM 2,5 dans l’air ambiant d’ici 2015.
La réussite de ces politiques exige de bien identifier les sources d’émissions. L’ADEME y contribue notamment en finançant deux importantes études de caractérisation de la pollution particulaire.
L’étude réalisée en Ile-de-France sous le pilotage d’Airparif2 porte sur 6 sites urbains équipés de capteurs pour les PM 2,5. Dans le cadre de l’étude interrégionale Particul’air, ce sont des sites en zone rurale suivis par 8 AASQA (Associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air)3 qui font l’objet de mesures régulières et coordonnées. Dans un cas comme dans l’autre, la composition chimique des particules recueillies lors des prélèvements est analysée et étudiée par des laboratoires de recherche (LSCE Gif-sur-Yvette, LGGE Grenoble et LCME Université de Savoie). Ces analyses, complétées par des enquêtes sur les sources d’émissions, permettront de mieux connaître à la fois la nature et l’origine des aérosols et de mieux identifier les actions à mener.
Orienter les actions de réduction
Les résultats de ces travaux sont très attendus. Les collectivités locales et les services de l’État disposeront de nouvelles données afin d’orienter leurs actions de réduction de la pollution atmosphérique. Plus généralement, ces études devraient permettre de mieux prendre en compte la complexité des mécanismes de pollution. Ainsi, la provenance des polluants n’est pas forcément locale, car certaines particules voyagent loin : aux émissions des transports et des combustions (en milieu urbain) et des activités agricoles ou de combustion de la biomasse et du bois (en milieu rural), s’ajoute une pollution « de fond » qui peut prendre un caractère transfrontalier. Par ailleurs, les particules « primaires », directement émises, ne sont pas seules en cause. Il faut compter aussi avec les particules « secondaires » formées directement dans l’air à partir de polluants gazeux issus des combustions (oxydes de soufre et d’azote) ou d’autres sources (émissions de composés organiques réactifs, etc.).
1. Particules de taille inférieure à 2,5 microns (µm), elles sont inhalables et dangereuses pour la santé ; 1 micron = 1 millième de millimètre. Pour comparaison, le diamètre d’un cheveu est de l’ordre de 50 à 100 microns.
2. Airparif : AASQA chargée de la surveillance de l’air en Ile-de-France.
3. Air COM, Air de l’Ain et des Pays-de-Savoie, Air Breizh, ATMO Franche-Comté, ATMO Auvergne, ATMO Poitou-Charentes, Lig’Air, Limair. |