Agroalimentaire
Les entreprises franc-comtoises modèrent leur appétit en énergie
L’Association régionale de l’industrie agroalimentaire et de transfert de technologies a lancé en 2008 un programme de maîtrise d’énergie en direction des entreprises du secteur agroalimentaire de Franche-Comté.
Pour l’éclairage, le chauffage, la cuisson, le refroidissement, la congélation, la découpe, l’énergie est omniprésente dans les process du secteur agroalimentaire, et représente donc un poste de dépenses important. C’est pourquoi les industriels adhérant à l’Association régionale de l’industrie agroalimentaire et de transfert de technologies (Ariatt) demandaient, depuis plusieurs années, une aide et des conseils pour revoir leurs factures à la baisse. L’Ariatt a donc lancé, pendant l’été 2008, un programme collectif baptisé « Maîtrise de l’énergie dans les industries agroalimentaires franc-comtoises », en partenariat avec l’ADEME et la région Franche-Comté.
« Il nous a semblé pertinent d’accompagner les entreprises dans cette démarche, surtout les plus petites, qui manquent parfois d’informations et de compétences dans ce domaine », observe Jonathan Coquelin, ingénieur chargé de mission à l’Ariatt. La première phase du programme a été consacrée à la sensibilisation. Outre la diffusion de plaquettes lors des événements de l’association, l’Ariatt a proposé des visites dans les entreprises. Objectif : identifier les besoins et donner des conseils très généraux, comme éviter de laisser une lampe halogène dans une chambre froide.
Deux types de prestations proposés
Les entreprises qui le souhaitent peuvent bénéficier d’un prédiagnostic énergétique réalisé par l’Ariatt, pour un montant de 3 800 euros (dont 70 % sont subventionnés). Il s’agit de mettre en place une comptabilité de l’énergie et de définir les gisements possibles d’économies. Ainsi, à la suite d’un prédiagnostic, la société Eurodough, qui produit des pâtes à tarte, a remplacé les lampes de son parking et réfléchit à de nouveaux groupes frigorifiques. La fromagerie Grillot a aussi bénéficié d’un prédiagnostic. Résultat : les fenêtres ont été changées, pour une meilleure isolation ; et l’affineur de comté envisage lui aussi de modifier ses systèmes de froid. Outre les économies d’énergie, les actions correctives préconisées vont faire baisser le nombre de tonnes de CO2 émises, comme dans l’entreprise Grillot, où l’économie sera de 34 tonnes équivalent pétrole et de 32 tonnes de CO2. Autre prestation proposée par l’Ariatt et réalisée par le bureau d’études TMI Europe, partenaire de l’opération : le diagnostic énergétique, d’un coût compris entre 5 000 et 15 000 euros (lui aussi subventionné à 70 %). Le travail est alors plus poussé : il dresse des préconisations plus affinées et réalise des simulations d’investissement. À ce jour, onze entreprises agroalimentaires sont engagées dans la démarche. Deux prédiagnostics et trois diagnostics ont été réalisés. L’objectif de départ – 80 entreprises démarchées, six diagnostics et six pré-diagnostics – est en bonne voie d’être atteint d’ici la fin du programme, prévue pour l’été 2010. |