essai du four
La région de Fatick (Sénégal) et l’ADEME se sont associées pour développer des fours à rendement amélioré destinés à la cuisine, afin d’économiser le bois.
 

Sénégal
Agence et Région acteurs du développement

La direction régionale de l’ADEME de Poitou-Charentes participe au programme de transfert de compétences que la région mène avec celle de Fatick, au Sénégal. Une initiative qui s’inscrit désormais dans le cadre de la mission du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

 
fabrication des fours
   

Entamé en 2006, le programme de coopération décentralisée conclu entre les conseils régionaux de Poitou-Charentes et de Fatick donne une part importante aux questions énergétiques, un sujet essentiel pour les habitants de cette zone du Sénégal où seul un tiers des ménages est raccordé au réseau électrique. La direction régionale Poitou-Charentes de l’ADEME intervient sur les actions de développement des énergies renouvelables de ce partenariat. La première mission menée conjointement par la Région et l’Agence, en décembre 2006, a ainsi été l’occasion de dresser un état des lieux et de hiérarchiser les actions à mener. « L’approvisionnement en bois pour cuisiner est capital pour les familles. Or celles-ci disposent uniquement du “foyer trois pierres”, très peu efficace et qui contribue à la déforestation des zones rurales. Nous avons retenu un programme de développement de fours à rendement amélioré qui consomme trois fois moins de bois que les modèles traditionnels », explique Jacques Deschamps, directeur régional de l’ADEME en Poitou-Charentes.

Dimension sociale
Cette initiative s’est notamment traduite par la formation des forgerons à la technique de fabrication de ces fours. Par ailleurs, l’ADEME a travaillé avec les femmes gérant les coopératives et les mutuelles locales afin qu’elles assurent la promotion, la commercialisation et le financement de ces foyers. « Il s’agit bien sûr d’optimiser l’utilisation de la ressource bois, mais aussi de donner plus de temps aux femmes pour gérer la forêt et s’occuper des enfants. Au-delà de la préoccupation environnementale, ce programme inclut une véritable dimension sociale en donnant du travail aux hommes », souligne Jacques Deschamps. Une action rendue possible par la présence de Judith Bel, en mission Volontariat solidarité internationale financée par le programme.
D’autres actions visent également à promouvoir les énergies renouvelables dans la région – comme le photovoltaïque pour fournir de l’électricité, en appoint au réseau ou en desserte des villages non raccordés – ou encore à repérer les micro-projets réussis par les ONG dans certains villages pour les généraliser au niveau régional, et à identifier pourquoi d’autres n’ont jamais abouti, faute d’implication des populations locales.

Mieux résister aux changements climatiques
Début 2009, la direction régionale de l’ADEME a eu l’occasion de travailler avec la mission du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à laquelle participait également la Catalogne. L’objectif de cette mission était de déterminer le rôle de la Région dans la réussite du Proder (Programme de développement rural) et le niveau pertinent de l’organisation pour mettre en œuvre le programme « Vers des territoires moins émetteurs de gaz à effet de serre et plus résistants aux changements climatiques ».
Outre la reconnaissance du niveau régional, cette mission a permis l’intégration de la dimension « climat » dans les documents de planification régionaux, avant la mise en place d’un Plan climat territorial intégré prenant en compte les enjeux majeurs de la région : social, économique, énergétique, déforestation, érosion côtière, salinisation des terres. L’attente forte de ce programme est la mobilisation de fonds d’origine « carbone » pour soutenir des programmes de développement sobres en carbones fossiles. Ce projet se place dans la logique de l’accord signé entre le PNUD et l’ADEME qui prévoit la sensibilisation et la formation de 500 collectivités territoriales aux enjeux du changement climatique, et, dans une seconde phase, l’accompagnement d’une cinquantaine de ces collectivités dans la réalisation d’un Bilan Carbone® et l’élaboration d’un Plan climat territorial.