salle dédiée à la récupération de chaleur
 
Une opération d'envergure nationale...

 
     
 

La direction régionale Languedoc-Roussillon de l’ADEME a décidé de capitaliser sur le savoir-faire qu’elle avait développé en matière de bilan carbone viticole et monté, en partenariat avec une association régionale d’industries agroalimentaires, une opération collective pour encourager la réalisation de Bilans Carbone®. Un succès, puisqu’une vingtaine de bilans ont été réalisés dans la région !

Au niveau national, l’ADEME vient de constituer un groupe de travail pour établir, avec la participation de l’Institut français de la vigne et du vin, un guide méthodologique du Bilan Carbone® commun à toutes les régions. « Nous nous sommes aperçus que les méthodologies différaient d’une région à l’autre. Notre objectif est de mettre à plat les différentes démarches pour les simplifier et tendre vers un guide d’application national », explique Samuel Puygrenier.

NDLR : Le Bilan Carbone® est une méthode de comptabilisation des GES (gaz à effet de serre) développée par l’ADEME. Elle permet de mesurer l’impact global d’une activité sur l’environnement, en utilisant une nouvelle unité de mesure : l’équivalent CO2

 


CLVD - Cellier du Languedoc Vins Distribution
Le vin bio est sur la bonne voie

Au terme d’un Bilan Carbone® , le négociant en vins bio CLVD
a choisi le ferroutage pour réduire l’impact de son activité
sur l’environnement. Une première dans ce secteur professionnel,
qui évite en outre au fret un goût de bouchon
.

Négociant en vins biologiques basé à Narbonne, les Celliers du Languedoc vins distribution (CLVD) sont engagés dans une démarche environnementale depuis leur création en 1993. En 2007, ils ont souhaité réaliser un Bilan Carbone® complet afin de tester l’impact de leurs activités sur l’environnement. Une première dans le domaine du vin en France !

 
Ayen
   


« Nous étions en concurrence avec les producteurs de vins du nouveau monde,
néo-zélandais en particulier, particulièrement pro-actifs sur ce plan »
, explique Gilles Louvet, PDG de CLVD.
Il a donc fait appel à l’ADEME pour l’aider à mettre en place toute la démarche de mesure du Bilan Carbone®. « Notre première mission a été d’expliquer à CLVD la méthodologie utilisée par l’ADEME, assez différente de celle pratiquée dans d’autres pays, explique Samuel Puygrenier, chargé de mission entreprises à la direction régionale Languedoc-Roussillon de l’ADEME. Un exemple : en France, le Bilan Carbone® ne comptabilise pas les bois de type ceps de vigne, car nous considérons qu’ils n’ont pas une durée de stockage suffisante au regard des changements climatiques. »
La seconde mission de l’Agence a été d’identifier et de séquencer précisément les différents postes qui devaient être évalués en matière de bilan Carbone®,
de la culture du raisin (engrais, fuel des tracteurs, déplacement des salariés pour les vendanges) à la livraison (transport) en passant par la fabrication et la conservation du vin (énergie de la cave, conditionnement en bouteilles).

Des solutions concrètes
Une fois la méthodologie définie, l’étude a pu être engagée. Évaluée à 6 000 euros, elle a été co-financée à hauteur de 70 % par l’ADEME et le conseil régional
Languedoc-Roussillon. Menée sur une durée d’un an environ par un prestataire agréé, elle a permis de collecter des données précises et de mettre en lumière des voies d’amélioration possibles.
« Les deux gros postes d’émissions identifiés étaient le conditionnement en bouteilles – difficile à réduire, compte tenu des demandes des consommateurs qui veulent acheter leur vin… en bouteilles ! – et le fret, qui pesait 20 % du bilan Carbone® global.
C’est cette piste que nous avons explorée
», explique Gilles Louvet. La solution ? Combiner la route et le rail. CLVD a eu l’idée de se rapprocher d’entreprises distributrices de boissons utilisant des trains qui, après avoir livré, remontaient à vide vers le nord. Il suffisait de les remplir ! Les essais ont été concluants. « Sur le trajet d’Avignon (où est basée notre plateforme) à Paris, le ferroutage permet d’économiser 92 % de CO², se félicite Gilles Louvet, qui va généraliser le système. L’étude a été très utile car elle a débouché sur des solutions à la fois concrètes et innovantes, en phase avec nos objectifs et notre image. »